[Mes lectures #21] The River of Doubt – Candice Millard

River of Doubt Candice Millard

Théodore Roosevelt a été Président des Etats-Unis (le 25e et le 26e), de 1901 à 1909.

En 1912, il décide de briguer un troisième mandat. C’était un Président extrêmement populaire.

Mais pour ces élections, il a fait le choix de se placer en opposition aux deux partis principaux (Roosevelt était un Républicain) et de faire cavalier seul.

Il échoue. C’est un choc pour lui.

À ce moment, il a déjà une longue carrière politique derrière lui. Il a besoin d’aventure.

Roosevelt est un explorateur dans l’âme.

Il était déjà parti chasser le lion en Afrique. Cette fois, il décide de partir faire un tour en Amérique du Sud. 

Il rassemble un équipage composé de spécialistes du continent alors assez méconnu, de scientifiques et de naturalistes (ainsi que de son fils).

L’un des objectifs de l’expédition est de ramener de nouveaux spécimens (animaux, oiseaux, plantes, etc) pour compléter la collection du Musée d’histoire naturelle de New York. À la base, ils souhaitaient simplement faire un tour sur le continent. 

Mais ils changent leurs plans en cours de route et décident de se rendre dans une région du Brésil qui n’a jamais été explorée et qui ne figure pas sur la carte de l’Amérique du Sud. Roosevelt et son équipe équipage décident de remonter le cours de la “Rio da Duvida” (“rivière des doutes“, en français).

Nous sommes au début du XXème siècle et il existe encore des vastes parties de l’Amérique du Sud que personne ne connaît (à part les tribus indiennes qui y vivent). Je trouve ça dingue, c’était il y a 100 ans !

À titre comparaison, cette rivière fait la même taille que le Rhin.

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The River of Doubt” de Candice Millard raconte l’histoire de cette expédition, qui frôle la catastrophe.

L’équipage fait face à de nombreux dangers.

Roosevelt est atteint et malaria et est à deux doigts de mourrir. Des rapides broient leur canoës. Les animaux et insectes de la jungle s’en prennent à eux. Ils empiètent sur le territoire de nombreuses tribus indigènes. Les hommes sont proches de mourrir de faim. Un des membres de l’expédition devient fou et en tue un autre.

Roosevelt s’en sort finalement vivant. Pour célébrer son exploit, la rivière a été rebaptisé “Rio Roosevelt” en son honneur.

Bonne lecture. Très prenante et intéressante. L’auteur prend le temps d’expliquer les différents enjeux (géographiques, scientifiques, historiques, etc) de chaque situation.

 

[Mes lectures #20] Company of One – Paul Jarvis

Company of one paul jarvis

Je suis le blog de Paul Jarvis depuis pas mal de temps. Il fait partie des auteurs et blogueurs que je regarde avec beaucoup d’attention.

Il gagne sa vie selon le modèle qui se rapproche le plus de la théorie des 1 000 vrais fans de Kevin Kelly, que j’évoque souvent. Au fil des années, il s’est construit une audience fidèle de lecteurs qui apprécient son travail. Dès qu’il sort un produit (ce livre par exemple), l’audience qu’il s’est constituée le soutient et l’achète sans hésiter. Cela lui permet de vivre de son travail, en totale indépendance.

Je fais partie de ce groupe de lecteurs fidèles ; lorsque j’ai vu qu’il sortait un livre, “Company of One“, je l’ai acheté sans hésiter.

Cela tombe bien, le thème du livre porte justement sur les créateurs et les entreprises qui font le choix de ne pas croître coûte que coûte.

En partant de son exemple personnel, il raconte ces entreprises qui questionnent la pensée populaire (notamment dans le milieu des startups) qui veut qu’une entreprise doit absolument croître très vite.

La croissance à outrance est justement le facteur numéro 1 qui précipite une entreprise à sa chute. Elle est synonyme de stress intense pour les fondateurs et les équipes, de décisions qui se prennent au détriment de l’intérêt des clients, d’une vision extrêmement court-termiste du business et d’infrastructures qui se complexifient sans fin.

Jarvis présente un autre modèle, dans lequel l’entreprise est rentable dès le premier jour, maîtrise sa croissance et s’arrête quand elle atteint la taille optimale. Il appelle ces entreprises des “Company of One”.

“For companies of one, the question is always what can I do to make my business better ?, instead of what can I do to make my business larger ?” – Paul Jarvis

Opérer comme une “Company of one” est non seulement une manière plus saine de considérer son activité, c’est également une voie beaucoup plus résiliente et durable. La flexibilité et la capacité d’adaptation y sont beaucoup plus importantes. Comme elles sont profitables dès le premier jour, elles ne dépendent de personne et n’ont aucun compte à rendre à des investisseurs externes.

Elles peuvent se permettre d’investir durablement sur le long terme, de prendre le temps de créer une identité de marque forte et de devenir excellentes dans leur niche de compétence. Là où les entreprises classiques résonnent en trimestres, les “Companies one One” résonnent en décennies. 

