Comment construire un produit avec sa communauté ? L’exemple de Product Hunt

Comment construire un produit avec sa communauté ? L’exemple de Product Hunt

Product Hunt est un cas d’école de projet qui s’est développé grâce à sa communauté.

Le site permet aux utilisateurs de partager et de découvrir de nouveaux produits, essentiellement dans l’univers tech. Il dispose d’un système de vote et de classement pour récompenser les produits les plus plébiscités.

Aujourd’hui, l’utilité de Product Hunt est évidente.

Mais ce n’était pas le cas au début. C’est typiquement le genre de bonne idée difficile à mettre au point et qui reste… au stade de l’idée. 

Il faut parvenir à créer une habitude chez les gens et à construire une communauté assez engagée pour que suffisamment de nouveaux produits d’excellente qualité soient partagés tous les jours.

Pourtant, Product Hunt s’est imposé comme un site incontournable.

Pour de nombreuses personnes travaillant dans la Tech, Product Hunt est l’un des premiers onglets à ouvrir le matin.

Pour les entrepreneurs et Marketeurs qui lancent de nouveaux produits, c’est un passage obligatoire. C’est devenu le premier élément à placer sur son calendrier de lancement.

Des dizaines d’articles et de guides ont été écrits pour expliquer comment bien y réussir son lancement.

Le site est également devenu la figure de proue de la communauté des Makers, très active sur Twitter. Ils ont réussi à fédérer des milliers de personnes à travers le monde, qui partagent cette passion pour le fait de créer des projets et de faire des choses par soi-même.

Dans cet article, je vais essayer de répondre à deux questions :

  • Comment bien construire un produit avec sa communauté ?
  • Quelles leçons peut-on en tirer du succès de Product Hunt ?

La construction de Product Hunt 

Pour bien comprendre, prenons quelques minutes pour retracer l’historique de Product Hunt.

Product Hunt a été créé par Ryan Hoover, en 2013.

Dès le départ, Hoover fait le choix d’adopter une approche communautaire de la construction de son produit.

À la base, le produit n’existe uniquement au moyen d’une newsletter quotidienne. Hoover partage les produits qu’il trouve cool et invite ses amis à contribuer.

Cette newsletter permet de valider l’intérêt de la communauté Tech (celle qu’il souhaite cibler) pour son idée.

Ce n’est que plusieurs mois après, qu’il passe à l’étape suivante : construire un site pour matérialiser davantage le projet.

Il invite son premier cercle d’amis et de curieux à venir le tester.

Le site est basique et propose uniquement les fonctionnalités essentielles : on peut proposer son produit et voter pour ceux qui nous plaisent.

Quelques dizaines de personnes testent le site, donnent leurs feedbacks et permettent à Hoover de l’améliorer. Toujours en gardant à l’esprit de ne proposer que les fonctionnalités de base.

Hoover parle ensuite de son projet à ses contacts journalistes, ce qui lui permet d’obtenir quelques articles et d’attirer de nouveaux curieux sur Product Hunt. Hoover se charge de les onboarder et de les accueillir manuellement.

En parallèle, il blog et partage son aventure de manière transparente. Il écrit notamment un article dans lequel il explique comment il est parvenu à faire venir ses premiers 2 000 utilisateurs, en faisant uniquement des choses qui ne scalent pas.

Cette démarche de construction publique de Product Hunt permet d’impliquer les utilisateurs dans l’aventure, d’obtenir des feedbacks ultra-qualifiés de la part de sa communauté et de générer de l’attention autour ce qui est en train de se construire.

En 2014, un an après sa création, Product Hunt lève $6,1 million et compte 9 salariés.

Hoover et Product Hunt continuent de faire des choses qui ne scalent pas, pour souder et fédérer la communauté : ils envoient des produits et cadeaux à leurs utilisateurs, ils organisent des brunchs à San Francisco (lieu de naissance de Product Hunt), et s’appuie ensuite sur leur communauté pour organiser des meetups à travers le monde entier.

Le produit est excellent et répond à un vrai besoin. Les utilisateurs de Product Hunt en parlent autour d’eux et bloguent sur leur expérience avec la plateforme.

