À la fin de ses podcasts, Tim Ferriss pose toujours la même question à ses invités :

Qu’est-ce que tu te dirais à ton toi d’il y a 20 ans ?

J’aime bien cette question. Elle permet de mesurer le chemin parcouru et de réfléchir aux leçons tirées ces dernières années.

Quand je repense à mes années en école de commerce, je me la pose parfois.

Je sortais de deux années en classe prépa. J’étais ambitieux et j’aimais créer des choses. Mais j’étais surtout naïf et immature. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie. 

Je me demande ce que j’aurais aimé qu’on me dise, le jour où j’ai mis les pieds pour la première fois sur le campus.

Six ans plus tard, voici mes réponses.

1. “N’accorde aucune importance à l’opinion des autres”

On a tous une petite vingtaine d’années et, pour la plupart, c’est la première fois que l’on quitte le foyer familial.

Notre identité est encore en construction et on arrive dans un nouvel environnement, dans lequel il faut s’intégrer. Personne ne veut être laissé sur le côté. Personne ne veut être celui qui n’est pas invité aux soirées.

Sans le vouloir, on tombe dans des jeux de statuts et des batailles d’ego :

  • Qui va rejoindre la meilleure association ?
  • Qui va faire campagne pour gérer le BDE (l’association qui organise la vie étudiante de l’école) ?
  • Qui organise les meilleures soirées ?
  • Qui est considéré comme le mec “cool” de l’école ?

Sur le moment, ces questions paraissent importantes. Elles animent les discussions.

On accorde beaucoup d’importance à ce que les autres pensent de nous.

Même si globalement, j’ai su en resté éloigné, j’ai parfois hésité à faire des choses par peur du regard des autres et du jugement.

Rétrospectivement, c’était idiot.

Aujourd’hui, je me dirais :

“Reste éloigné de tout cela. Ne cherche pas à plaire à tout le monde, c’est inutile et illusoire. Surtout, développe des relations profondes avec un petit groupe de personnes.”

2. “Ne te met pas trop de pression, ça va aller”

S’il y a bien une chose pour laquelle les écoles de commerces sont utiles, c’est sur la professionnalisation. 

En arrivant en école, je n’avais encore jamais fait de stage en entreprise. Je ne connaissais pas le terrifiant “monde de l’entreprise”.

J’ai eu la sensation de rapidement franchir un palier sur ce point : la majorité de nos profs sont des professionnels extérieurs, on doit faire des stages chaque année et on nous pousse à nous poser des questions sur notre future carrière.

Il faut rapidement savoir ce que l’on veut faire pour trouver les bons stages, choisir la bonne spécialisation et construire un CV cohérent. Attention aux lignes et aux expériences contradictoires, elles peuvent faire peur aux recruteurs !

Mais comment on fait quand on ne sait pas quoi faire ? 

Cela peut parfois mettre la pression et faire peur. C’est super dur de décider de l’orientation d’une carrière et d’une vie à 22 ans. J’en étais incapable. J’étais complètement immature.

On a l’impression qu’il ne faut pas prendre de retard, que chaque choix compte et conditionne notre avenir. Le sentiment de devoir réfléchir méthodiquement et stratégiquement à chaque décision.

Aujourd’hui, je me dirais de me détendre.

C’est normal de ne pas savoir quoi faire ; 6 ans plus tard, je sais à peine ce que je souhaite faire pour les 2 ou 3 prochaines années.

Tout reste toujours ouvert. On garde le pouvoir de changer de trajectoire. Aucun choix n’est définitif.

“Ne t’inquiète pas trop.

N’essaie pas de suivre la voie la plus prestigieuse et de faire ce qui est “socialement bien vu”. Prends du temps pour explorer et apprendre à te connaître. Tu trouveras ensuite ta voie. “

3. “Profite de ton temps libre pour explorer et faire des projets”

Tous les étudiants sortent de l’école avec plus ou moins avec le même profil : les mêmes associations, les mêmes stages, les mêmes expériences et les mêmes spécialisations. Et on multiplie ça par des dizaines d’écoles en France.

L’école nous pousse à nous conformer aux parcours classiques et à suivre les voies “prestigieuses”.

Aujourd’hui, ce qui fait la différence, c’est justement la singularité et la combinaison d’aptitudes uniques. Le fait d’être remarquable : devenir bon dans un domaine rare.

L’école nous accorde également beaucoup de temps libre à côté pour mener des projets et s’investir dans la vie associative.

C’est une vraie chance. J’aurais aimé commencer plus tôt à profiter de ce temps pour mener plus de projets, explorer davantage et me démarquer des autres.

Je me dirais :

“Profite du temps que tu as à ta disposition pour essayer plein de choses. Fais des choses par toi-même. N’attends pas que l’on vienne te prendre pas la main. Développe des compétences et démarque-toiCultive ta singularité.”