Fais quelque chose que tu aimes et tu n’auras plus à travailler un seul jour de ta vie

Écoute ton coeur et tout ira bien

Oui, oui et oui.

Ces conseils sont importants. Trop souvent, on choisit le pragmatisme au détriment de ce que nous disent nos tripes et notre coeur.

On veut avoir la belle carrière. On cherche le nom d’entreprise prestigieux pour son profil LinkedIn. On vise le poste bien payé.

On pense devoir faire des sacrifices pour construire cette carrière. On pense que succès professionnel et passion ne peuvent pas rimer pas ensemble, sauf pour quelques privilégiés.

On fait ce qui est attendu de nous. On joue le jeu de la politique interne pour être dans les petits papiers du boss. On suit le plan de carrière que l’on s’est dessiné 5 ans plus tôt, à la sortie des études.

Un jour, on se réveille. On se rend compte que rien de tout cela n’a de sens. Cette quête vers le toujours plus ne nous rend pas heureux. À quoi bon ?

Le problème, c’est qu’il est très dur de revenir en arrière et de faire autrement.

Entre temps, on a oublié qu’il est possible de faire les choses par passion.

On pense que c’est impossible, à moins de devoir faire une croix sur le succès, une carrière remplie ou une vie confortable.

On s’imagine que “vivre de passion” est un synonyme de “mener une vie précaire“.

Alors oui, les injonctions au bonheur et au fait de suivre sa passion sont importantes. Ne serait-ce que pour compenser tout ce que l’on nous a toujours inculqué.

faut il suivre sa passion ?

Mais attention à ne pas tomber dans le piège inverse : celui de croire que la passion est une solution à tout.

Les vertus de la passion

La passion est un formidable moteur. Elle nous tient éveillé et nous permet de persévérer quand les difficultés se présentent.

Faire ce qui nous passionne tous les jours, c’est la garantie de mener une vie heureuse (au moins sur le plan professionnel).

Quand on monte un projet, on dit souvent que le plus important n’est pas la finalité, mais le voyage. Passée l’excitation des débuts, on se retrouve seul face à la tâche à réaliser :

  • L’écrivain est seul, face à son texte
  • Le sportif est seul, à la salle d’entraînement
  • L’entrepreneur est seul, face à des clients qu’il essaie de convaincre

C’est dans ces moments que tout se joue. Dans ce que Scott Belsky appelle le “Messy Middle“.

Le voyage est semé d’embûches, demande une endurance à toute épreuve et les premiers résultats mettent généralement plusieurs années avant de pointer le bout de leur nez. Sans parler du fait que 95% des startups (et projets au sens large) échouent et ne passent pas le cap des deux années d’existence.

Alors pourquoi se lancer dans un projet qui ne nous passionne pas ? Pourquoi s’imposer ce fardeau supplémentaire ? 

Autant faire en sorte que chaque étape du voyage soit la plus plaisante possible !

La plupart des écrivains mettent plusieurs dizaines d’années avant d’atteindre le succès. Mieux vaut être passionné pour tenir la distance : la solitude et la difficulté de la tâche passent mieux. 

Pour les personnes qui souhaitent construire une grande carrière, c’est la même chose. C’est déjà suffisamment difficile comme cela ; pourquoi se forcer à travailler dans une discipline qui ne nous donne aucun plaisir ?

C’est ce fameux mantra qui dit : “suis ta passion et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie“. C’est exagéré, mais l’idée est là.

Le danger de suivre sa passion

Mais même si elle rend le voyage plus agréable, la passion seule ne nous fait pas avancer et atteindre nos objectifs.

La première chose dont il faut prendre conscience, c’est qu’une passion n’est pas une carrière (ou un projet).

Ma passion pour le football ne m’a pas permis d’en vivre et de devenir professionnel. Idem pour l’écriture : ce n’est pas la passion qui me permettra un jour d’en vivre. 

Généralement, plus un domaine est populaire ; plus il y a de passionnées qui souhaitent s’y faire une place. Il faut montrer plus. La compétition est forte et il faut se démarquer.

L’argument qui consiste à dire,je serai bon au quotidien parce que j’adore ce domaine” ne suffit pas.

La deuxième chose, c’est qu’à trop se focaliser sur sa passion, on adopte une attitude passive vis-à-vis de celle-ci.

On voit la passion comme un élément extérieur. On attend que la chose vienne à nous. On espère réussir. On espère être choisi. Être l’élu.

On traite la passion comme un élément extérieur que l’on va atteindre une fois et qui règlera tout. Comme une sorte de cérémonie de passage.

“Félicitations, tu vas désormais pouvoir vivre de ta passion et mener une vie heureuse”.

Le problème, c’est qu’on ne parle de compétences concrètes à un aucun moment.

Rien ne dit que l’on sache faire des choses qui ont de la valeur.

Pratique délibérée is the way

La passion devient une carrière (ou un projet), quand on adopte une attitude active vis-à-vis de celle-ci.

Elle devient une carrière quand on se comporte comme un artisan, qui se demande tous les jours comment il peut améliorer ce qu’il fait. C’est l’une des grandes leçons que je tire de l’analyse de mes auteurs favoris : Seth Godin, Ryan Holiday ou encore Tim Urban.

Ils se fixent des objectifs et deviennent obsédés par une seule question : que puis-je faire maintenant, pour avancer sur mon chemin ?

La progression est la seule chose qui compte. Et pour progresser, il faut cesser de voir sa passion comme un hobby ou un passe-temps.

Dans tout progrès, il y a une notion d’effort, difficulté et de douleur.

Ce n’est pas en faisant tous les jours les mêmes exercices, à la même intensité, que l’on progresse. Il faut se forcer à faire un peu plus que la veille. Repousser ses limites de quelques centimètres supplémentaires.

Le progrès demande un effort conscient. C’est ce que l’on appelle : “pratique délibérée“.

La passion pour l’écriture ne me permettra pas d’en vivre. Par contre, une pratique rigoureuse et consciencieuse, sur le long terme, peut m’offrir une chance.

Je peux écrire des textes dans mon coin, pour me “faire plaisir”. Ou je peux rendre mon travail public, récolter des feedback et me placer dans une démarche d’amélioration continue.

Je peux avoir une passion pour la natation et nager de temps en temps, pour le plaisir. Mais si je veux en faire mon métier :

  • Je dois m’entraîner tous les jours
  • Améliorer la coordination de mes mouvements
  • Gagner en efficacité sur mes plongeons
  • Muscler mon corps pour gagner en vitesse

 

L’idée que je veux transmettre dans cet article est simple.

Quand on veut quelque chose, il faut aller le chercher. Adopter une posture active afin de développer les compétences et devenir très bon dans ce que l’on fait. 

Dans ce processus, bien sûr que la passion aide. Elle apaise la douleur de l’effort.

Mais elle ne le remplacera jamais.

On devient inarrêtable quand on se passionne pour la pratique délibérée et quotidienne de son art.