En 2016, le projet qui a démarré au moyen d’une simple newsletter, est racheté par AngelList pour 20 millions de dollar. 

Aujourd’hui, le site génère plus de 9 millions de visiteurs mensuels et envoie plus d’1 million d’emails par jour.

succès product hunt communauté

Product Hunt est une réussite phénoménale.

Quelles leçons retenir de ce succès ? Comment s’en inspirer pour construire sa communauté ?

1. Un vrai MVP ne nécessite aucune technique

Quand on pense à créer un Produit Minimum Viable (MVP) pour son projet, on imagine devoir créer son site ou son App uniquement avec quelques fonctionnalités de base.

Mais on place déjà la barre trop haute !

Un MVP sert à tester rapidement son idée et l’intérêt de sa cible. Dans la majorité des cas, cela peut être fait de manière très rudimentaire, avec des bouts de ficelle.

Pour Product Hunt, créer un site avec un système de classement et de vote aurait déjà été trop sophistiqué et complexe.

Le moyen le plus basique pour tester leur idée était d’envoyer un email avec une sélection des meilleurs produits du moment :

  •  Aucun développement technique n’est requis
  • C’est gratuit
  • Cela prend quelques minutes à mettre en place
  • L’intérêt des gens est directement mesurable

Product Hunt s’est lancé au moyen de l’email. Mais ils auraient très bien pu créer un groupe Facebook, une conversation Whatsapp ou un groupe sur Slack. Peu importe.

L’important, c’est que la proposition de valeur soit claire et simple à comprendre.

MyLittleParis a commencé en partageant les bons plans à découvrir, à Paris. Comme Product Hunt, l’aventure a démarré par une simple newsletter, envoyée à quelques amis. Quelques années plus tard, ils se sont fait racheter par AuFeminin.com pour plusieurs dizaines de millions d’euros.

Menu Next Door proposait aux particuliers de commander des plats concoctés par leurs voisins. Plutôt que de construire une App ou un site avec un système complexe de réservation et d’attribution de commandes, ils ont simplement commencé par un groupe Facebook. Ils ont utilisé la meilleure approche pour tester leur idée et acquérir leurs premiers utilisateurs.

Ryan Hoover a d’ailleurs récemment écrit un excellent article sur la tendance du “no code” : il est devenu simple de créer un produit complexe, sans toucher à aucune ligne de code. 

“These tools are reducing the amount of time and coding expertise required to translate an idea into something people can use. You no longer need to become a programmer to build things on the internet, empowering a new wave of makers from different backgrounds and perspectives.”

2. Construire et impliquer sa communauté

À chaque étape du développement de Product Hunt, Ryan Hoover veille à impliquer sa communauté :

  • Il proposait à ses amis de partager les produits qu’ils préféraient, dans la newsletter initiale
  • Lorsqu’il a mis au point la première version de son site, il invitait une poignée d’amis à le tester pour lui faire des retours et lui permettre de l’améliorer
  • Hoover onboardait manuellement les centaines de premiers utilisateurs de son site pour leur souhaiter la bienvenue, transmettre les messages importants et assurer une expérience exceptionnelle
  • Le produit en lui-même est extrêmement communautaire : n’importe qui peut soumettre sa création et voter pour celles qui l’intéressent

Product Hunt communauté feedbacks

Hoover a méticuleusement sélectionné les premiers membres de sa communauté. 

Il connaissait chacun des premiers beta-testeurs de son produit : entrepreneurs, fondateurs de startups et investisseur.

Cela lui a permis de donner le ton sur le type de communauté qu’il souhaitait construire et le genre de personnes qui en fait partie. 

L’esprit d’une communauté reflète la personnalité et les valeurs de ses premiers membres.

3. Le choix d’une niche que Ryan Hoover connaissait sur le bout des doigts

Product Hunt ont réussi à rassembler un groupe de makers passionnés et d’early adopters qui adorent être à la pointe et connaître les derniers produits Tech cool. Ils ont créé un produit avec une valeur simple, qui collait parfaitement aux attentes de cette niche.

Ce n’est pas un hasard.

