Je parle souvent du concept de Résistance, cette force invisible qui nous empêche de créer. 

Elle se manifeste sous plusieurs formes : la solitude, la procrastination, la difficulté du processus, la lutte contre nos démons, le perfectionnisme, la peur des critiques, ou encore le syndrome de l’imposteur.

Comme le dit Steven Pressfield dans son excellent La guerre de l’art, le plus dur n’est pas d’écrire, mais de faire le chemin jusqu’à notre bureau.

Certains jours, on va se lever remplis de motivation et déterminés comme jamais. D’autres jours, on va tout remettre en question. On va douter de nous-mêmes. Critiquer la qualité de notre travail. Avoir peur de perdre notre temps et de s’engager sur une mauvaise route. On va trouver toutes les excuses possibles pour ne pas poser nos fesses sur notre chaise et se mettre au travail. 

La Résistance est vicieuse. 

Elle peut nous pousser à tout remettre en cause pendant un moment de faiblesse. C’est ce qui m’est arrivé pour la publication de mon premier livre, “Devenir remarquable à l’ère du numérique“.

Le livre était terminé. Il me suffisait d’appuyer sur le bouton “publier”.

Mais j’étais paralysé. 

Ce qui aurait dû me prendre quelques secondes, m’a pris plusieurs semaines. Je repoussais sans cesse l’échéance. À un moment, je me suis même mis en tête de ne pas le publier. Je commençais à me faire une raison et à trouver tout un tas d’excuses bidons pour justifier ce choix. Trop jeune. Pas encore prêt. Pas assez mature. Pas assez bon. Pas assez talentueux. Trop arrogant. Je “n’ai pas ce qu’il faut”.

Il me brûlait les doigts. 

J’étais prêt à jeter 6 mois de travail à la poubelle. Sans un sursaut d’orgueil, un dimanche matin, c’était ce que je m’apprêtais à faire.

La Résistance est effrayante.

En discutant avec des amis créateurs et en m’intéressant à la vie de centaines de créateurs à succès pour les besoins de mon livre, Expédition créative, je me suis rendu compte que la Résistance touchait tout le monde

Mieux, c’est un signal positif qu’on se trouve sur la bonne voie. 

Lorsqu’elle pointe le bout de son nez, cela veut dire que l’on doit persévérer.

Devenir un professionnel

Pour contrer la Résistance et ne pas la laisser prendre le dessus sur nous, la clef est de se comporter comme un professionnel.

Le professionnel accepte la nature du processus créatif. Il sait que, quoi qu’il fasse, la peur et la difficulté ne disparaîtront jamais. Tout ce qu’il peut faire, c’est s’y habituer et y devenir plus résistant.

Le professionnel se lève chaque matin, prêt à en découdre.

Comme un guerrier qui se prépare au combat, il se construit des rituels pour défier la Résistance.

Il prend du plaisir dans cet affrontement et s’épanouit dans ces moments. Il sait que chaque tentative visant à le détourner de son travail constitue un signal positif. Synonyme qu’il se trouve sur le bon chemin. Il ressent un mélange d’amour pour ce qu’il fait et de volonté d’un découdre.

S’il y a bien une chose en son pouvoir, c’est le fait de se présenter sur le ring chaque matin. Le reste appartient aux Dieux et à la chance. Il ne s’accorde aucune excuse. Le syndrome de la page blanche n’existe pas. La panne d’inspiration non plus.

Ce ne sont que des tactiques employées par la Résistance.

Le professionnel s’organise pour se construire un cadre de travail solide autour de lui. Il comprend que le manque de temps n’existe pas et qu’il s’agit uniquement de hiérarchiser ses priorités.

La maîtrise de son art est sa priorité. Son obsession.

Le professionnel sait qu’il ne doit jamais se contenter de ce qu’il a. Il doit apprendre à être heureux avec ce qu’il possède, mais doit toujours se remettre au travail pour avancer.

Le professionnel comprend que l’échec, la difficulté et le doute font partie du voyage. Sa régularité dans la pratique délibérée de son art lui permettent d’accomplir ses objectifs malgré tout.

Enfin, le professionnel comprend qu’il n’obtiendra rien sans sacrifice. Que les choses se méritent et qu’il doit faire des choix. Il doit prioriser ce qui lui importe le plus, pour pouvoir s’y dédier, quitte à laisser d’autres éléments de sa vie de côté.

J’ai choisi la voie du professionnel. Et vous ? 

 

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