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Chapitre 1 - une vie par défaut

Nous sommes en juin 2015. La fin de mon échange Erasmus à Athènes marque également la fin de ma deuxième année d’école de commerce et le début de mon année de césure. Dans mon école, une année de césure est une période de stage. Certains en font deux de 6 mois, d’autres en font un seul de 12 mois.

Comme la grande majorité des gens de ma promo, je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie. J’aime plein de choses. Trop de choses. Le fait de choisir et de m’engouffrer dans une voie me fait peur. J’ai l’impression que le reste de ma vie se joue maintenant.

Pour mon école, l’idéal, c’est de faire le maximum de stages dans l’industrie dans laquelle on souhaite évoluer plus tard, pour accumuler de l’expérience. Ce qui est encore mieux, c’est de pouvoir écrire des beaux noms d’entreprises sur son CV.

Je choisis alors le parcours type de l’étudiant en école de commerce : les boîtes d’audit / conseil et les banques. Ce choix, je le fais par défaut. C’est le choix de la prétendue sécurité. J’aurai un bon salaire, des progressions de carrière régulières tous les 4-5 ans et un cadre de travail confortable. J’aurai également un travail chiant, mais c’est la rançon de la gloire. Le monde du travail, c’est la guerre.

Mentalement, j’accepte ce choix et je m’y fais. Ça tombe bien, je trouve justement un stage dans ce domaine : 12 mois dans une grande banque nationale, à faire de l’analyse financière pour des demandes de crédits entreprises. Un bon moyen de me faire une expérience solide dans le secteur, de mettre un beau nom sur mon LinkedIn et de construire ma carrière pour la suite.

Je commence mon stage dans la foulée, en juillet 2015. Au début, je me mets à fond dans le truc. J’essaie d’apprendre un maximum de choses et d’être opérationnel le plus rapidement possible. Le cadre de travail est sympathique et de manière assez inattendue, je n’ai ni une grosse pression, ni de gros horaires de travail. Le fait d’être en province doit sûrement jouer. Bref, j’ai une situation plutôt confortable. Surtout que je vis encore chez mes parents.

Chapitre 2 : Refuser de subir

À mesure que les mois passent, mon ennui grandit. Je commence à voir tous les inconvénients de mon stage : les gens autour de moi sont également ici par défaut, leurs rêves ont disparu et ils n’ont aucune passion pour ce qu’ils font. Je ne voie plus que les guéguerres internes entre collègues et les coups bas. J’ai déjà l’impression d’avoir fait le tour du poste. Je ne m’y plais pas et l’environnement n’est pas fait pour moi.

À seulement 22 ans, j’ai déjà l’impression de passer à côté de ma vie. Terrible constat.

Mes velléités entrepreneuriales, que j’avais enfoui sous une couche de faux-pragmatisme, remontent petit à petit. Elles m’obsèdent.

Remise en question et prise de conscience. Je me dis que je ne suis pas prêt à affronter ça toute ma vie. Ni même pour un petit poste de début de carrière. Ce genre de trucs, c’est un piège. On commence à s’installer, on s’engage financièrement et matériellement. Et le jour où on veut se réveiller, c’est trop tard.

À ce moment, je prends une décision. Celle de dire non.

Je décide de suivre une autre voie. Celle de mes aspirations profondes. Je me dis que la pire chose qui pourrait m’arriver dans la vie, c’est de me réveiller chaque matin la boule au ventre. C’est de redouter le lundi matin et de célébrer le vendredi soir comme une libération. C’est hors de question. J’ai envie de faire un truc qui me motive et que j’aime tellement, que je n’ai pas l’impression que ça soit du travail. Peu importe si ce n’est pas la norme. Peu importe s’il y a des gens à qui ça ne plaît pas. Je ne veux pas d’une vie moyenne, ni trop mal, ni trop bien.

Nous sommes fin 2015, début 2016. Toujours dans mon stage, je commence à chercher une autre voie.

Je veux arrêter de subir ma vie. Je veux me prendre en main. J’en ai marre de ne savoir rien faire et de ne pas avoir de compétences concrètes. Je veux pouvoir me donner les moyens de mes ambitions.

Chapitre 3 - devenir remarquable

Je me fixe alors le défi de lire un livre par semaine.

C’est un tournant pour moi. Je découvre l’univers fascinant des startups et je mets un pied dans le développement personnel. D’abord, l’aspect bullshit et tous les mecs qui vendent le rêve du revenu passif en 5 semaines. Ensuite, je découvre des personnes qui se posent les mêmes questions que moi, qui acceptent leurs défauts avec humilité et qui agissent pour devenir meilleurs. Je n’avais jamais connu ça. C’est un immense bol d’air frais.

Par hasard, je me crée un compte sur Medium et je commence à écrire. D’abord pour mieux retenir les livres que je lis. Ensuite, pour partager mes idées et mes intuitions. Mon premier article est d’ailleurs en anglais (ne me demandez pas pourquoi). Il est très mauvais, mais il m’a permis de poser la première pierre de mon voyage, en ce 23 février 2016.

Petit à petit, j’y prends goût. Je me met à voir l’écriture comme une arme puissante pour véhiculer mes idées et mes convictions. J’y vois un des moyens les plus efficaces et pertinents pour essayer de changer le monde, ou au moins les gens autour de moi. L’écriture revêt pratiquement pour moi un caractère éducatif.

En parallèle, je développe une intuition sur laquelle je ne mets pas encore de mot. J’ai l’impression que pour arriver à faire ce que je veux et vivre selon mes propres règles, je dois me différencier. Je dois sortir du lot et faire ce que les autres ne font pas. Je dois devenir remarquable.

Un an plus tard, cette intuition me sert de base pour l’écriture de mon premier livre : “Devenir remarquable à l’ère du numérique”. J’ai envie de la partager et de la diffuser au plus grand nombre. Le numérique nous offre infiniment plus de possibilités qu’avant. Pourtant, la plupart des gens continuent de fonctionner et de raisonner comme si cela n’existait pas. Ils choisissent des voies par défaut et font des choses sans savoir pourquoi.

Ce livre, je l’ai écrit pour moi-même. C’est mon propre plan stratégique pour devenir remarquable.

Chapitre 4 - une aventure entrepreneuriale

C’est également un projet entrepreneurial à part entière. J’ai autant aimé la partie conception du produit (la rédaction du livre) que la partie marketing (la promotion du livre).

Pour vendre un livre, il ne suffit pas de l’écrire et de le mettre sur Amazon : « Build it and they will come ».

Comme le dit Ryan Holiday, vendre un livre, c’est demander à des inconnus de payer une 15aine d’euros et de passer plusieurs heures de leur temps sur un produit dont ils n’ont aucun moyen de savoir à l’avance s’il vaudra le coup. Accessoirement, c’est également être en concurrence avec des milliers d’autres livres, films, vidéos Youtube, articles Medium, contenus Facebook, etc.

Le challenge était élevé et super excitant.

Je devais donc réussir à me faire connaître, établir ma crédibilité et construire une base de lecteurs potentiels qui attendent la sortie de mon livre (qui ne sont ni mes amis, ni ma famille). Je dois créer un lien de confiance avec mon audience. Un lien qui leur fera penser qu’ils en auront pour leur argent, avant même d’avoir le livre entre les mains. J’ai justement détaillé le processus complet qui m’a permis de rédiger mon premier livre.