Hoover possédait une excellente connaissance de ce marché. Il y baignait depuis plusieurs années et a occupé plusieurs postes liés à la conception de produits, dans des startups de la Silicon Valley financées par des fonds d’investissements.

Il savait où il mettait les pieds. Il savait quel type de produit allait plaire à cette audience.

C’est un point important ; j’y reviens dans la conclusion.

4. Créer de l’engouement avant la sortie du produit

Le Marketing d’un produit doit être pensé dès la première brique de celui-ci. 

La méthode traditionnelle consiste à passer plusieurs semaines à construire un site fonctionnel, pour ensuite investir dans le Marketing, se demander comment acquérir du trafic et convertir ses visiteurs en client.

Cette méthode fonctionne sous plusieurs conditions, donc celle d’être capable d’investir des sommes importantes dans les canaux payants d’acquisition (Facebook Ads, Adwords, etc).

Mais ce n’est pas la plus efficace. Les utilisateurs acquis au moyen de canaux payants sont moins engagés. Il est plus difficile de construire un sentiment de communauté avec eux. Ces personnes sont venues via une publicité. Dès qu’elles en verront une meilleure ou que le produit ne répondra plus entièrement à leurs attentes, elles iront voir ailleurs.

Dès le départ, Hoover a pris une position inverse, en construisant le produit en public et en impliquant sa communauté.

Cette méthode est plus difficile à mettre en place. L’effort initial est plus manuel et laborieux.

Il n’y a pas encore de produit et les gens n’en retirent pas une valeur immédiate. On attire uniquement son cercle proche et les personnes les plus motivées.

Mais cette méthode présente l’immense avantage de créer de l’attente et de l’engouement pour le produit en construction.

Des centaines de personnes sont au courant qu’il va arriver, avant même son existence. Cela les rend impatients et leur donne envie de noter la date de lancement dans leur calendrier.

Le jour du lancement de Product Hunt, les 2 000 personnes de la communauté qu’Hoover avait construite en faisant des choses qui ne scalent pas, étaient prêtes.

“While building out your MVP, it’s important to start building out the distribution in parallel: A Twitter following, an email list, anything that’d help get the word” – Ryan Hoover

C’est la même chose pour un crowdfunding. Le sort de celui-ci ne se joue pas pendant les 3 ou 4 semaines de la campagne en elle-même.

Une campagne se gagne pendant les mois précédents. Il faut  créer sa communauté et rassembler ses premiers utilisateurs des mois ou des années à l’avance. Leur donner envie de suivre l’aventure et les exciter à l’idée du futur lancement.

Conclusion : Le succès de Product Hunt et de Ryan Hoover s’est construit bien plus tôt

Product Hunt est l’un des meilleurs exemples de produit construit grâce à une communauté engagée.

S’il y a une chose à retenir, c’est que Ryan Hoover ne s’est pas concentré sur des “hacks” pour trouver ses premiers utilisateurs. Il a pris le temps de créer des liens individuels avec les personnes qui allaient constituer sa communauté et de construire une offre qui correspondait réellement à leurs attentes.

Pendant longtemps, il n’avait aucun chiffre impressionnant de croissance sur lequel il pouvait se vanter. Mais il créait un terreau fertile pour une croissance saine, solide et durable.

L’aspect dont on parle un peu moins, c’est le parcours de Ryan Hoover, avant la création de Product Hunt.

Hoover ne s’est pas attaqué à un marché et un univers qu’il ne connaissait pas du tout.

Il possédait le profil parfait pour exécuter cette idée : il avait déjà passé une décennie dans l’univers de la Tech, s’était bâti une bonne réputation et avait noué des liens avec des personnes importantes de cet écosystème.

Ses premiers utilisateurs étaient tous des employés de startups importantes, des entrepreneurs reconnus et des investisseurs prestigieux de la Silicon Valley.

I reached out to Carmel DeAmicis, a reporter for PandoDaily. We met once before and the respect I earned guest writing on the popular tech publication helped me land a last minute meeting later that night” – Ryan Hoover

Grâce à son expérience, il savait précisément comment construire son produit, ce que le marché attendait et comment parler à ses premiers utilisateurs.

