J’écris ces lignes le samedi 13 juillet, depuis le front. 

Je suis actuellement en première ligne. Sous le feu des tirs ennemis.

Le combat est âpre. Il est épuisant. Il mobilise toutes mes ressources et mon énergie. 

Je parviens à gagner du terrain, jour après jour. Un centimètre de terre après l’autre. 

La Résistance refuse de céder. Elle use de tous les moyens à sa disposition pour me ralentir. 

À certains moments, elle m’attaque de face pour me dissuader d’avancer. Elle invoque la panne d’inspiration. “La feuille blanche”. La peur de ne pas y arriver. La peur du ridicule. La peur de l’échec.

À d’autres moments, elle tente de me charmer. De me plonger dans la paresse et la procrastination.

Je reste debout et je continue d’avancer. 

Depuis plusieurs mois, je me suis lancé dans l’écriture de mon nouveau livre

J’y parle du processus créatif. De la rigueur, la discipline et du dépassement de soi qu’il requiert. 

Surtout, j’y parle du combat contre la Résistance : ces peurs, doutent et pièges, que l’on doit surmonter.

Voici le récit de mon combat personnel. Celui d’un samedi comme un autre, depuis le front.

 

08h15 : Mon premier réveil sonne. Je l’éteins.

08h20 : Mon deuxième réveil sonne. Je l’éteins.

08h25 : Mon troisième sonne. Je commence à émerger et à ouvrir les yeux.

08h28 : J’attrape mon téléphone et consulte mes notifications. Je jette un oeil à mes emails. Je me perds sur les réseaux, surtout Twitter. Sérieusement, Twitter c’est le meilleur réseau.

08h43 : J’ai remonté tous mes feeds et j’ai vu tout ce qu’il y avait à voir. Je commence à être réveillé.

08h45 : Je me lève et vais à la douche. (il m’arrive de faire un peu de sport à ce moment.

08h52 : Je prépare mon petit-déjeuner. Un grand verre d’eau, un café, des fruits ou des oeufs brouillés.

08h54 : J’ingurgite tout cela à mon bureau, devant mon ordinateur. Je consulte les statistiques de visite de mon site et les newsletters reçues dans la nuit. Je pense également à la partie du livre que je suis en train de rédiger.

09h02 : J’ouvre Spotify et je lance ma playlist “Focus – Work”, composée de musiques classiques ou de Above and Beyond. Mon téléphone est en mode avion, loin de mon bureau. Pas de distraction quand j’écris.

09h03 : Je me rends sur mon Google Drive et j’ouvre le dernier document sur lequel j’ai travaillé. J’ouvre également le plan de mon livre. Je lis tout cela rapidement pour me resituer. Il est temps de s’y mettre.

Plan expédition créative écriture livre

09h05 : Ah tiens, j’ai oublié de faire un tour sur Facebook, je n’ai plus l’appli sur mon téléphone.

09h09 : Ok c’est bon. Je m’y mets.

09h12 : Les premières phrases commencent à sortir. Les paragraphes s’enchaînent. J’adore écrire. J’adore structurer et partager mes idées.

09h59 : 650 mots rédigés. Pas mal ce début de journée. Je prends une petite pause, marche un peu et fais un tour sur mon téléphone.

10h14 : Je me rassoie à mon bureau et je pose à nouveau mes doigts sur mon clavier. 

10h48 : J’avance, cette fois plus difficilement. J’ai du mal à rester concentré. 

11h04 : Ok, plus aucune phrase correcte ne sort. Je m’engage sur d’autres tâches, moins intensives et pas directement liées à l’écriture. Je gère mes emails. Réponds au courageux qui vient de laisser un commentaire sur mon site.

11h14 : Je ferme mon ordinateur et je prends un bouquin.

11h42 : J’ouvre à nouveau mon ordinateur. J’essaie de me replonger dans l’écriture. Je parviens à sortir quelques phrases supplémentaires.

12h14 : Ça suffit pour ce matin. J’ouvre Youtube et je commence tranquillement à me faire à manger.

13h41 : J’ai fini de manger. Mon estomac entame son processus de digestion. Mon cerveau tourne au ralenti. C’est l’heure de la sieste.

13h45 : Je suis sur dans mon lit. Je programme mon réveil pour 14h30.

14h30 : Oh non, pas déjà. Je repousse mon réveil de 20 minutes.

14h50 : …

15h00 : Ok, il est temps de se lever et de s’y remettre.

15h14 : Je suis à nouveau à mon bureau. Je fais un tour sur mes réseaux sociaux, lis les articles intéressants que je vois passer et consulte mes emails.

15h28 : J’ouvre mon document de texte. Je relis ce que j’ai écrit ce matin et je commence à écrire. 

15h30 : “Je suis vraiment obligé d’écrire là ? Ce que j’ai fait ce matin n’est pas suffisant ?”

** Je me mets une claque à moi-même **

16h11 : 400 mots supplémentaires : je viens de finir la partie sur laquelle je travaillais. 

16h13 : J’insère cette partie rédigée dans le brouillon complet de mon livre. Je consulte mon plan pour voir ce qui vient ensuite.

16h16 : Je crée un nouveau document de texte, j’écris le titre de la partie suivante et je me commence à faire des recherches. 

J’ai déjà une idée des arguments que je veux mettre en avant, mais j’ai besoin de les illustrer avec des histoires et des exemples. Pour les trouver, je m’appuie sur plusieurs choses :

  • Mes lectures quotidiennes (je lis un livre par semaine depuis 2 ou 3 ans)
  • Un document “Master quote”, dans lequel je documente mes réflexions ainsi que toutes les citations et histoires intéressantes que je vois passer
  • Des recherches sur Google ou sur Medium. J’ouvre 52 onglets sur mon navigateur et je les consulte rapidement à la recherche d’un angle ou d’un exemple original 

recherches écriture livre

 

Ensuite, l’objectif est de construire un plan détaillé de ce que je vais écrire. 

Certains auteurs n’ont pas besoin de ça et aiment se laisser porter par ce qu’ils écrivent.

Ce n’est pas mon cas. J’ai besoin de savoir ce que je vais écrire avant de commencer à écrire (surtout pour un exercice aussi structuré qu’un livre de non-fiction).

J’aime découper cette phase en 2 ou 3, parfois en les espaçant de quelques jours, pour me laisser le temps de la réflexion et faire germer mes idées.

16h42 : Ma première phase de recherche et de construction du plan est terminée. 

16h45 : J’ouvre un bouquin pour une petite session de lecture.

17h13 : Je repose mon livre. J’ouvre mes emails une dernière fois. 

17h29 : Fin de ma journée. J’ai écrit un peu plus de 1 000 mots, c’est pas mal. Je m’en vais profiter de mon samedi soir, avec le sentiment du devoir accompli.