Comment construire une liste email : de 0 à 500 abonnés

Comment construire une liste email : de 0 à 500 abonnés

Le plan de cet article, pour vous repérer :

1- Pourquoi construire une liste email
2- Comment j’ai obtenu mes 500 premières adresses email
3- Les stratégies efficaces pour récupérer des adresses email
4- Quels outils pour construire votre liste email ?

 

Paul Jarvis est graphiste en freelance depuis plus de 20 ans.

Son blog personnel est l’un des plus populaires dans le domaine de l’entrepreneuriat, du marketing et du freelancing. 

Au début de l’année 2019, il a publié un livre : “Company Of One”. Il y remet en question la pensée populaire qui veut qu’une entreprise doive absolument croître très vite. 

Il présente un autre modèle, dans lequel l’entreprise est rentable dès le premier jour, maîtrise sa croissance et s’arrête quand elle atteint la taille optimale. 

Pour Jarvis, l’enjeu est de construire son business autour de sa vie, et non l’inverse.

C’est précisément ce qu’il a fait.

Il s’est bâti un mode de vie qui lui permet d’organiser ses journées comme il le souhaite et de poursuivre ses ambitions créatives.

Jarvis travaille depuis chez lui, au milieu d’une forêt située sur une petite île Canadienne. 

Paul jarvis créateur indépendant newsletter

Lecture complémentaire : Working remotely on an island: a day in the life of a company of one

Company of One“ a été un best-seller immédiat. À sa sortie, Jarvis a été invité partout, est passé dans la majorité des gros podcasts américains et a obtenu de nombreux articles de presse. Tout le monde parlait de son livre.

Au fil des années, Jarvis s’est construit l’avantage concurrentiel (c’est la meilleure traduction du mot asset que j’ai trouvée) le plus important que l’on peut avoir en tant que créateur indépendant : une audience de personnes intéressées par son travail.

Grâce à son blog et la newsletter qu’il envoie tous les dimanches, il a gagné la confiance et l’attention de plusieurs dizaines de milliers de personnes. 

Il sait qu’à chaque nouveau produit (livre, podcast, formations, etc) qu’il sort, il peut compter sur eux.

La construction d’une audience de fans est également ce qui permet à de nombreux auteurs comme Tim Ferriss, Seth Godin ou Ryan Holiday de faire un carton à chaque nouveau livre qu’ils sortent. 

Cela ne s’applique pas uniquement à l’écriture. De plus en plus de créateurs de tous horizons parviennent à vivre de manière indépendante, grâce à leur audience.

Ils ne dépendent plus de gatekeepers (labels de musique, maisons d’édition, producteurs, etc) pour distribuer leurs créations et toucher leur public. Ils ont gagné l’attention de milliers de personnes et peuvent s’adresser directement à eux, selon le modèle des 1 000 vrais fans. 

L’audience construite peut se manifester sous plusieurs formes. Les plus évidentes sont le nombre de followers sur les réseaux sociaux et la liste email. 

Dans cet article, j’aimerais détailler la plus puissante d’entre elles : la construction d’une liste email.

Pourquoi construire une liste email ?

Quand j’ai commencé à écrire sur Internet, en 2016, je n’avais aucune idée de l’importance de posséder une liste email.

Je publiais mes articles, sans me soucier du reste. Ils n’avaient aucun fil conducteur, si ce n’est de suivre mes intérêts du moment et d’être le véhicule de mes convictions.

Progressivement, j’ai pris goût à l’écriture et j’ai commencé à m’intéresser aux techniques marketing pour toucher davantage de monde.

Un conseil revenait sans cesse : construire une liste email.

J’ai rapidement compris pourquoi et mis cette recommandation en application.

  • La liste email est un canal de diffusion

Chaque dimanche, j’envoie un email aux personnes inscrites à ma liste. Je leur parle de mon article de la semaine, du projet sur lequel je travaille et leur partage des ressources intéressantes.

En quelques clics, je touche plusieurs centaines de personnes intéressées par mon travail, qui m’ont donné leur permission et qui s’attendent à recevoir des nouvelles de ma part. 

Avec le temps, la liste email que je me suis construite est devenu le premier canal de diffusion de mes articles. 

  • La liste email permet de ne dépendre d’aucun algorithme

L’envoi d’email est instantané et (pratiquement) sans filtre. À l’inverse des réseaux sociaux, je ne dépends d’aucun algorithme et je ne suis pas limité par le plafond du reach organique de Facebook, LinkedIn ou Twitter.

Je ne suis pas non plus restreint par un nombre de caractères ou une mise en forme particulière. L’email me permet pratiquement de tout faire, de mettre autant de liens que je veux et de laisser libre court à ma créativité. 

  • La liste email permet de construire une relation avec son audience

Cette raison est la plus importante. 

Avec mes mails, je peux parler directement avec les personnes qui me suivent. Je prends le temps de construire une relation durable, basée sur la confiance et la valeur que j’essaie d’apporter. 

Chaque semaine, près de la moitié de mes abonnés ouvre mes emails. Je les encourage au maximum à me répondre et à engager la discussion avec moi.

taux d'engagement newsletter mailchimp

Cela donne lieu à de belles rencontres et me permet de mieux cerner le profil de personnes intéressées par mon travail. 

Lorsque j’ai publié mon premier livre, en décembre 2017, j’ai pu m’appuyer sur le début de liste que j’avais construite pour le diffuser. J’ai pu informer les quelque 300 personnes qui s’étaient intéressées à mon travail qu’il était disponible. 

Aujourd’hui, ma liste compte 650 personnes et grandit chaque semaine.

C’est mon asset le plus important. Celui qui possède le plus de valeur. Quoi qu’il se passe, je sais que je la “posséderai” toujours. C’est également la chose la plus difficile à construire, qui demande beaucoup de temps et de travail.

Comment j’ai obtenu mes 500 premières adresse email

Voici l’historique détaillé de la construction de ma liste email, depuis le début. 

Je publie mon premier article sur Medium en février 2016. Je n’ai aucun formulaire de capture d’adresses email et ne possède aucune idée de leur importance.

Je publie régulièrement, jusqu’en juin 2017, date à laquelle je me décide d’écrire mon premier livre. 

Je commence à avoir un joli nombre de followers sur Medium, mais ce chiffre n’a aucune utilité (Medium met mal en avant le contenu des personnes que l’on suit). Je comprends que je dois aller plus loin et c’est à ce moment que je réalise l’importance de me construire une liste email et de développer mon audience.

J’ajoute donc un formulaire de capture au bas de mes articles, pour inviter mes lecteurs à me laisser leur contact. Le message n’est pas encore au point, mais c’est un premier pas. Voici à quoi cela ressemblait :

formulaire capture email

Je publie au rythme d’un article par semaine. Pour leur promotion, je vais au plus simple : je partage mes articles sur mes réseaux sociaux, ainsi que dans des groupes Facebook avec une audience affinitaire. Certains marchent très bien et me rapportent plusieurs dizaines d’abonnés d’un coup. 

Chaque dimanche, j’envoie mon article de la semaine sous forme de newsletter à ceux qui me laissent leur email. Ils sont d’abord quelques dizaines, puis une petite centaine. 

La stratégie fonctionne. Mais j’aimerais aller plus vite. 

Pour les besoins de mon livre, je réalise 4 interviews. J’en publie des extraits sur mon compte Medium. Elles sont repartagées par les personnes interviewées (Jean de la Rochebrochard, Onur Karapinar, Hector Balas et Thomas Despin) et me permettent de toucher une nouvelle audience. Je continue à collecter des emails. 

Décembre 2017 : 6 mois après la mise en place de mon premier formulaire de capture au bas de mes articles, ma liste atteint les 300 abonnés. Je m’apprête à publier mon livre ; c’est une bonne base, sur laquelle je peux m’appuyer pour communiquer. 

Chose que je n’avais pas anticipée : plusieurs abonnés me proposent leur aide pour mon livre. Je trouve un graphiste pour la couverture par ce moyen, ainsi que divers soutiens. 