Product Hunt n’est pas le fruit de quelques bons choix, mais l’aboutissement d’un travail d’une décennie.

 

 

Comment bien onboarder un nouvel abonné à sa newsletter ?

Comment bien onboarder un nouvel abonné à sa newsletter ?

L’email est un moyen inégalé pour créer une relation directe avec sa communauté.

J’en parlais dans mon article expliquant pourquoi j’ai quitté Medium : contrairement à un visiteur ou un follower sur les réseaux sociaux, un email est quelque chose que l’on “possède”.

À chaque nouveau contenu que vous publiez, produit que vous proposez ou actualité en tout genre, vous pouvez envoyer une newsletter à votre liste email et être certains que vos abonnés en seront informés.

La liste email est le meilleur avantage compétitif à long terme à développer en tant que créateur. Littéralement, il s’agit de votre assurance chômage.

Il existe des dizaines et des dizaines d’articles expliquant comment récupérer davantage d’adresses email, le plus rapidement possible.

Mais aucun de ces articles ne parle de ce qu’il se passe ensuite, une fois que la personne a laissé son adresse email.

Aucun de ces articles n’explique comment accueillir (onboarder) au mieux cette personne.

L’onboarding est clef

Mettons-nous 30 secondes à place de la personne qui vient de s’inscrire à votre newsletter.

  • Elle est tombée par hasard sur un de vos articles
  • Elle l’a trouvé intéressant et s’est dit que votre blog / site était de qualité
  • Elle a laissé son email dans l’un des modules de capture de votre site
  • Elle reçoit un email de double optin pour lui demander si elle est bien humaine
  • Ensuite… plus rien. Au mieux, elle a reçu un email générique de la part de votre outil d’emailing (Mailchimp, Mailjet, etc)

Pas top comme expérience.

On peut faire beaucoup mieux.

L’onboarding d’un nouvel utilisateur (dans notre cas, un abonné à la newsletter) est une étape critique de tout processus Marketing.

C’est maintenant que tout se joue. Ils viennent de s’inscrire et désirent vous connaître. Vous avez l’occasion de véhiculer vos valeurs, de l’imprégner de votre marque, de l’éduquer à certains messages importants et de le préparer à la suite.

Je n’ai ni étude, ni “recherche sérieuse™” sous la main, mais il est certain que la manière avec laquelle se déroule l’onboarding de vos nouveaux abonnés, influe sur toute leur expérience future. Et leur rapport avec votre site / blog.

En tant que blogueur, la newsletter est un élément vital de votre activité : c’est le canal central de distribution de vos contenus.

Si vos lecteurs ne comprennent pas qui vous êtes, les emails que vous allez leur envoyer, ainsi que leur fréquence, cela démarre mal.

Personnellement, c’est un aspect que j’ai trop longtemps négligé. La lecture de “Dotcom Secrets” me l’a confirmé.

Début janvier, j’ai pris le temps d’y remédier.

Comment penser sa séquence d’onboarding ?

La base de la réflexion consiste à s’interroger sur les objectifs de cette séquence (une séquence est un enchaînement de mails automatisés). Ils peuvent être nombreux et différents :

  • On peut vouloir développer sa marque personnelle. Cela implique de parler de soi et de se positionner comme un expert de son domaine
  • On peut vouloir réaliser des ventes. Cela implique d’apporter de la valeur à ses lecteurs et de les faire rentrer dans des tunnels de vente
  • On peut vouloir générer des clients pour des missions en freelance. Cela implique de créer de la confiance avec son lecteur et de lui montrer des exemples de prestations faîtes pour des clients
  • On peut vouloir éduquer les lecteurs à une idée nouvelle. Cela implique de leur proposer du contenu qui va les prendre par la main et les amener à la conclusion recherchée

Dans mon cas, j’ai identifié plusieurs éléments importants à transmettre pendant cette période d’onboarding.

La première chose est de leur donner de la valeur avec certains bons articles que j’ai écrit. S’ils se sont abonnés à ma newsletter, c’est parce qu’ils sont intéressés par le Marketing, la créativité, l’écriture, ou l’Entrepreneuriat. Je les oriente donc vers mes meilleurs articles sur ces sujets.

