On vient juste d’obtenir une petite victoire.

Notre article a bien marché. Notre podcast a obtenu d’excellents retours. Notre vidéo a cartonné et notre chaîne grandit. On vient de signer un client important.

Célébrons les petites victoires et savourons le travail bien fait. Apprécions le boost de motivation temporaire que cela nous procure.

Le créateur a besoin de voir qu’il ne fait pas ça pour rien et que son audience apprécie son travail. L’aventurier qui traverse la jungle a besoin de répit et de réconfort. Il vient de trouver un fruit particulièrement délicieux ou un raccourci qui lui fait gagner du temps sur sa route.

Mais ce n’est qu’un pas supplémentaire. Dès le lendemain, il doit passer à autre chose et se remettre au travail. Il doit continuer à avancer et débroussailler le chemin.

Ne nous laissons pas enivrer par ce début de succès et ce plaisir éphémère. Ne tombons pas dans l’excès de confiance et ne relâchons pas nos efforts.

Ce succès ne signifie pas grand chose. Nous sommes encore loin de comprendre le fonctionnement de la création et ses subtilités. Il peut s’expliquer par de nombreux éléments : un coup de chance, un timing particulièrement favorable ou quelque chose qui échappe à notre vision. Le hasard joue un grand rôle dans le succès d’une oeuvre. Il suffit parfois qu’une personne ou qu’un média en plus la relaie pour la faire éclore.

Les plus grands coachs sportifs en sont bien conscients. Ils célèbrent les victoires, mais gardent en tête que la route est encore longue. Ils savent que de nombreux facteurs rentrent en compte dans l’issue d’un match. Même si une victoire est méritée, un relâchement serait synonyme de défaite au prochain match.

Pat Riley est l’un des managers, passé par les Los Angeles Lakers et le Miami Heat, les plus respectés et les plus titrés de la NBA. Au fil de ses nombreuses années d’expérience, il a élaboré une théorie sur la trajectoire que suit une équipe de NBA. 

Quand les joueurs d’une équipe se découvrent et qu’ils commencent à jouer ensemble, un sentiment d’alchimie règne. Chacun veille sur l’autre et tout le monde tire dans le même sens, concentré sur l’objectif final. Il appelle cette phase “l’ascension innocente”.

Tout bascule une fois que l’équipe remporte son premier titre. Les médias décryptent davantage les faits et gestes des joueurs. Ceux-ci commencent à laisser leur ego prendre le dessus. Les calculs sont de plus en plus individualistes. Chacun pense à sa propre importance et la place qu’il doit occuper. Riley appelle cette phase “La maladie du Moi”. Les joueurs se relâchent, pensant avoir compris comment faire. L’année suivante, ils sont généralement balayés par une équipe plus déterminée et plus compétitive.

Ce schéma se répète encore et encore dans les tous sports. Après une année de grâce, l’équipe implose, incapable de se remettre en question et de se préparer comme si rien n’avait changé.

Notre début de succès ne représente rien. Tout reste à faire.

Restons focalisé sur notre mission. Continuons à garder les yeux rivés sur notre chemin.

Repartons comme s’il s’agissait de notre premier jour. Nous sommes là sur la durée.

 



Cet article fait partie du nouveau livre que je suis en train d’écrire en public. Laissez moi votre email pour ne rien manquer et découvrez les détails du projet sur cette page.

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