Après la publication de mon livre, je fais une petite pause. Je reprends les articles sur un rythme régulier à l’été 2018.

Jusqu’au mois de décembre 2018, je continue à publier sur mon compte Medium. J’ai accumulé 1 500 followers sur Medium et j’ai envie de capitaliser sur ce chiffre. 

followers blog medium valentin decker

 

Le nombre d’abonnés à ma newsletter continue d’augmenter, mais à un rythme que je trouve un peu trop lent.

Début décembre 2018, je prends la décision de quitter Medium. La plateforme me rapporte peu de trafic organique (malgré mes 1 500 followers), l’expérience de lecture se dégrade, la communauté française y est de moins en moins active et j’ai envie de me créer mon univers à moi.

Je me concentre désormais à 100% sur ce blog. 

Même si mes articles génèrent moins de trafic (à l’inverse de Medium, il est très difficile de tomber sur mes articles ou mon blog par hasard), celui-ci est plus qualifié. Les lecteurs passent davantage de temps sur mon site, ils se baladent chez moi. Et la croissance de ma liste email s’accélère. 

Je parviens beaucoup mieux à transformer mes visiteurs en abonnés à ma newsletter.

Si je fais un rapide calcul, en mai 2019, j’ai obtenu 1 700 visiteurs uniques sur mon site et récolté 40 adresses email. Cela me donne un taux de conversion qui se situe entre 2 et 2,5%.

(En réalité, ce taux de conversion est un peu supérieur : je ne discrimine pas les visiteurs dont je possède déjà l’email et dans les 40 nouveaux, je retire les quelques personnes qui se désinscrivent de ma liste.)

Au moment où je publie cet article, ma liste email grandit au rythme d’1 ou 2 nouveaux abonnés par jour. J’approche des 650 adresses email.

faire grandir liste email blog

Si ce site convertit mieux, c’est également parce que je peux être un peu plus insistant dans la collecte de mes emails. Sur Medium, je n’avais qu’un formulaire au bas de mes articles (et parfois au début). Sur mon site :

  • J’ai un formulaire au bas de mes articles

formulaire capture email articles

  • J’ai un formulaire sur ma page d’accueil

formulaire capture d'email homepage

  • J’ai une pop-up qui se déclenche au bout de quelques secondes de lecture 

Popup capture email

  • J’ai une pop-up d’exit-intent : en théorie, dès qu’une personne approche sa souris de la croix pour fermer la page, la pop-up se déclenche (elle ne fonctionne pas toujours très bien d’ailleurs)

L’enjeux est de ne pas être trop insistant et de garantir une bonne expérience de lecture pour le visiteur qui ne souhaite pas me laisser son email. 

Je dispose également de plus de libertés en termes de message et de ce que je peux offrir en échange de l’adresse email de mon visiteur. J’ai essayé de nombreuses choses :

  • “Laissez-moi votre email et ne manquez aucun article”
  • “Laissez-moi votre email et soyez au courant de la sortie de mon livre”
  • “Laissez-moi votre email et je vous envoie une liste de 7 lectures sur l’entrepreneuriat”
  • “Laissez-moi votre email et recevez un ebook pour développer votre créativité”

Les stratégies efficaces pour récupérer des adresses email

Vous souhaitez construire votre liste email de zéro ? Voici les stratégies qui fonctionnent et que je recommande.

Avec davantage de méthode, vous pouvez aller bien plus rapidement que moi.

1. Demandez-vous pourquoi ils voudraient s’abonner 

Mettez-vous à la place de vos lecteurs.

Pourquoi devraient-ils vous laisser leur adresse email ? Quelle valeur vont-ils en retirer ?

Dans la construction de votre liste, ne pensez pas à votre intérêt personnel. Pour vous, votre newsletter a une valeur importante. Mais votre lecteur s’en moque. Il a besoin de savoir ce qu’il va en être pour lui et les bénéfices qu’il va en retirer. 

Est-ce qu’il va y trouver des articles, un angle ou un point de vue unique ?

Est-ce qu’il va y trouver du contenu exclusif ? Des ressources rares, difficiles d’accès ?

Est-ce qu’il va avoir accès à des offres qu’il ne pourrait pas trouver ailleurs ?

Est-ce que vous allez l’amener dans les coulisses de votre processus de création ? 

Est-ce qu’il va se sentir plus intelligent après la lecture de votre newsletter ? Est-ce qu’il y trouvera des anecdotes à raconter à ses amis pour briller en société?

Votre newsletter doit être capable d’exister à elle seule, sans objectif ni arrière pensée différente de celle d’aider votre communauté et de créer un lien avec les gens qui vous suivent.

Ce n’est pas simple, surtout quand on se lance, mais c’est le premier niveau de réflexion à avoir.

2. Créez du contenu sur une thématique précise

On s’abonne à la liste email d’un créateur parce que l’on souhaite être tenu au courant de son travail et de ses projets. Si ce que vous créez est utile et de bonne qualité, le lecteur va en vouloir davantage. 

Le contenu (texte, vidéo, podcast, etc) est une bonne manière de créer un rendez-vous. C’est un excellent prétexte pour entretenir une hygiène de communication régulière.

Si vous créez du contenu sur une thématique précise, c’est encore mieux. Vous attirez des abonnés ciblés, qui savent à quoi s’attendre. Plus votre positionnement est clair et marqué, plus cela a de vertus :

  • votre message parle aux visiteurs qui cherchent précisément ce type de contenu 
  • en ne traitant qu’une seule thématique, vos connaissances augmentent rapidement et vous êtes considéré comme une référence dans celle-ci
  • vous avez davantage de chances de générer du bouche-à-oreille 
  • vous avez moins de “concurrence” et vous pouvez plus facilement vous démarquer

C’est un point important, sur lequel je peux bien m’améliorer.

À l’heure où j’écris ces lignes, je suis dans une phase d’exploration. Je ne cherche pas à me restreindre à un seul type de contenu ou sujet. J’écris sur l’entrepreneuriat, le “dev perso”, mes lectures, l’écriture, le processus créatif ou le marketing. Les thèmes que je traite n’ont pas de lien évident entre eux.

Je cherche des gens attirés par mes idées, plutôt que par une thématique spécifique (exemple : le marketing sur Instagram). Ce n’est pas une bonne pratique et cela demande énormément de temps. Si vous souhaitez construire rapidement votre liste email, je vous conseille plutôt d’attaquer une niche précise et d’y concentrer vos efforts.

3. Commencez votre liste avant d’en avoir besoin.

Encore une fois, votre newsletter doit d’abord apporter de la valeur à vos lecteurs. Montrez-leur que vous n’êtes pas là pour leur vendre vos produits. 

Le pire moment pour commencer à construire votre liste email est de le faire quand vous en avez besoin. Vous aurez la pression de la monétiser au plus vite et ne prendrez pas le temps pour bâtir une vraie relation.

Plus vous commencez tôt et plus vous pouvez la laisser grandir, sans attente particulière de votre part. 

On ne plante pas un arbre parce que l’on a besoin de ses fruits dans les jours ou semaines à venir. Avant d’en retirer quoi que ce soit, on doit attendre une dizaine d’années. Il faut lui porter de l’attention. Lui laisser temps de faire ses racines, de prendre de la hauteur et de faire bourgeonner ses fleurs. On en récoltera les fruits bien plus tard. 

Même si vous ne savez pas encore à quoi votre newsletter vous servira à l’avenir, commencez à la construire dès maintenant.

4. Créez des lead magnets (contenus additionnels) 

Proposer simplement au lecteur de s’abonner pour le tenir au courant de vos nouveaux contenus est un bon début. Mais ce n’est pas suffisant.

Son temps et son attention sont précieux. Il est certainement exposé à des formulaires de capture d’emails plusieurs fois par jour. Sa boîte email est remplie de newsletter qui attendent d’être lues. Pourquoi s’inscrirait-il à la vôtre ? Il faut lui donner une raison supplémentaire de laisser son email. Lui proposer quelque chose en retour. 