Ensuite, j’explicite mon “why” et je donne du contexte à mes lecteurs : la raison pour laquelle j’écris régulièrement et ce que j’essaie d’accomplir. Je mets en avant ma singularité, je leur explique qui je suis pour les sensibiliser à mon histoire personnelle et les faire s’identifier à mon parcours. J’avais déjà écrit pas mal de contenu à ce sujet ; c’est le moment de le réutiliser.

Je clarifie également ma démarche et je leur explique le type d’emails qu’ils vont recevoir (et à quelle fréquence). Je mentionne mon approche du Marketing et de l’emailing, très inspirée de celle de Seth Godin, et leur signale qu’ils peuvent se désinscrire de ma liste email à tout moment. Mon objectif n’est pas d’obtenir le maximum d’emails, mais de posséder des emails de personnes vraiment intéressées par ce que je fais.

Enfin, j’essaie de parler subtilement de mon livre. Si j’ai correctement fait mon travail et que le lecteur s’identifie à mon parcours, alors il peut se dire que mon livre va lui apporter de la valeur.

Combien d’emails, sur quelle période de temps ?

Maintenant que l’on a réfléchi au contenu et aux objectifs de la séquence d’onboarding, intéressons-nous à sa forme.

Le nombre de mails à envoyer va dépendre de l’origine des personnes qui s’inscrivent.

Dans mon cas, ceux qui laissent leurs adresses emails ont déjà lu un de mes articles ou se sont déjà retrouvées sur mon site. Elles ont eu une première interaction avec mon contenu et ont délibérément laissé leur email pour en savoir plus et lire davantage d’articles. 

Cela simplifie mon travail d’onboarding. Je ne suis pas obligé de créer une séquence complexe et je peux aller à l’essentiel.

J’ai donc opté pour deux emails d’onboarding : le premier, immédiatement après l’inscription de la personne et le second, un jour plus tard.

Si les abonnés à ma newsletter venaient de la publicité, par exemple, j’aurais construit une séquence plus longue. J’aurais eu besoin de leur donner plus de contexte et de les qualifier “davantage” à mon contenu (quitte à perdre du monde en cours de route).

Une nouvelle fois, cela dépend également de votre objectif. Si vous souhaitez les éduquez à votre solution ou les faire rentrer dans des tunnels de vente, vous pouvez construire des séquences beaucoup plus longues.

Deux ou trois choses pour finir

À ce stade, j’espère vous avoir convaincu de l’intérêt de créer une séquence d’onboarding pour votre liste email.

Ce n’est pas fini.

Profitez de cette période pour en savoir plus sur les gens qui s’abonnent :

  • Vous pouvez segmenter votre liste email en fonction de ce qui fait le plus de sens pour vous. Par exemple, si vous possédez un service local, vous pouvez segmenter votre liste en fonction des positions géographiques de vos abonnés pour ensuite mieux cibler vos actions
  • Vous pouvez faire de la customer research et demander directement à vos abonnés le type de contenu qu’ils aimeraient recevoir de votre part. C’est notamment ce que fait Onur Karapinar avec sa liste email et c’est très malin !
  • Vous pouvez leur proposer de discuter avec vous pour mieux les connaître et construire une relation

Gardez à l’esprit que vous pouvez peaufiner votre séquence en permanence. Faites des tests, voyez ce qui fonctionne, et adaptez en conséquence !

L’onboarding est une occasion unique pour prendre votre abonné par la main et lui montrer ce que vous souhaitez qu’il voie. Ne la gâchez pas !

Vous voulez voir la séquence d’onboarding que j’ai mise en place sur ma newsletter ? Abonnez-vous juste ici ou laissez-moi un commentaire sous cet article avec votre adresse email ; je vous la ferai parvenir !

La file d’attente est la meilleure stratégie Marketing des restaurants Big Mamma. Voici pourquoi

La file d’attente est la meilleure stratégie Marketing des restaurants Big Mamma. Voici pourquoi

1 heure de queue pour aller manger une pizza, tous les soirs de la semaine, à partir de 18h.