“I just focus on maximizing work in a way that works for me, which can sometimes mean doing less. Work can be done at a pace that suits my sanity rather than one that supports costly overhead, expenses, or salaries.” – Paul Jarvis

“Business success does not lie in growing something quickly and massively, but rather in building something that’s both remarkable and resilient over the long term” – Paul Jarvis

J’aime beaucoup l’approche qu’il défend. “Company of One” est un livre que je recommande fortement (même s’il aurait facilement pu faire 100 pages de moins).


Le reste de mes lectures :

1- Hedge – Nicolas Colin
2- Biographie de Michel de Montaigne – Stefan Zweig
3- Le Comte de Monte-Cristo – Alexandre Dumas
4- Living and Dying on the Internet – Alex Day
5- Doctom Secrets – Russel Brunson

6- Le joueur d’échecs – Stefan Zweig
7- 
The War of Art – Steven Pressfield
8- Martin Eden – Jack London
9- 11 Rings – Phil Jackson

10- The Autobiography – Gucci Mane
11- jouer sa peau – Nassim Taleb
12- La Mano Negra – Romain Molina
13- Porn Valley – Laureen Ortiz

14- This is Marketing – Seth Godin
15- Expert Secrets – Russel Brunson
16- The Messy Middle – Scott Belsky
17- La Vingt-Cinquaine – Rodolphe Dutel
18- Building Strong Brands – David A Aaker
19- Turning Pro – Steven Pressfield

[Mes lectures #19] Turning Pro – Steven Pressfield

Turning pro steven pressfield

Il y a quelques mois, j’avais lu “The War of Art” de Steven Pressfield et j’avais adoré.

L’auteur y décrit le combat permanent que tous les artistes mènent contre “La Résistance”.

Turning Pro” est un autre livre non-fiction de Steven Pressfield (je reviens sur sa carrière un peu plus bas).

Pressfield détaille la manière avec laquelle les artistes surmontent la Résistance : ils deviennent des professionnels.

La thèse du livre tient dans la différence entre celui qu’il appelle l’amateur et le professionnel. Un amateur :

  • Se laisse aller à ses addictions en tout genre : divertissements en tout genre, alcools, sexe, etc…
  • Ne possède ni cadre ni habitudes régulières dans sa vie
  • Se complait dans la médiocrité et le semi-échec
  • Fantasme sur sa vie rêvée, comme une vision inatteignable
  • Inconsciemment, pense avoir besoin des autres pour réussir
  • Possède une haute estime de lui-même et est sûr de ses forces
  • Se concentre sur le résultat de ses actions, plutôt que le processus qui a mené au résultat

Pour Pressfield, un professionnel :

  • Fait son job tous les jours, quoi qu’il arrive
  • Est patient et oriente ses actions vers le long terme
  • Est conscient de ses failles et de ses faiblesses
  • N’accorde aucune importance au regard des autres
  • Se construit un cadre de travail solide autour de lui
  • Dédie sa vie à la maîtrise de son art
  • Ne se trouve pas d’excuses
  • Se concentre uniquement sur le processus

Ce qui différencie l’amateur et le professionnel réside uniquement dans l’approche mentale qu’il a de son art. 

La transition entre ces deux modes de pensée est douloureuse. C’est une décision consciente à prendre.

Sur le moment, cette transition donne l’impression d’être un enfer. Elle nous laisse nu, sans défense face à nos anciennes croyances (que l’on ne croit plus). On abandonne la vision que l’on avait de nous-même et on perd nos repères. Une partie de nous meurt.

Il ne reste plus que la vérité face à nous.

À nous de nous en saisir et d’agir comme des professionnels.

Le livre met un peu de temps à démarrer, mais ensuite il est génial. Je le recommande vivement à tous ceux qui exercent une activité créative, quelle qu’elle soit.

Je trouve que cette idée d’agir comme un professionnel au regard de son art est très puissante. Elle donne l’impression d’être au contrôle.

“Before we turn pro, our life is dominated by fear and Resistance. We live in a state of denial. We are denying the voice in our heads. We’re denying our calling. We’re denying who we really are. We’re fleeing from our fear into an addiction or a shadow career.

What changes when we turn pro is we stop fleeing. We stop running from our fears. We turn around and face them.”

– Steven Pressfield

Je finis par un petit mot sur Steven Pressfield lui-même.

C’est un immense auteur, auteur de nombreux succès littéraires et romans historiques : Gates of FireTides of War, Last of the Amazons ou encore Alexandre le Grand : La Campagne afghane. Il a également écrit de nombreux scénarios de films et est citoyen d’honneur de la ville de Sparte.


