Je rentre tout juste d’un voyage d’une dizaine de jours à New-York.

Je suis allé rendre visite à un ami qui vit sur place.

C’était ma première fois aux États-Unis et je dois avouer que New-York est une ville fascinante. Je l’ai tellement vu sous toutes ses formes (télé, cinéma, livres, etc), qu’elle me paraissait familière. La simple vue des gratte-ciels me donnait un boost de motivation dès le matin. C’est comme si elle exerce un pouvoir mystique sur ses visiteurs.

C’est également une ville plein de contraste. Elle fait ressortir tout ce que notre monde a de plus extrême et pousse sans cesse à une consommation déraisonnée. L’opulence côtoie la pauvreté de manière presque malsaine.

J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs autres Français, travaillant également à New-York.

Je les interrogeais sur ce qu’ils faisaient, quels étaient leur parcours et comment ils s’y étaient pris pour décrocher un job ici.

Je me suis retrouvé à me demander sans cesse :

“Est-ce que j’aimerais être à leur place ? Est-ce que j’aimerais vivre ici ?”

Un mimétisme s’installe

Dans 1 mois, j’ai 25 ans.

C’est encore jeune, je sais.

Mais j’ai l’impression de ne pas avoir de temps à perdre. Que je dois faire les bons choix et que ma vie se joue maintenant.

J’ai peur du temps qui passe. J’ai peur de passer à côté de choses dans ma vie. J’ai peur de ne pas saisir les opportunités qu’offre la jeunesse.

Le truc, c’est que je ne sais pas encore précisément quoi faire. J’ai des intuitions et la direction que je souhaite prendre semble se préciser, mais rien de définitif. 

La situation des Français que j’ai rencontrés à New-York était, sur le papier, très enviable :

  • Ils vivent dans l’une des (si ce n’est la) meilleures villes du monde
  • Ils gagnent bien leur vie
  • Ils ont des boulots assez intéressants
  • Ils ne font pas des horaires trop contraignants (9 to 5), ce qui leur laisse du temps pour faire d’autres activités à côté
  • Ils vivent une expérience incroyable à l’étranger

Forcément, je me comparais à eux.

Inconsciemment, un mimétisme s’est mis en place dans ma tête. Je commençais à envier leur situation.

Je commençais, moi aussi, à rêver de leur vie.

Je commençais à avoir les mêmes ambitions qu’eux. 

“Est-ce que je serais heureux à leur place ?”

À mesure que je traversais les rues de Manhattan et laissais mes yeux se poser sur les immenses buildings, cette question revenait sans cesse.

De retour de mon voyage, j’ai pris le temps d’y réfléchir à tête reposée.

J’ai réalisé que je glissais sur une pente dangereuse : celle de la comparaison. 

J’évaluais ma vie, avec les doutes et les faiblesses dont je suis conscient, avec la situation qu’ils renvoyaient extérieurement.

Le problème, c’est qu’ils ne me parlaient pas des points négatifs de leur vie à New-York. Ils en ont comme tout le monde. Sauf que je ne pouvais pas les voir. 

Bien qu’en apparence leur vie semblait idéale, la vision que j’en avais était forcément biaisée.

Personne n’expose publiquement ses peurs et ses failles.

”Comparison Is the Thief of Joy” – Theodore Roosevelt


L’autre truc, c’est que je calquais, sans le vouloir, mes désirs et ambitions sur les leurs. 

j’oubliais progressivement qui j’étais, pour penser comme eux.

C’est un piège redoutable, car cela nous détourne de qui nous sommes réellement.

On se met à faire les choses en fonction des codes, des normes et de ce qui est socialement bien vu. On finit par s’oublier et ne plus être en accord avec soi-même.


Enfin, j’ai réalisé que j’étais pleinement satisfait de ma situation actuelle.

Bien sûr que l’on peut toujours avoir plus, gagner plus, vivre dans une meilleure ville, avoir de meilleures relations et améliorer les choses.

Mais je pense que la première chose à faire pour être heureux, est de savoir accepter et reconnaître la valeur de ce que l’on possède déjà.