C’est ce que doivent affronter les courageux qui veulent manger dans l’un des 7 restaurants du groupe Big Mamma de Paris : Pink Mamma, Biglove Café, Mamma Primi, Popolare, La Felicita, East Mamma et Ober Mamma.

Il est vrai que ces restaurants sont plutôt très agréables :

  • La nourriture y est bonne, les produits sont frais et l’addition est abordable
  • Les serveurs et cuisiniers ont un vrai accent Italien
  • L’ambiance et le cadre sont toujours très bien travaillés. Chaque restaurant est unique, on se sent dans un lieu spécial et tout est très Instagrammable
  • L’univers et le storytelling qui ont été créés autour de la marque Big Mamma sont très réussis

Tout ceci est génial. Mais les bonnes pizzas à Paris, ce n’est pas ce qui manque.

Alors comment expliquer un tel succès ?

Comment expliquer que des centaines de personnes se ruent devant les portes du restaurant, 1 heure avant l’ouverture ? 

Les gens qui font la queue sont-ils sains d’esprit ?

Marketing Big Mamma restaurants

Pink Mamma

1. Les gens ne viennent pas manger une pizza ou des pâtes

Ni pour boire des Spritz.

La première chose à comprendre, c’est que les gens ne viennent pas simplement dans les restaurants Big Mamma pour manger un bon repas.

Ils viennent pour faire partie d’un club. Ils viennent pour obtenir un statut. Un certain “standing”. 

C’est d’ailleurs valable pour n’importe quel bien de consommation. On ne prend pas nos décisions d’achat en fonction de la valeur utilitariste du bien, mais en fonction de ce qu’il va dire de nous. Sur le genre de personne que l’on souhaite être. 

Inconsciemment, la manière avec laquelle nous consommons est un moyen d’expression. Cela dit quelque chose sur qui l’on est. C’est un étendard à la face du monde.

Consommer est un moyen d’appartenir à une tribu plus grande que soi, avec des personnes qui partagent les mêmes valeurs, ambitions et désirs que nous.

  • Quand on fait le choix de n’écouter des que petits chanteurs indépendants, c’est pour se sentir comme un spécialiste et un expert de musique
  • Quand on fait le choix d’acheter un iPhone, c’est pour se sentir dans la classe des créatifs et de ceux qui sont suffisamment aisés pour s’en payer un
  • Quand on fait le choix de ne pas consommer, c’est également pour faire partie d’un groupe et pour envoyer un message

Aller chez Big Mamma, c’est dire au reste du monde :

“Je suis le genre de personne qui aime aller dans les derniers lieus branchés. Ça ne me dérange pas de faire la queue car cela va renforcer mon statut social. Je pourrais montrer à mes amis sur Instagram que j’y étais.”

Tout ce que met Big Mamma en place vise à renforcer ce sentiment d’appartenance à un club.

2. La file d’attente est une technique Marketing bien huilée

“Jamais je ne ferai la queue pour aller dépenser de l’argent !”

“Qui sont ces fous qui font 45 minutes pour manger une pizza ?”

C’est probablement ce que se disent beaucoup de personnes, en passant devant un restaurant Big Mamma, aux alentours de 19h30.

Pourtant, c’est plein tous les soirs de la semaine.

Paradoxalement, la file d’attente est le meilleur atout des restaurants Big Mamma. 

Dans son livre “Contagious : how to build word of mouth in the digital age”, Jonah Berger décortique les éléments qui font qu’une chose devienne virale.

Parmi les 6 critères qu’il détaille, l’un d’entre eux est le caractère public et visible de la chose en question. 

Berger explique que “plus un produit ou service est public (au sens “visible” du terme), plus cela déclenche chez les gens l’envie de faire une action”.

C’est pour cela qu’il est très difficile de lutter contre l’alcoolisme de masse dans les universités Américaines : tout le monde boit parce que tout le monde voit les autres boire. 

Quel est le meilleur élément visible pour faire parler d’un restaurant ?

