Montaigne Biographie Stefan Zweig

J’achète la plupart de mes livres sur Amazon, mais j’aime également aller en libraire pour me laisser surprendre.

La semaine dernière, je suis tombé par hasard sur cette biographie de Michel de Montaigne, écrite par Stefan Zweig.

Du même auteur, j’avais adoré “Le monde d’hier“. Alors, déjà convaincu par la qualité de l’auteur et amateur de biographie, je me suis laissé tenter par celle-ci.

Zweig commence par raconter son rapport personnel avec celui dont il peint la biographie.

Jeune, il avait apprécié les écrits de Montaigne, sans pour autant les ranger parmi ses classiques. Ce n’est que plus tard, avec le poids des années et des événements tragiques (Zweig était un Autrichien juif qui a connu les deux Guerres Mondiales), qu’il a réellement pu apprécier le travail de Montaigne.

À propos de Montaigne, il dit : “Il ne faut pas être trop jeune, trop vierge d’expériences et de déceptions pour pouvoir reconnaître sa vraie valeur, et c’est à une génération comme la nôtre, jetée par le destin dans un monde qui s’écroulait en cataracte, que la liberté et la rectitude de sa pensée apporteront l’aide la plus précieuse”.

De la vie de Montaigne, on se rend compte qu’il n’est pas celui à qui on pourrait s’attendre. Il n’est pas né avec un talent inégalé pour la littérature et la philosophie. Il n’a rien d’un surdoué.

Montaigne a été façonné par ses parents.

De leur part, il a reçu une éducation exceptionnelle, comme s’ils souhaitaient faire de lui un être à part. Ils ont crée le terreau le plus fertile qu’une jeune plante puisse imaginer. À titre d’exemple, sa langue maternelle, n’est pas le français, mais le latin. Ses parents et son entourage de maisons se refusaient catégoriquement de parler une autre langue que le latin en sa présence.

Aucun fils des rois Bourbon, aucun rejeton d’empereur Habsbourg n’a jamais été élevé avec autant d’égards que ce petit-fils d’un marchand de poisson gascon et d’un courtier juif”.

Zweig raconte un homme obnubilé par une quête interne : la recherche de lui-même. Car “la plus grande chose au monde est de savoir être à soi”.

Montaigne passe une bonne partie de sa vie à s’étudier et à essayer de se comprendre. Il veut détricoter les conditionnements invisibles auxquels il est sujet.

Pourquoi est-ce qu’il pense ceci plutôt que cela ? D’où lui viennent ses opinions ? Comment se sont-elles formées ? 

Montaigne cherche à se défaire des choses qui l’influencent, dans le but de raisonner de manière 100% neutre et objective. Il veut prendre du recul sur les choses, les comprendre sans apriori : “ne rien affirmer audacieusement, ne rien nier à la légère”.

La manière dont Montaigne menait sa vie me rappelle celle des Stoïciens. Comme eux, il ne considérait qu’aucun événement n’est bon ou mauvais en soi. Cela dépend uniquement du jugement que l’on porte sur cet événement.

Dans cette biographie, Zweig passe assez peu de temps sur les détails de la vie de Montaigne. Il en raconte quelques aventures, notamment sa nomination par le Roi au poste de Maire de Bordeaux, mais il essaie plutôt d’expliquer sa manière de penser et de voir le monde.

J’ai trouvé ça passionnant.


Le reste de mes lectures :

1- “Hedge” de Nicolas Colin