Certains sites e-commerce offrent par exemple des réductions immédiates sur leur e-shop en échange de l’adresse email de leurs visiteurs.

lead magnet email e-commerce

Il existe énormément de possibilités :

  • vous pouvez offrir un contenu exclusif. Par exemple, si vous possédez un podcast, vous pouvez enregistrer un épisode bonus et le rendre accessible uniquement en échange d’une adresse email
  • Vous pouvez offrir une sélection de vos meilleurs contenus au format PDF
  • Vous pouvez offrir un accès en avant-première à votre prochain produit
  • Vous pouvez offrir un accès à une communauté privée. Un groupe Facebook ou Slack, par exemple
  • Vous pouvez offrir la première partie du livre que vous publiez
  • Vous pouvez lui offrir un cours gratuit par email ou en vidéo. C’est ce que l’on fait beaucoup chez LiveMentor et ça fonctionne bien

Voici ce que je propose sur mon site, pour les articles qui ne sont pas en rapport avec mon projet de second livre :

Soyez créatif, il n’y a aucune limite. Essayez-en plusieurs et conservez les lead magnets qui fonctionnent le mieux.

Plus ce que vous offrez a de la valeur, plus votre visiteur vous donnera facilement son adresse email.

5. Soyez régulier et multipliez les touches

En e-commerce, on dit qu’un visiteur ou un prospect doit être exposé 7 fois à un message avant de passer à l’achat. 

Sans aller aussi loin, imaginez votre stratégie de capture d’emails de la même manière. 

Il y a peu de chance qu’un visiteur vous donne son adresse email dès la première visite sur votre site ou vos articles. 

Soyez consistant. Soyez régulier. Multipliez les points de contacts. Offrez sans cesse de nouvelles opportunités à vos lectures de s’abonner. 

Montrez-leur que vous publiez de nouveaux contenus chaque semaine. Donnez-leur envie de ne pas les manquer et de s’embarquer dans l’aventure avec vous.

6. Ce n’est pas tout d’obtenir des adresses emails…

Il existe de nombreux hacks pour récupérer des adresses email plus rapidement. Vous pouvez exporter vos contacts LinkedIn. Vous pouvez récupérer ou payer des bases emails existantes. 

Mais j’insiste sur l’importance d’obtenir des abonnés qualifiés.

Rien ne vaut un abonné qui s’est inscrit de son plein gré et qui s’attend à recevoir votre contenu chaque semaine. C’est ce que vous devez viser. Quitte à ce que votre liste grandisse moins rapidement. Chaque abonné aura d’autant plus de valeur. 

Gardez également en tête que le nombre de personnes sur votre liste email n’est pas une finalité en soi. C’est le point de départ d’une relation. 

Une fois inscrit, vous devez accueillir chaque abonné de la meilleure manière possible. À ce sujet, je vous recommande cet article : Comment bien onboarder un nouvel abonné à sa newsletter ?

7. Inspirez-vous des meilleures newsletters

Le réel travail se fait ensuite, à chaque nouvelle newsletter que vous envoyez. Vous devez donner envie à vos lecteurs de continuer à vous suivre chaque semaine. Vous devez lui apporter de la valeur, lui donner envie de rester abonné et de la partager..

Pour écrire une bonne newsletter, il n’y a rien de mieux que de s’inspirer des meilleures. 

Voici celles que je préfère :

  • La newsletter de David Perell, “Monday Musings”. Perell envoie un email tous les lundis, avec ses réflexions et toutes les choses intéressantes qu’il a apprises. Il écrit d’excellents articles. Je recommande également de le suivre sur Twitter.
  • La newsletter de Ryan Holiday. Holiday envoie deux types de newsletter. Une recommandation mensuelle de lecture, toujours passionnante et remplie de pépites. Ainsi que les derniers articles qu’il rédige, de temps en temps. 
  • La newsletter de Tim Ferriss. Doit-on encore le présenter ? Ferriss envoie un condensé de ressources sur l’entrepreneuriat et le développement personnel, sous forme de bullet-points, tous les vendredis.
  • La newsletter d’Andrew Chen. Très axé startup, entrepreneuriat, growth et Silicon Valley. Chen partage les longs essais qu’il écrit. C’est passionnant, brillant et très bien documenté. 

Ces exemples enseignent deux choses : 

1. Il n’y a pas de modèle type pour une newsletter réussie. Format long. Format court. Bullet-points. Recommandations. Contenu personnel. Il n’y a pas de règle. Appropriez-vous un format. Faites-en votre marque de fabrique. 

2. Seul le fond est important. À moins que vous ne soyez graphiste ou designer (et encore), l’aspect visuel de votre newsletter n’a aucune importance. Concentrez vos efforts à délivrer le meilleur contenu possible pour vos lecteurs.

Quels outils pour construire votre liste email ?

1. Centraliser votre liste et envoyer des emails

J’utilise Mailchimp.

Quand j’ai créé mon compte, il y a 3 ans, l’outil permettait de faire énormément de choses gratuitement.

Aujourd’hui, certaines options proposées par Mailchimp, comme le fait de pouvoir créer plusieurs sous-listes, sont devenues payantes. Je n’utilise pas cette option, donc cela ne me pose pas de problème.

Je n’ai jamais payé 1 centime pour collecter des emails ou envoyer ma newsletter hebdomadaire. 

Si vous souhaitez faire comme moi, à savoir :

  • regrouper vos adresses emails dans un seul outil
  • envoyer un email en quelques clics à toute votre liste
  • avoir des statistiques (taux d’ouverture, de clics, désinscriptions, etc) en un coup d’oeil
  • avoir des intégrations avec pratiquement tous les autres outils marketing (WordPress, Shopfiy, etc)
  • le tout accessible gratuitement, via une interface intuitive et simple à comprendre

Mailchimp est un outil parfait, qui répond pleinement à ces besoins.

2. Les outils pour collecter des adresses email

Il existe de nombreux outils différents pour capturer les adresses email de vos visiteurs.

Dans la plupart des cas, l’outil que vous utilisez pour centraliser votre liste vous donne également la possibilité de collecter des adresses email. 

  • Mailchimp 

Mailchimp me permet de créer une page que je peux customiser, ainsi que de générer un petit bout de code que je mets sur mon site et qui est directement relié à ma liste.

formulaire capture d'email homepage

  • Upscribe

Upscribe est un outil de capture très utilisé sur Medium. Je l’utilise pour générer le formulaire que je mets sous mes (feu) articles Medium. 

formulaire capture email

Pourquoi Upscribe ? Car il s’intègre particulièrement bien avec Medium. Il suffit de copier / coller le lien du formulaire à l’endroit désiré et l’intégration se fait automatiquement. 

Ensuite, il faut paramétrer Upscribe pour stocker les adresses collectées sur l’outil que vous utilisez (pour moi, Mailchimp).

  • Hustle

Hustle est un plugin WordPress qui me permet de gérer les pop-ups de mon site (exit-intent et apparition au bout de quelques secondes, que j’évoque plus haut).

Je ne suis pas satisfait à 100% de l’outil, j’ai l’impression qu’il ne fait pas exactement ce que je lui demande.

Je sais que Sumo est un bon plugin pour créer facilement des pop-ups sous WordPress ; il y a des chances que je change prochainement.

 

Voilà, j’ai essayé d’être le plus complet possible sur la construction d’une liste email. S’il vous reste des questions, on en discute dans les commentaires de l’article !

Ah, et dernière chose. Si ce contenu vous a plu, n’hésitez pas à me laisser votre adresse email. 😁

 

Comment promouvoir son livre : « Devenir Remarquable à l’ère Numérique » 

Comment promouvoir son livre : « Devenir Remarquable à l’ère Numérique » 

// Ceci est un article invité, proposé par Olivier Morel, auteur et fondateur de publiersonlivre.fr, site
dédié à l’auto-édition et à la promotion de livres. //

Je côtoie des dizaines d’auteurs au quotidien. Tous cherchent à promouvoir leur livre et avoir plus de lecteurs. J’essaye de les aider du mieux possible. Et par-dessus tout, j’aime que ceux qui réussissent et partagent leurs bonnes pratiques.