La file d’attente, évidement. Elle provoque deux réactions :

  • On se sent intrigué.
    Quel est donc ce restaurant devant lesquels les gens se massent ?
    Si autant de gens font la queue devant, c’est que la nourriture doit y être exceptionnelle. On est tenté de voir et de tester par soi-même
  • On en parle autour de soi.
    Vous pouvez être certains que chaque personne qui passe devant la queue d’un restaurant Big Mamma, va en parler à ses amis juste après. Cela génère un bouche à oreille et une couverture presse incroyable, beaucoup plus que pour l’ouverture de n’importe quelle autre pizzéria

“Social influence is stronger when behavior is observable” — Jonah Berger

file d'attente big mamma

Ce n’est donc pas un hasard s’il n’y a pas de système de réservation.

La file d’attente est une taxe, une barrière à l’entrée du club. 

Elle possède énormément de valeur pour ceux qui décident de la franchir. Elle rend leur repas meilleur et les fait davantage apprécier le moment. Comme un placebo dont on se convainc soi-même de son efficacité.

3. Des restaurants qui polarisent

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Big Mamma ne laisse pas indifférent. 

Il y a ceux qui adorent et qui bombardent Instagram de photos de leur pizza.

Instagram Marketing Big Mamma

27 000 publications avec le #bigmamma !

Il y a ceux qui détestent et qui le font également savoir.

Marketing Big Mamma
Marketing Big Mamma
Marketing Big Mamma

Quoi qu’il en soit, les restaurants Big Mamma génèrent énormément de discussions. Ce qui renforce le mystère qui plane autour de la marque.

Pour Big Mamma, il n’y a pas de mauvaise pub (tant que personne ne meurt en mangeant une de leur pizza).

Ils sont clivants et ne sont pas faits pour tout le monde. Cela leur va très bien, ils ciblent une catégorie  de clientèle bien précise.  

Les gens qui se plaignent des files d’attente renforcent ceux qui y vont dans leur statut et leur conviction d’y aller.

L’existence de haters permet de marquer encore davantage leur différence et leur appartenance au club. 

Comme le dit Seth Godin, l’identité d’une tribu se construit également par l’opposition et le rejet. Plus il est dur d’y rentrer, plus ses membres seront soudés et proches les uns des autres. Le système de bizutage des fraternités américaines est un excellent exemple.

Plus le produit rare, plus ceux qui le possèdent en sont attachés.

Conclusion : La rareté comme stratégie Marketing

Après la lecture de cet article, on pourrait être tenté de qualifier les restaurateurs Big Mamma “d’escrocs” ou de “manipulateurs”.

Ce n’est pas mon avis, au contraire. 

Les gens qui font la queue pour aller manger chez eux le font par choix. Parce qu’ils pensent que cela rendra leur pizza meilleure et que cela va renforcer leur statut.

En tant que français, nos besoins primaires de nourriture, de logement et de sécurité sont déjà servis (pour la plupart des gens).

Nous cherchons autre chose.

Si l’on reprend la célèbre pyramide des besoins de Maslow, on ne se situe plus au stade des besoins de base, mais des besoins d’accomplissement personnel.

C’est pour ce type de besoins, qui se situent tout en haut de la pyramide, que Big Mamma a créé une offre qui répond parfaitement. 

Ils ne mentent pas et ne trompent personne. Ils disent simplement : “Si vous souhaitez manger une pizza chez nous, il faudra faire 1 heure de queue. Vous êtes prévenus”.

Je pense que c’est précisément notre job, à nous qui faisons du Marketing.

Comprendre les rêves, aspirations et besoins fondamentaux des gens, pour leur proposer une solution. Qu’ils choisiront, ou non.

Big Mamma n’est pas la première marque à utiliser la rareté à des fins Marketing.

La marque de vêtements Supreme est également un bon exemple :

  • Pendant très longtemps, la marque ne mettait en vente ses collections uniquement le jeudi à 11h, en série très limitée
  • Les produits sont volontairement très chers et se remarquent instantanément
  • Il y a une file d’attente à toutes les heures de la journée devant les rares magasins de la marque

À l’ère de la consommation de masse et des marques de prêt-à-porter qui possèdent des stocks quasi-illimités, le décalage est total.

L’objectif, encore une fois, est de construire un club d’initiés en créant des barrières à l’entrée.

“Si on peut en vendre 600, alors on va en produire 400.”  — James Jebbia, fondateur de Supreme