J’aime me perdre sur Youtube et écouter certains auteurs que j’apprécie parler de leurs livres.

Récemment, je suis tombé sur cette vidéo de l’auteur américain Austin Kleon. Il y parle de son livre “Steal like an artist“.

Un passage de son talk m’a marqué et j’ai eu envie d’en faire un article. 

L’un des chapitres du livre de Kleon explique comment construire une audience de fans.

La méthode tient en une phrase : “Do good work and share it with people”.

Derrière la simplicité (et banalité) apparente de cette phrase, se trouvent 3 niveaux de complexité que Kleon décortique.

1. “Good”

 Les artistes sont de très mauvais juges de la qualité de leur propre travail. Ils ont tendance à ne jamais être satisfaits de leur travail et à douter d’eux-mêmes.

La distance entre l’image qu’ils se font de leur création, dans leur tête, et le rendu final n’est jamais identique. 

C’est normal, mais cela crée un sentiment d’insatisfaction chronique. Une frustration qui donne l’impression de ne pas parvenir à s’exprimer clairement.

C’est un sentiment que je ressens régulièrement. Dans ma tête, les idées que je veux partager me paraissent très claires. Une fois écrites, elles le sont beaucoup moins.

L’autre difficulté est de parvenir à évaluer objectivement ses créations. 

Comment savoir si l’article que je viens d’écrire est bon ? Comment savoir si les lecteurs vont l’apprécier au point de le partager à leurs amis ?

J’ai des petites intuitions, mais je n’en n’ai souvent aucune idée. J’ai parfois l’impression d’avoir écrit un bon article, que finalement personne ne semble apprécier.

2. “Work”

Les artistes montrent leurs créations, mais rarement le processus qui mène à leur construction. 

C’est pourtant la partie la plus difficile, importante et inspirante.

Quand je pense aux auteurs que j’admire, j’imagine que leur processus créatif est simple, régulier et fiable. Le mien est chaotique et irrégulier. Ce qui instille encore plus de doutes et de complexes. Le serpent se mord la queue

Kleon montre brillamment que tous les créateurs éprouvent ce même sentiment. Tous traversent les mêmes difficultés et combattent la même résistance. Mais trop peu en parlent. On préfère l’image romantique du créateur génial, qui se base sur ses inspirations.

3. “Share”

On imagine souvent la relation entre un créateur et son audience comme étant à sens unique.

Ce n’est pas le cas. Les deux se nourrissent mutuellement.

Le créateur apporte de la valeur à son audience. L’audience l’aide à grandir et à gagner en maturité. Elle l’accompagne dans son voyage et s’en inspire dans le même temps. Une conversation se crée.

Pour devenir un bon créateur, il faut accepter de sacrifier ses créations. Se forcer à les mettre au monde, même si l’on doute de leur qualité. La perfection est l’ennemie du bien.

Mais comment savoir si cela fait partie du processus créatif ? Ou si l’on est juste mauvais ? Grande question.

 

J’ai l’impression que cet article n’a aucun sens. Mais j’ai eu envie de l’écrire. J’essaie, moi aussi, de partager mes doutes, la difficulté du processus créatif et son côté chaotique.

Je ne prends pas souvent le temps de remercier les créateurs qui m’inspirent, alors que c’est super important.

Merci, Austin Kleon.

 

 

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