C’est ce qu’a fait Valentin dans cet interview.

A mon tour, je voudrais apporter ma pierre à l’édifice, ajouter des informations utiles à ceux qui souhaiteraient publier leur livre, et avoir des lecteurs, en nombre.

Le positionnement du livre et de l’auteur

Le premier pilier de l’auteur à succès, c’est le positionnement de son livre et de l’auteur lui-même.

Sur ce sujet, pas de tabous, un livre est un produit, qu’il s’agit de proposer à ceux qui ont le plus de chances possibles de devenirs des lecteurs. En la matière, il faut être efficace.

Le positionnement, c’est : pour qui j’écris ? Quelles sont les caractéristiques de mon livre ? Quel est le bénéfice à la lecture ?

Et cela est valable pour les livres de fiction autant que la non-fiction, pour laquelle cela semble plus évident.

A ce titre, le prix du livre de Valentin est particulièrement intéressant : 4 € en e-book et 11,5 € en format papier. On est bien loin des prix des éditeurs traditionnels, qui positionneraient le même livre à 8 € en e-book et 20 € en papier. C’est garanti.

L’auteur indépendant doit rester modeste, et accepter que le livre d’un auteur ayant moins de notoriété, soit positionné moins cher.

Je vois trop d’auteur se plaindre de leurs ventes, alors que le prix est de 18 ou 19 € …

Le positionnement doit aussi se retrouver dans la couverture. Le genre littéraire, l’atmosphère, les émotions (ou les bénéfices en non-fiction) doivent apparaître clairement et au premier coup d’œil.

 

La crédibilité de l’auteur

Le deuxième pilier de l’auteur à succès, c’est la crédibilité.

Être crédible, c’est rassurer, donner confiance.

Pourquoi les gens achèteraient-ils mon livre ? Pourquoi moi et pas un autre ? Suis-je rassurant ?

Valentin le dit lui-même : « J’ai rapidement compris qu’il fallait que j’ajoute de la crédibilité à mon ouvrage. »

La crédibilité passe par plusieurs points. De manière non-exhaustive :

  • Construire une communauté : tout comme chacun préfère aller dans les restaurants où il y a déjà du monde, les lecteurs préfèrent lire « ce dont on parle ».

    Cette influence sociale est réplicable par tout auteur qui s’en donne les moyens. La communauté, les « early-adopters », c’est le ciment de la promotion. C’est un socle dur, sur lequel s’appuyer. Chaque personne de la communauté peut être relais.

  • Pousser la co-promotion : rien de tel que d’être recommandé par un autre auteur, quelle que soit sa notoriété. La co-promotion, c’est lorsqu’un autre auteur parle de vous ou de votre livre, sur ses réseaux sociaux ou ses moyens de communication. Un auteur très connu : un boost de notoriété. Un auteur peu connu : une mise en relation avec une autre communauté, petite mais bien définie.
  • Augmenter son nombre de commentaires : « Ensuite, dès qu’une personne me contactait après la lecture de mon livre, je lui demandais de me laisser un commentaire » me dit Valentin. Bravo. Les commentaires sont un excellent argument de vente et il faut les solliciter. Bien sûr, on ne triche pas avec de faux commentaires sur de faux comptes. Amazon voit tout, et black-liste les comptes et parfois le livre.

 

Réussir avec les influenceurs et les blogueurs

Les influenceurs et les blogueurs critiques de livres sont un sujet délicat. Ils disposent de peu de temps et ont beaucoup de sollicitations.

Pour réussir et décrocher des articles ou des mentions dans les réseaux sociaux, il faut s’y prendre correctement :

  • On ne contacte pas un blogueur ou un influenceur de but en blanc, en lui demandant de parler de son livre.
  • A l’inverse, on lit les articles et on se renseigne sur chaque personne. On se renseigne en amont, idéalement avant la sortie de son livre. Puis on démarre une relation, en échangeant sur un sujet précis, cher à cet influenceur, on dialogue, de manière désintéressée.
  • Eventuellement, on s’appelle, on rend service, on se déplace à un évènement, à un salon pour rencontrer la personne (oui, oui).
  • Lorsque la relation est suffisamment bien ancrée, on peut amener son projet de livre, parler de la thématique.
  • Si la relation est bonne, la proposition de coup de pouce de la part du blogueur viendra d’elle-même.

A long terme, cette démarche a beaucoup plus de poids et de portée qu’une approche opportuniste et ponctuelle.

 

Valentin, si j’étais-toi 😄

> Je publierais un autre livre, sur une thématique connexe. Le meilleur moyen de vendre son premier livre, c’est d’entretenir en vendant un deuxième ! 
(Valentin : Cela tombe bien ! Je travaille justement sur mon deuxième)

> Je diffuserais mon livre sur les autres librairies en ligne, au moins au format ebook (fnac.com, Google Play, iBooks …). D’autres lecteurs se trouvent sur ces plateformes. Les auteurs que je côtoie augmentent leurs vente de 10 à 30 % sur ces plateformes.

> Je tirerais le concept sur d’autres formats : livre audio, conférences, webinars. La force d’un auteur non-fiction est d’avoir un contenu, un actif, qu’il peut valoriser sous d’autres formes. C’est vraiment une chance.

> J’ajouterais des bonus à mon livre, en proposant au lecteur de télécharger le bonus (un contenu premium, une vidéo …) en échange de son e-mail. Peut-être l’as-tu fait depuis, mais cela reste une bonne pratique. Collecter les e-mails de ces lecteurs permet de garder le contact, et d’envisager d’autres choses pour l’avenir.

 

 

J’écris mon nouveau livre, en public.

J’écris mon nouveau livre, en public.

Publier un livre est un challenge que je trouve particulièrement excitant.

D’un côté, il y a le processus d’écriture. Plaisant, mais aussi long et difficile. j’aime me retrouver seul dans le noir chez moi, pour écrire et rendre mes idées concrètes. Je me sens comme seul contre le monde.

De l’autre, il y a la partie Marketing et vente d’un produit physique. L’enjeu est de se faire connaître et de diffuser mon livre au maximum, sans moyens : ni éditeur, ni grosse audience, ni moyens financiers.

Je trouve ce double challenge très excitant et j’éprouve une certaine satisfaction à tout faire moi-même. 

Depuis plusieurs mois, je prépare donc mon projet d’écrire un nouveau livre.

Si vous souhaitez découvrir l’envers du décor, je vous invite à me laisser votre email juste ici.

 

 

Je m’intéresse aux personnes qui développent des projets créatifs : montent un blog, créent un podcast, développent une chaîne Youtube, font de la musique, etc. À ceux qui mènent des projets qui se situent à la frontière entre :

  • le fait de faire des choses pour soi, par intérêt et plaisir créatif
  • et le fait de faire des choses pour les autres, pour résoudre un problème
Je me suis rendu compte que la majorité de ces créateurs sont victimes des mêmes mythes, traversent la même chose et affrontent le même ennemi : eux-mêmes. Et comme pour n’importe quel voyage, il faut s’équiper d’une bonne boussole.
 
L’ambition du livre que j’écris est justement d’être cette boussole.
 
Dans cet article, j’aimerais détailler la méthode et la stratégie qui vont me permettre de donner vie à ce livre : l’écrire en public.
 

Un processus transparent

Comment écrire un livre ? Comment imaginer le scénario d’un film ? Comment composer une chanson ?
 
Trop peu de créateurs partagent leur processus et les méthodes qu’ils emploient.
 
À moins de côtoyer ce type de personnes, il est difficile de trouver des exemples et des inspirations. 
 
On ne sait pas par où commencer. On ne connaît pas les étapes importantes et les pièges à éviter. On ne sait pas s’il faut prendre de la drogue.
 
