Je me sentais ridicule.

Je venais de gâcher 3 heures à débattre de politique avec un de mes amis sur Facebook.

Une énième soirée gâchée à m’énerver pour des futilités.

Je pensais avoir raison. Lui aussi.

On a tout les deux quitté ce “débat” frustrés. Incapables de convaincre l’autre que son point de vue était le bon. Incapables de faire preuve d’empathie pour comprendre ses arguments.

Tout a commencé par un article qu’il avait partagé sur son mur.

Je n’ai pas pu m’empêcher de commenter un pavé pour lui montrer mon désaccord. Il a commenté un pavé deux fois plus gros. La discussion s’est emballée.

Ce n’était pas la première fois que ce genre de choses m’arrivaient.

À vrai dire, il y a quelques années, c’était même assez fréquent.

Toutes les semaines, je me lançais dans d’innombrables discussions politiques ou économiques. Je pensais devoir avoir un avis sur tout. Tout commenter et tout analyser.

Je n’avais rien compris.

Que sais-je ?

Pendant une grande partie de ma vie, je pensais tout savoir.

Je pensais que ma vision du monde était la seule qui vaille. Je pensais que si les autres n’étaient pas d’accord ou qu’ils ne faisaient pas comme moi, c’est qu’ils n’avaient rien compris à la vie.

J’analysais leurs décisions en fonction de mes expériences et de ma vision personnelle du monde. Je n’essayais pas de me mettre à la place des autres.

Il y a 3 ans, j’ai pris une claque.

Je me suis mis à lire énormément, dont pas mal de biographies. Notamment celles de Socrate, De Vinci et Einstein.

Ces hommes brillants ont dédié leur vie à la connaissance et au savoir.

Une chose m’a frappée chez eux.

Tous soulignent à quel point la quête de la connaissance dans un domaine est infinie et que personne ne peut avoir la prétention de tout savoir.

Plus ces personnes en savaient, plus elles se rendaient compte qu’ils leur restaient énormément d’autres choses à apprendre.

Tous avaient pris la mesure de la complexité des choses.

Tous avaient compris qu’ils n’étaient que des grains de sable dans l’univers.

Si les plus grands Hommes de l’humanité étaient les plus humbles, comment pourrais-je ne pas l’être ?

Je tombais dans la facilité

En réalité, dès que je dressais un jugement rapide sur une situation, je laissais mon ego prendre le dessus.

C’était une grave erreur.

Mon ego m’empêchait d’apprendre. Il m’empêchait de visualiser mes lacunes et mes faiblesses. Il m’empêchait de reconnaître quand j’avais tort et donc, quand je devais revoir mon mode de pensée et me remettre en question.

L’ego est coriace.

Ce n’est pas de l’arrogance au sens mauvais du terme. C’est plutôt une facilité dans laquelle on peut tomber sans s’en rendre compte. 

Une facilité qui prend la forme de conclusions hâtives que l’on tire.

Quelque part, cette facilité est confortable. Elle nous donne une vision binaire du monde. 

Elle nous fait croire que le bien et le mal existent. Que les choses sont comme ça, et pas autrement.

C’est tout le contraire

Je pense, au contraire, que l’humilité est la plus grande des qualités à avoir (ou à développer).

Parce qu’il y a toujours quelque chose de plus à apprendre.

Un autre point de vue à découvrir.

Une opinion contraire à laquelle se confronter.

Parce que les choses sont toujours plus complexes qu’il n’y paraît. Qu’il y a toujours une histoire cachée que l’on ne connaît pas. Un contexte singulier qui rend la situation incompréhensible au premier coup d’oeil.

« Nous vivons sur une île entourée d’une mer d’ignorance. Au fur et à mesure que notre île de connaissance grandit, de même le rivage de notre ignorance. » –John Archibald Wheeler

Récemment, on m’a demandé ce que je pensais des dernières réformes politiques.

J’ai répondu que c’était trop complexe et que je n’étais pas compétent pour avoir un avis tranché sur le sujet.

Je préfère rester neutre et laisser la parole à ceux qui dédient leur vie à l’étude de ces questions.