J’adore partir de zéro, imaginer et donner vie à un concept. 

Peu importe que ce soit en parallèle de mes études ou de mon job, j’aime créer des choses par moi-même. J’ai toujours besoin d’avoir quelque chose sur le feu.

Des projets, j’en ai monté des dizaines dans ma courte vie.

J’ai créé un podcast et un blog sur le foot. J’ai monté un site d’analyse d’actualité. J’ai essayé de créer une marque de tee-shirts imprimés. J’ai même essayé de créer une startup qui ambitionnait d’utiliser des conteneurs maritimes pour en faire des bureaux (c’était ridicule quand j’y repense).

Ces projets ont tous un point commun : aucun n’a tenu plus de quelques mois.

J’avançais sans boussole

J’étais constamment excité par mes nouvelles idées.

J’adorais imaginer et rêver. J’adorais faire des plans. Réfléchir à un nom et designer un beau logo. Je me projetais quelques années plus tard, le succès en poche.

Quand j’y repense, je réalise que je n’avais aucune méthode.

J’étais passionné, mais je ne savais pas comment m’y prendre.

Je faisais n’importe quoi. Je n’avais aucune discipline. J’avançais sans carte, ni boussole. 

J’imaginais que le fait de créer un projet allait plus ou moins ressembler à cela : Je n’avais pas conscience des efforts et des méthodes à employer pour faire fonctionner un projet. J’imaginais que ça allait prendre du temps et qu’il allait y avoir des hauts et des bas. Mais rien de bien méchant.

Mon enthousiasme et ma bonne idée allaient suffire.

Trouver le bon truc, par hasard

Un jour de février 2016, j’ai commencé à écrire par hasard.

Pour une raison que j’ignore, j’ai réussi à m’y tenir. J’ai persévéré et je n’ai pas abandonné au bout de quelques semaines. J’avais enfin réussi à m’accrocher à quelque chose de solide sur lequel j’allais pouvoir construire sur le long terme et développer des compétences.

Ce n’était pas conscient. J’ai eu de la chance. J’étais animé par quelque chose de différent.

J’ai continué à publier des articles de plus en plus fréquemment. J’y ai pris goût.

j’aimais écrire, mais je n’avais pas de passion particulière pour cette discipline. Cela m’a conduit à la publication de mon premier livre, “Devenir Remarquable à l’ère du numérique”, en décembre 2017. Ce n’est pas un best-seller, mais un énorme accomplissement personnel.

Je suis enfin allé au bout d’un projet. J’ai réussi à mettre ma création entre les mains de centaines de personnes. Je suis enfin fier de ce que j’ai produit.

Mener un projet créatif

Je prenais du plaisir – et c’était la première brique.

C’est ce qui m’a permis de ne pas arrêter au bout de quelques semaines comme tout le reste.

Mais je ne la voyais pas uniquement comme un loisir ou une passion. 

Sans trop savoir pourquoi, l’écriture m’a aidé à me construire une “conscience créative”. Plus j’écrivais et plus je m’interrogeais sur les manières de m’améliorer et de m’organiser pour y dédier plus de temps.

Je me nourrissais de la frustration de tous mes projets passés qui ne sont allés nul part.

Deux éléments m’ont aidé :

  • Le fait de m’entourer de personnes qui avaient les mêmes envies créatives que moi
  • Le fait de m’inspirer des meilleurs créateurs et artistes de leur domaine

Je me suis rendu compte que l’on était tous victimes des mêmes mythes.

Que l’on traversait la même chose et que l’on affrontait tous le même ennemi : soi-même.

J’ai compris que même si chaque projet a ses spécificités propres, le voyage à parcourir est très souvent le même :

Ce voyage est tout sauf un long fleuve tranquille. 

S’équiper pour l’expédition

Pour développer un projet créatif, le plus important n’est pas de trouver une bonne idée, d’être meilleur que la concurrence ou de posséder un talent naturel pour une discipline.

Ce qui compte, c’est de survivre à cette expédition et de traverser les obstacles qui jalonnent notre chemin.

Pour ce faire, il faut s’équiper des bons outils et réflexes mentaux.

Voici quelques leçons que j’ai apprises et qui m’aident à mener mes projets.

Les débuts d’un projet créatif ne sont pas importants. Il ne faut pas se laisser berner par notre excitation initiale et par l’enthousiasme que suscite en nous notre idée.

Il ne faut pas non plus se projeter sur la finalité du projet. Chaque chose en son temps.

La clef se situe au milieu. Dans ce que Scott Belsky appelle le “Messy Middle”. Ce que les athlètes appellent “le processus”. Ce que Steven Pressfield appelle “la guerre de l’art” et “le combat contre la Résistance”.

C’est la partie basse de la courbe.

Le succès ne s’est toujours pas manifesté après plusieurs mois ou années de pratique délibérée.

On se retrouve seul face à nous-même, avec le devoir de se remettre au travail chaque matin pour avancer. C’est ici que tout se joue. Ce n’est ni le génie, le talent ou l’inspiration qui permettent de remporter cette bataille.

Ce qui fait la différence, c’est la discipline, la rigueur et la régularité. Le dépassement de soi et la persévérance malgré les doutes qui nous envahissent.

Les ingrédients sont simples, mais difficiles à utiliser au quotidien. Parce que notre environnement joue contre nous. Nous sommes attirés par des distractions de toutes sortes. Notre temps d’attention est sans cesse courtisé et se réduit de plus en plus. Nos proches ne comprennent pas ce que l’on fait et ne nous encouragent pas forcément.

Notre cerveau se joue de nous ; il préfère la facilité et le confort. Il nous donne la flemme.

Le plus compliqué n’est pas le fait de créer.

Ce qui est vraiment difficile, c’est d’aller à son bureau, de poser ses fesses sur sa chaise et de se mettre au boulot.

La créativité est une expédition, pour laquelle il faut s’équiper d’une bonne boussole.