J’aimerais remédier à cela, à mon échelle.
 
C’est déjà quelque chose que j’avais essayé de faire pour l’écriture de mon premier livre.
 
Mais cette fois, je souhaite encore aller plus loin.
 
Je veux pouvoir partager mon processus créatif de manière la plus transparente possible.
 
Je veux allumer la lumière dans cette pièce habituellement sombre qu’est l’envers du décor.
 
Je veux pouvoir embarquer mon (futur) lecteur dans cette aventure. Dans mon expédition créative.
 
Pour cela, j’ai créé une page, sur laquelle je présente en détail ce projet de livre.
 
Surtout, une page sur laquelle je vais publier chaque semaine, une nouvelle partie de mon livre.
 
J’ai plusieurs idées en tête et j’imagine d’autres supports : des vidéos Youtube, des Lives sur Twitch, peut-être une mini-série de podcasts.
 
Je compte également partager pas mal de choses sur mon Twitter et mon Instagram.
 

Pourquoi ce fonctionnement ? 

Inspirer & obtenir des feedbacks

Mon objectif est de construire un livre réellement utile pour tous ceux qui souhaitent créer et se lancer dans une aventure créative. 
 
Je veux impliquer mes lecteurs dans chacun des choix que je fais pour ce livre. Aussi bien dans l’angle que je prends, dans son processus d’édition, que sur le choix du titre et de la couverture.
 
L’idée est de tout partager au fur et à mesure pour échanger avec vous et obtenir vos feedbacks, afin de l’améliorer.
 
Et si, au passage, je peux inspirer un maximum de personnes à se lancer dans une aventure similaire, j’en serais très heureux !

Combattre la Résistance

M’engager publiquement à sortir un livre et à en écrire une partie chaque semaine est également une manière de me tenir responsable. De me forcer à avancer quoi qu’il arrive et de ne pas me trouver d’excuses.

Mon cerveau tente déjà tout ce qu’il peut pour me détourner de mon travail :

  • La flemme
  • La fatigue
  • La procrastination
  • La recherche de gratifications instantanées
  • Les doutes sur la qualité de mon travail
  • La peur du jugement

À moi d’utiliser les bonnes tactiques pour l’empêcher d’arriver à ses fins et pour donner vie à ce projet. Celle-ci en est une.

Attirer davantage de curieux

Écrire mon livre seul dans mon coin et l’annoncer uniquement le jour de la sortie serait une erreur.

Personne ne me connaît et je ne dispose d’aucun moyen particulier pour le diffuser.

En rendant le processus de construction de ce livre public, je m’offre une chance d’attirer des curieux et de rassembler des gens intéressés par le sujet que je traite.

C’est un moyen de générer de l’intérêt autour de mon livre. Depuis que j’ai commencé à écrire sur Medium, en 2016, je construis une base email de gens intéressés par mon travail.

Ce mode de fonctionnement va me permettre d’enrichir cette liste, de continuer à construire mon audience et de déclencher toujours plus de conversations.

Si vous voulez suivre les coulisses de l’écriture et de la publication de ce livre, laissez-moi simplement votre email et rendez-vous sur cette page.

 

Comment construire un produit avec sa communauté ? L’exemple de Product Hunt

Comment construire un produit avec sa communauté ? L’exemple de Product Hunt

Product Hunt est un cas d’école de projet qui s’est développé grâce à sa communauté.

Le site permet aux utilisateurs de partager et de découvrir de nouveaux produits, essentiellement dans l’univers tech. Il dispose d’un système de vote et de classement pour récompenser les produits les plus plébiscités.

Aujourd’hui, l’utilité de Product Hunt est évidente.

Mais ce n’était pas le cas au début. C’est typiquement le genre de bonne idée difficile à mettre au point et qui reste… au stade de l’idée. 

Il faut parvenir à créer une habitude chez les gens et à construire une communauté assez engagée pour que suffisamment de nouveaux produits d’excellente qualité soient partagés tous les jours.

Pourtant, Product Hunt s’est imposé comme un site incontournable.

Pour de nombreuses personnes travaillant dans la Tech, Product Hunt est l’un des premiers onglets à ouvrir le matin.

Pour les entrepreneurs et Marketeurs qui lancent de nouveaux produits, c’est un passage obligatoire. C’est devenu le premier élément à placer sur son calendrier de lancement.

Des dizaines d’articles et de guides ont été écrits pour expliquer comment bien y réussir son lancement.

Le site est également devenu la figure de proue de la communauté des Makers, très active sur Twitter. Ils ont réussi à fédérer des milliers de personnes à travers le monde, qui partagent cette passion pour le fait de créer des projets et de faire des choses par soi-même.

Dans cet article, je vais essayer de répondre à deux questions :

  • Comment bien construire un produit avec sa communauté ?
  • Quelles leçons peut-on en tirer du succès de Product Hunt ?

La construction de Product Hunt 

Pour bien comprendre, prenons quelques minutes pour retracer l’historique de Product Hunt.

Product Hunt a été créé par Ryan Hoover, en 2013.

Dès le départ, Hoover fait le choix d’adopter une approche communautaire de la construction de son produit.

À la base, le produit n’existe uniquement au moyen d’une newsletter quotidienne. Hoover partage les produits qu’il trouve cool et invite ses amis à contribuer.

Cette newsletter permet de valider l’intérêt de la communauté Tech (celle qu’il souhaite cibler) pour son idée.

Ce n’est que plusieurs mois après, qu’il passe à l’étape suivante : construire un site pour matérialiser davantage le projet.

Il invite son premier cercle d’amis et de curieux à venir le tester.

Le site est basique et propose uniquement les fonctionnalités essentielles : on peut proposer son produit et voter pour ceux qui nous plaisent.

Quelques dizaines de personnes testent le site, donnent leurs feedbacks et permettent à Hoover de l’améliorer. Toujours en gardant à l’esprit de ne proposer que les fonctionnalités de base.

Hoover parle ensuite de son projet à ses contacts journalistes, ce qui lui permet d’obtenir quelques articles et d’attirer de nouveaux curieux sur Product Hunt. Hoover se charge de les onboarder et de les accueillir manuellement.

En parallèle, il blog et partage son aventure de manière transparente. Il écrit notamment un article dans lequel il explique comment il est parvenu à faire venir ses premiers 2 000 utilisateurs, en faisant uniquement des choses qui ne scalent pas.

Cette démarche de construction publique de Product Hunt permet d’impliquer les utilisateurs dans l’aventure, d’obtenir des feedbacks ultra-qualifiés de la part de sa communauté et de générer de l’attention autour ce qui est en train de se construire.

En 2014, un an après sa création, Product Hunt lève $6,1 million et compte 9 salariés.

Hoover et Product Hunt continuent de faire des choses qui ne scalent pas, pour souder et fédérer la communauté : ils envoient des produits et cadeaux à leurs utilisateurs, ils organisent des brunchs à San Francisco (lieu de naissance de Product Hunt), et s’appuie ensuite sur leur communauté pour organiser des meetups à travers le monde entier.

Le produit est excellent et répond à un vrai besoin. Les utilisateurs de Product Hunt en parlent autour d’eux et bloguent sur leur expérience avec la plateforme.

En 2016, le projet qui a démarré au moyen d’une simple newsletter, est racheté par AngelList pour 20 millions de dollar. 

Aujourd’hui, le site génère plus de 9 millions de visiteurs mensuels et envoie plus d’1 million d’emails par jour.

succès product hunt communauté

Product Hunt est une réussite phénoménale.

Quelles leçons retenir de ce succès ? Comment s’en inspirer pour construire sa communauté ?

1. Un vrai MVP ne nécessite aucune technique

Quand on pense à créer un Produit Minimum Viable (MVP) pour son projet, on imagine devoir créer son site ou son App uniquement avec quelques fonctionnalités de base.

Mais on place déjà la barre trop haute !

Un MVP sert à tester rapidement son idée et l’intérêt de sa cible. Dans la majorité des cas, cela peut être fait de manière très rudimentaire, avec des bouts de ficelle.

Pour Product Hunt, créer un site avec un système de classement et de vote aurait déjà été trop sophistiqué et complexe.

Le moyen le plus basique pour tester leur idée était d’envoyer un email avec une sélection des meilleurs produits du moment :

  •  Aucun développement technique n’est requis
  • C’est gratuit
  • Cela prend quelques minutes à mettre en place
  • L’intérêt des gens est directement mesurable

Product Hunt s’est lancé au moyen de l’email. Mais ils auraient très bien pu créer un groupe Facebook, une conversation Whatsapp ou un groupe sur Slack. Peu importe.

L’important, c’est que la proposition de valeur soit claire et simple à comprendre.

MyLittleParis a commencé en partageant les bons plans à découvrir, à Paris. Comme Product Hunt, l’aventure a démarré par une simple newsletter, envoyée à quelques amis. Quelques années plus tard, ils se sont fait racheter par AuFeminin.com pour plusieurs dizaines de millions d’euros.

Menu Next Door proposait aux particuliers de commander des plats concoctés par leurs voisins. Plutôt que de construire une App ou un site avec un système complexe de réservation et d’attribution de commandes, ils ont simplement commencé par un groupe Facebook. Ils ont utilisé la meilleure approche pour tester leur idée et acquérir leurs premiers utilisateurs.

Ryan Hoover a d’ailleurs récemment écrit un excellent article sur la tendance du “no code” : il est devenu simple de créer un produit complexe, sans toucher à aucune ligne de code. 

“These tools are reducing the amount of time and coding expertise required to translate an idea into something people can use. You no longer need to become a programmer to build things on the internet, empowering a new wave of makers from different backgrounds and perspectives.”

2. Construire et impliquer sa communauté

À chaque étape du développement de Product Hunt, Ryan Hoover veille à impliquer sa communauté :

  • Il proposait à ses amis de partager les produits qu’ils préféraient, dans la newsletter initiale
  • Lorsqu’il a mis au point la première version de son site, il invitait une poignée d’amis à le tester pour lui faire des retours et lui permettre de l’améliorer
  • Hoover onboardait manuellement les centaines de premiers utilisateurs de son site pour leur souhaiter la bienvenue, transmettre les messages importants et assurer une expérience exceptionnelle
  • Le produit en lui-même est extrêmement communautaire : n’importe qui peut soumettre sa création et voter pour celles qui l’intéressent

Product Hunt communauté feedbacks

Hoover a méticuleusement sélectionné les premiers membres de sa communauté. 

Il connaissait chacun des premiers beta-testeurs de son produit : entrepreneurs, fondateurs de startups et investisseur.

Cela lui a permis de donner le ton sur le type de communauté qu’il souhaitait construire et le genre de personnes qui en fait partie. 

L’esprit d’une communauté reflète la personnalité et les valeurs de ses premiers membres.

3. Le choix d’une niche que Ryan Hoover connaissait sur le bout des doigts

Product Hunt ont réussi à rassembler un groupe de makers passionnés et d’early adopters qui adorent être à la pointe et connaître les derniers produits Tech cool. Ils ont créé un produit avec une valeur simple, qui collait parfaitement aux attentes de cette niche.

Ce n’est pas un hasard.

Hoover possédait une excellente connaissance de ce marché. Il y baignait depuis plusieurs années et a occupé plusieurs postes liés à la conception de produits, dans des startups de la Silicon Valley financées par des fonds d’investissements.

Il savait où il mettait les pieds. Il savait quel type de produit allait plaire à cette audience.

C’est un point important ; j’y reviens dans la conclusion.

4. Créer de l’engouement avant la sortie du produit

Le Marketing d’un produit doit être pensé dès la première brique de celui-ci. 

La méthode traditionnelle consiste à passer plusieurs semaines à construire un site fonctionnel, pour ensuite investir dans le Marketing, se demander comment acquérir du trafic et convertir ses visiteurs en client.

Cette méthode fonctionne sous plusieurs conditions, donc celle d’être capable d’investir des sommes importantes dans les canaux payants d’acquisition (Facebook Ads, Adwords, etc).

Mais ce n’est pas la plus efficace. Les utilisateurs acquis au moyen de canaux payants sont moins engagés. Il est plus difficile de construire un sentiment de communauté avec eux. Ces personnes sont venues via une publicité. Dès qu’elles en verront une meilleure ou que le produit ne répondra plus entièrement à leurs attentes, elles iront voir ailleurs.

Dès le départ, Hoover a pris une position inverse, en construisant le produit en public et en impliquant sa communauté.

Cette méthode est plus difficile à mettre en place. L’effort initial est plus manuel et laborieux.

Il n’y a pas encore de produit et les gens n’en retirent pas une valeur immédiate. On attire uniquement son cercle proche et les personnes les plus motivées.

Mais cette méthode présente l’immense avantage de créer de l’attente et de l’engouement pour le produit en construction.

Des centaines de personnes sont au courant qu’il va arriver, avant même son existence. Cela les rend impatients et leur donne envie de noter la date de lancement dans leur calendrier.

Le jour du lancement de Product Hunt, les 2 000 personnes de la communauté qu’Hoover avait construite en faisant des choses qui ne scalent pas, étaient prêtes.

“While building out your MVP, it’s important to start building out the distribution in parallel: A Twitter following, an email list, anything that’d help get the word” – Ryan Hoover

C’est la même chose pour un crowdfunding. Le sort de celui-ci ne se joue pas pendant les 3 ou 4 semaines de la campagne en elle-même.

Une campagne se gagne pendant les mois précédents. Il faut  créer sa communauté et rassembler ses premiers utilisateurs des mois ou des années à l’avance. Leur donner envie de suivre l’aventure et les exciter à l’idée du futur lancement.

Conclusion : Le succès de Product Hunt et de Ryan Hoover s’est construit bien plus tôt

Product Hunt est l’un des meilleurs exemples de produit construit grâce à une communauté engagée.

S’il y a une chose à retenir, c’est que Ryan Hoover ne s’est pas concentré sur des “hacks” pour trouver ses premiers utilisateurs. Il a pris le temps de créer des liens individuels avec les personnes qui allaient constituer sa communauté et de construire une offre qui correspondait réellement à leurs attentes.

Pendant longtemps, il n’avait aucun chiffre impressionnant de croissance sur lequel il pouvait se vanter. Mais il créait un terreau fertile pour une croissance saine, solide et durable.

L’aspect dont on parle un peu moins, c’est le parcours de Ryan Hoover, avant la création de Product Hunt.

Hoover ne s’est pas attaqué à un marché et un univers qu’il ne connaissait pas du tout.

Il possédait le profil parfait pour exécuter cette idée : il avait déjà passé une décennie dans l’univers de la Tech, s’était bâti une bonne réputation et avait noué des liens avec des personnes importantes de cet écosystème.

Ses premiers utilisateurs étaient tous des employés de startups importantes, des entrepreneurs reconnus et des investisseurs prestigieux de la Silicon Valley.

I reached out to Carmel DeAmicis, a reporter for PandoDaily. We met once before and the respect I earned guest writing on the popular tech publication helped me land a last minute meeting later that night” – Ryan Hoover

Grâce à son expérience, il savait précisément comment construire son produit, ce que le marché attendait et comment parler à ses premiers utilisateurs.

Product Hunt n’est pas le fruit de quelques bons choix, mais l’aboutissement d’un travail d’une décennie.

 

 

Comment bien onboarder un nouvel abonné à sa newsletter ?

Comment bien onboarder un nouvel abonné à sa newsletter ?

L’email est un moyen inégalé pour créer une relation directe avec sa communauté.

J’en parlais dans mon article expliquant pourquoi j’ai quitté Medium : contrairement à un visiteur ou un follower sur les réseaux sociaux, un email est quelque chose que l’on “possède”.

À chaque nouveau contenu que vous publiez, produit que vous proposez ou actualité en tout genre, vous pouvez envoyer une newsletter à votre liste email et être certains que vos abonnés en seront informés.

La liste email est le meilleur avantage compétitif à long terme à développer en tant que créateur. Littéralement, il s’agit de votre assurance chômage.

Il existe des dizaines et des dizaines d’articles expliquant comment récupérer davantage d’adresses email, le plus rapidement possible.

Mais aucun de ces articles ne parle de ce qu’il se passe ensuite, une fois que la personne a laissé son adresse email.

Aucun de ces articles n’explique comment accueillir (onboarder) au mieux cette personne.

L’onboarding est clef

Mettons-nous 30 secondes à place de la personne qui vient de s’inscrire à votre newsletter.

  • Elle est tombée par hasard sur un de vos articles
  • Elle l’a trouvé intéressant et s’est dit que votre blog / site était de qualité
  • Elle a laissé son email dans l’un des modules de capture de votre site
  • Elle reçoit un email de double optin pour lui demander si elle est bien humaine
  • Ensuite… plus rien. Au mieux, elle a reçu un email générique de la part de votre outil d’emailing (Mailchimp, Mailjet, etc)

Pas top comme expérience.

On peut faire beaucoup mieux.

L’onboarding d’un nouvel utilisateur (dans notre cas, un abonné à la newsletter) est une étape critique de tout processus Marketing.

C’est maintenant que tout se joue. Ils viennent de s’inscrire et désirent vous connaître. Vous avez l’occasion de véhiculer vos valeurs, de l’imprégner de votre marque, de l’éduquer à certains messages importants et de le préparer à la suite.

Je n’ai ni étude, ni “recherche sérieuse™” sous la main, mais il est certain que la manière avec laquelle se déroule l’onboarding de vos nouveaux abonnés, influe sur toute leur expérience future. Et leur rapport avec votre site / blog.

En tant que blogueur, la newsletter est un élément vital de votre activité : c’est le canal central de distribution de vos contenus.

Si vos lecteurs ne comprennent pas qui vous êtes, les emails que vous allez leur envoyer, ainsi que leur fréquence, cela démarre mal.

Personnellement, c’est un aspect que j’ai trop longtemps négligé. La lecture de “Dotcom Secrets” me l’a confirmé.

Début janvier, j’ai pris le temps d’y remédier.

Comment penser sa séquence d’onboarding ?

La base de la réflexion consiste à s’interroger sur les objectifs de cette séquence (une séquence est un enchaînement de mails automatisés). Ils peuvent être nombreux et différents :

  • On peut vouloir développer sa marque personnelle. Cela implique de parler de soi et de se positionner comme un expert de son domaine
  • On peut vouloir réaliser des ventes. Cela implique d’apporter de la valeur à ses lecteurs et de les faire rentrer dans des tunnels de vente
  • On peut vouloir générer des clients pour des missions en freelance. Cela implique de créer de la confiance avec son lecteur et de lui montrer des exemples de prestations faîtes pour des clients
  • On peut vouloir éduquer les lecteurs à une idée nouvelle. Cela implique de leur proposer du contenu qui va les prendre par la main et les amener à la conclusion recherchée

Dans mon cas, j’ai identifié plusieurs éléments importants à transmettre pendant cette période d’onboarding.

La première chose est de leur donner de la valeur avec certains bons articles que j’ai écrit. S’ils se sont abonnés à ma newsletter, c’est parce qu’ils sont intéressés par le Marketing, la créativité, l’écriture, ou l’Entrepreneuriat. Je les oriente donc vers mes meilleurs articles sur ces sujets.

Ensuite, j’explicite mon “why” et je donne du contexte à mes lecteurs : la raison pour laquelle j’écris régulièrement et ce que j’essaie d’accomplir. Je mets en avant ma singularité, je leur explique qui je suis pour les sensibiliser à mon histoire personnelle et les faire s’identifier à mon parcours. J’avais déjà écrit pas mal de contenu à ce sujet ; c’est le moment de le réutiliser.

Je clarifie également ma démarche et je leur explique le type d’emails qu’ils vont recevoir (et à quelle fréquence). Je mentionne mon approche du Marketing et de l’emailing, très inspirée de celle de Seth Godin, et leur signale qu’ils peuvent se désinscrire de ma liste email à tout moment. Mon objectif n’est pas d’obtenir le maximum d’emails, mais de posséder des emails de personnes vraiment intéressées par ce que je fais.

Enfin, j’essaie de parler subtilement de mon livre. Si j’ai correctement fait mon travail et que le lecteur s’identifie à mon parcours, alors il peut se dire que mon livre va lui apporter de la valeur.

Combien d’emails, sur quelle période de temps ?

Maintenant que l’on a réfléchi au contenu et aux objectifs de la séquence d’onboarding, intéressons-nous à sa forme.

Le nombre de mails à envoyer va dépendre de l’origine des personnes qui s’inscrivent.

Dans mon cas, ceux qui laissent leurs adresses emails ont déjà lu un de mes articles ou se sont déjà retrouvées sur mon site. Elles ont eu une première interaction avec mon contenu et ont délibérément laissé leur email pour en savoir plus et lire davantage d’articles. 

Cela simplifie mon travail d’onboarding. Je ne suis pas obligé de créer une séquence complexe et je peux aller à l’essentiel.

J’ai donc opté pour deux emails d’onboarding : le premier, immédiatement après l’inscription de la personne et le second, un jour plus tard.

Si les abonnés à ma newsletter venaient de la publicité, par exemple, j’aurais construit une séquence plus longue. J’aurais eu besoin de leur donner plus de contexte et de les qualifier “davantage” à mon contenu (quitte à perdre du monde en cours de route).

Une nouvelle fois, cela dépend également de votre objectif. Si vous souhaitez les éduquez à votre solution ou les faire rentrer dans des tunnels de vente, vous pouvez construire des séquences beaucoup plus longues.

Deux ou trois choses pour finir

À ce stade, j’espère vous avoir convaincu de l’intérêt de créer une séquence d’onboarding pour votre liste email.

Ce n’est pas fini.

Profitez de cette période pour en savoir plus sur les gens qui s’abonnent :

  • Vous pouvez segmenter votre liste email en fonction de ce qui fait le plus de sens pour vous. Par exemple, si vous possédez un service local, vous pouvez segmenter votre liste en fonction des positions géographiques de vos abonnés pour ensuite mieux cibler vos actions
  • Vous pouvez faire de la customer research et demander directement à vos abonnés le type de contenu qu’ils aimeraient recevoir de votre part. C’est notamment ce que fait Onur Karapinar avec sa liste email et c’est très malin !
  • Vous pouvez leur proposer de discuter avec vous pour mieux les connaître et construire une relation

Gardez à l’esprit que vous pouvez peaufiner votre séquence en permanence. Faites des tests, voyez ce qui fonctionne, et adaptez en conséquence !

L’onboarding est une occasion unique pour prendre votre abonné par la main et lui montrer ce que vous souhaitez qu’il voie. Ne la gâchez pas !

Vous voulez voir la séquence d’onboarding que j’ai mise en place sur ma newsletter ? Abonnez-vous juste ici ou laissez-moi un commentaire sous cet article avec votre adresse email ; je vous la ferai parvenir !

La file d’attente est la meilleure stratégie Marketing des restaurants Big Mamma. Voici pourquoi

La file d’attente est la meilleure stratégie Marketing des restaurants Big Mamma. Voici pourquoi

1 heure de queue pour aller manger une pizza, tous les soirs de la semaine, à partir de 18h.

C’est ce que doivent affronter les courageux qui veulent manger dans l’un des 7 restaurants du groupe Big Mamma de Paris : Pink Mamma, Biglove Café, Mamma Primi, Popolare, La Felicita, East Mamma et Ober Mamma.

Il est vrai que ces restaurants sont plutôt très agréables :

  • La nourriture y est bonne, les produits sont frais et l’addition est abordable
  • Les serveurs et cuisiniers ont un vrai accent Italien
  • L’ambiance et le cadre sont toujours très bien travaillés. Chaque restaurant est unique, on se sent dans un lieu spécial et tout est très Instagrammable
  • L’univers et le storytelling qui ont été créés autour de la marque Big Mamma sont très réussis

Tout ceci est génial. Mais les bonnes pizzas à Paris, ce n’est pas ce qui manque.

Alors comment expliquer un tel succès ?

Comment expliquer que des centaines de personnes se ruent devant les portes du restaurant, 1 heure avant l’ouverture ? 

Les gens qui font la queue sont-ils sains d’esprit ?

Marketing Big Mamma restaurants

Pink Mamma

1. Les gens ne viennent pas manger une pizza ou des pâtes

Ni pour boire des Spritz.

La première chose à comprendre, c’est que les gens ne viennent pas simplement dans les restaurants Big Mamma pour manger un bon repas.

Ils viennent pour faire partie d’un club. Ils viennent pour obtenir un statut. Un certain “standing”. 

C’est d’ailleurs valable pour n’importe quel bien de consommation. On ne prend pas nos décisions d’achat en fonction de la valeur utilitariste du bien, mais en fonction de ce qu’il va dire de nous. Sur le genre de personne que l’on souhaite être. 

Inconsciemment, la manière avec laquelle nous consommons est un moyen d’expression. Cela dit quelque chose sur qui l’on est. C’est un étendard à la face du monde.

Consommer est un moyen d’appartenir à une tribu plus grande que soi, avec des personnes qui partagent les mêmes valeurs, ambitions et désirs que nous.

  • Quand on fait le choix de n’écouter des que petits chanteurs indépendants, c’est pour se sentir comme un spécialiste et un expert de musique
  • Quand on fait le choix d’acheter un iPhone, c’est pour se sentir dans la classe des créatifs et de ceux qui sont suffisamment aisés pour s’en payer un
  • Quand on fait le choix de ne pas consommer, c’est également pour faire partie d’un groupe et pour envoyer un message

Aller chez Big Mamma, c’est dire au reste du monde :

“Je suis le genre de personne qui aime aller dans les derniers lieus branchés. Ça ne me dérange pas de faire la queue car cela va renforcer mon statut social. Je pourrais montrer à mes amis sur Instagram que j’y étais.”

Tout ce que met Big Mamma en place vise à renforcer ce sentiment d’appartenance à un club.

2. La file d’attente est une technique Marketing bien huilée

“Jamais je ne ferai la queue pour aller dépenser de l’argent !”

“Qui sont ces fous qui font 45 minutes pour manger une pizza ?”

C’est probablement ce que se disent beaucoup de personnes, en passant devant un restaurant Big Mamma, aux alentours de 19h30.

Pourtant, c’est plein tous les soirs de la semaine.

Paradoxalement, la file d’attente est le meilleur atout des restaurants Big Mamma. 

Dans son livre “Contagious : how to build word of mouth in the digital age”, Jonah Berger décortique les éléments qui font qu’une chose devienne virale.

Parmi les 6 critères qu’il détaille, l’un d’entre eux est le caractère public et visible de la chose en question. 

Berger explique que “plus un produit ou service est public (au sens “visible” du terme), plus cela déclenche chez les gens l’envie de faire une action”.

C’est pour cela qu’il est très difficile de lutter contre l’alcoolisme de masse dans les universités Américaines : tout le monde boit parce que tout le monde voit les autres boire. 

Quel est le meilleur élément visible pour faire parler d’un restaurant ?

La file d’attente, évidement. Elle provoque deux réactions :

  • On se sent intrigué.
    Quel est donc ce restaurant devant lesquels les gens se massent ?
    Si autant de gens font la queue devant, c’est que la nourriture doit y être exceptionnelle. On est tenté de voir et de tester par soi-même
  • On en parle autour de soi.
    Vous pouvez être certains que chaque personne qui passe devant la queue d’un restaurant Big Mamma, va en parler à ses amis juste après. Cela génère un bouche à oreille et une couverture presse incroyable, beaucoup plus que pour l’ouverture de n’importe quelle autre pizzéria

“Social influence is stronger when behavior is observable” — Jonah Berger

file d'attente big mamma

Ce n’est donc pas un hasard s’il n’y a pas de système de réservation.

La file d’attente est une taxe, une barrière à l’entrée du club. 

Elle possède énormément de valeur pour ceux qui décident de la franchir. Elle rend leur repas meilleur et les fait davantage apprécier le moment. Comme un placebo dont on se convainc soi-même de son efficacité.

3. Des restaurants qui polarisent

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Big Mamma ne laisse pas indifférent. 

Il y a ceux qui adorent et qui bombardent Instagram de photos de leur pizza.

Instagram Marketing Big Mamma

27 000 publications avec le #bigmamma !

Il y a ceux qui détestent et qui le font également savoir.

Marketing Big Mamma
Marketing Big Mamma
Marketing Big Mamma

Quoi qu’il en soit, les restaurants Big Mamma génèrent énormément de discussions. Ce qui renforce le mystère qui plane autour de la marque.

Pour Big Mamma, il n’y a pas de mauvaise pub (tant que personne ne meurt en mangeant une de leur pizza).

Ils sont clivants et ne sont pas faits pour tout le monde. Cela leur va très bien, ils ciblent une catégorie  de clientèle bien précise.  

Les gens qui se plaignent des files d’attente renforcent ceux qui y vont dans leur statut et leur conviction d’y aller.

L’existence de haters permet de marquer encore davantage leur différence et leur appartenance au club. 

Comme le dit Seth Godin, l’identité d’une tribu se construit également par l’opposition et le rejet. Plus il est dur d’y rentrer, plus ses membres seront soudés et proches les uns des autres. Le système de bizutage des fraternités américaines est un excellent exemple.

Plus le produit rare, plus ceux qui le possèdent en sont attachés.

Conclusion : La rareté comme stratégie Marketing

Après la lecture de cet article, on pourrait être tenté de qualifier les restaurateurs Big Mamma “d’escrocs” ou de “manipulateurs”.

Ce n’est pas mon avis, au contraire. 

Les gens qui font la queue pour aller manger chez eux le font par choix. Parce qu’ils pensent que cela rendra leur pizza meilleure et que cela va renforcer leur statut.

En tant que français, nos besoins primaires de nourriture, de logement et de sécurité sont déjà servis (pour la plupart des gens).

Nous cherchons autre chose.

Si l’on reprend la célèbre pyramide des besoins de Maslow, on ne se situe plus au stade des besoins de base, mais des besoins d’accomplissement personnel.

C’est pour ce type de besoins, qui se situent tout en haut de la pyramide, que Big Mamma a créé une offre qui répond parfaitement. 

Ils ne mentent pas et ne trompent personne. Ils disent simplement : “Si vous souhaitez manger une pizza chez nous, il faudra faire 1 heure de queue. Vous êtes prévenus”.

Je pense que c’est précisément notre job, à nous qui faisons du Marketing.

Comprendre les rêves, aspirations et besoins fondamentaux des gens, pour leur proposer une solution. Qu’ils choisiront, ou non.

Big Mamma n’est pas la première marque à utiliser la rareté à des fins Marketing.

La marque de vêtements Supreme est également un bon exemple :

  • Pendant très longtemps, la marque ne mettait en vente ses collections uniquement le jeudi à 11h, en série très limitée
  • Les produits sont volontairement très chers et se remarquent instantanément
  • Il y a une file d’attente à toutes les heures de la journée devant les rares magasins de la marque

À l’ère de la consommation de masse et des marques de prêt-à-porter qui possèdent des stocks quasi-illimités, le décalage est total.

L’objectif, encore une fois, est de construire un club d’initiés en créant des barrières à l’entrée.

“Si on peut en vendre 600, alors on va en produire 400.”  — James Jebbia, fondateur de Supreme

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