Le reste de mes lectures :

1- Hedge – Nicolas Colin
2- Biographie de Michel de Montaigne – Stefan Zweig
3- Le Comte de Monte-Cristo – Alexandre Dumas
4- Living and Dying on the Internet – Alex Day
5- Doctom Secrets – Russel Brunson

6- Le joueur d’échecs – Stefan Zweig
7- 
The War of Art – Steven Pressfield
8- Martin Eden – Jack London
9- 11 Rings – Phil Jackson

10- The Autobiography – Gucci Mane
11- jouer sa peau – Nassim Taleb
12- La Mano Negra – Romain Molina
13- Porn Valley – Laureen Ortiz

14- This is Marketing – Seth Godin
15- Expert Secrets – Russel Brunson
16- The Messy Middle – Scott Belsky
17- La Vingt-Cinquaine – Rodolphe Dutel
18- Building Strong Brands – David A Aaker

[Mes lectures #18] Building strong brands – David Aaker

building strong brands david aaker

Ces derniers temps, j’étais en recherche d’un bon livre sur le branding et je me suis laissé tenter par “Building strong brands” de David A. Aaker.

J’en suis assez déçu. Pour tout vous dire, je ne suis même pas allé au bout de la lecture, j’ai seulement lu une centaine de pages. Je ne prenais aucun plaisir. Plutôt que de me forcer, je l’ai mis de côté.

Il y a quelques passages intéressants, mais c’est un livre au style académique. On sent que l’auteur essaie de rentrer dans le concret, mais cela reste un peu trop théorique.

Le livre a été écrit avant les années 90. Les exemples qu’il donne sont assez anciens et les leçons fondamentales qu’il essaie d’en tirer restent triviales. Je n’avais pas l’impression d’apprendre ce qu’est le branding.

Je retiens un passage intéressant au début du livre, centré autour de la question : Pourquoi est-ce si difficile de construire une marque ?

L’auteur désigne plusieurs obstacles pour les entreprises :

  • La pression de tirer les prix vers le bas
  • La concurrence qui s’intensifie
  • Les biais inconscients qui poussent régulièrement à changer de stratégie. Inversement, une marque se construit dans la stabilité et la longévité
  • La résistance au changement qui freine l’innovation
  • La pression pour investir son temps et son énergie ailleurs
  • La pression pour dégager un ROI et des résultats sur le court terme

Je ne recommande pas cette lecture (sauf si vous devez réaliser un travail académique sur le branding).

D’ailleurs, si vous connaissez un bon livre sur le Branding, je suis preneur.


Le reste de mes lectures :

1- Hedge – Nicolas Colin
2- Biographie de Michel de Montaigne – Stefan Zweig
3- Le Comte de Monte-Cristo – Alexandre Dumas
4- Living and Dying on the Internet – Alex Day
5- Doctom Secrets – Russel Brunson

6- Le joueur d’échecs – Stefan Zweig
7- 
The War of Art – Steven Pressfield
8- Martin Eden – Jack London
9- 11 Rings – Phil Jackson

10- The Autobiography – Gucci Mane
11- jouer sa peau – Nassim Taleb
12- La Mano Negra – Romain Molina
13- Porn Valley – Laureen Ortiz

14- This is Marketing – Seth Godin
15- Expert Secrets – Russel Brunson
16- The Messy Middle – Scott Belsky
17- La Vingt-Cinquaine – Rodolphe Dutel

[Mes Lectures #17] La Vingt-Cinquaine – Rodolphe Dutel

La Vingt-Cinquaine Rodolpe Dutel

La Vingt-Cinquaine” est un roman écrit par Rodolphe Dutel.

Ayant eu la chance de rencontrer Rodolphe il y a quelques mois, j’attendais la sortie de son livre avec impatience.

Je n’ai pas été déçu et j’ai dévoré le livre en 4 petits jours.

Rodolphe y raconte le parcours de Thomas qui vient de rejoindre Google, l’entreprise de ses rêves, pour son premier job. S’en suit une période de doutes et questionnements qui le pousse à démissionner et à traverser l’Atlantique sur un voilier.

La crise de quarantaine décrit “la période de doute que ressentent certaines personnes à la « moitié de leur vie », ayant pour résultat une sensation de passer de la jeunesse à la vieillesse“.

La crise de la vingt-cinquaine que dépeint Rodolphe dans son livre, pourrait se définir par le choc que ressentent les jeunes de cet âge, à leur entrée dans le monde du travail. Ils sont plein de rêves et d’espoir ; ils se heurtent à un monde impitoyable et pragmatique. 

Le livre se lit simplement, le style est direct et plaisant. Les aventures sont passionnantes et, à la lecture, je n’ai cessé de m’interroger sur la part de fiction et de réalité que contient le livre (Rodolphe, si tu passes par là…).

Un livre qui donne envie d’aventure.


Le reste de mes lectures :

1- Hedge – Nicolas Colin
2- Biographie de Michel de Montaigne – Stefan Zweig
3- Le Comte de Monte-Cristo – Alexandre Dumas
4- Living and Dying on the Internet – Alex Day
5- Doctom Secrets – Russel Brunson

6- Le joueur d’échecs – Stefan Zweig
7- 
The War of Art – Steven Pressfield
8- Martin Eden – Jack London
9- 11 Rings – Phil Jackson

10- The Autobiography – Gucci Mane
11- jouer sa peau – Nassim Taleb
12- La Mano Negra – Romain Molina
13- Porn Valley – Laureen Ortiz

14- This is Marketing – Seth Godin
15- Expert Secrets – Russel Brunson
16- The Messy Middle – Scott Belsky

[Mes lectures #16] The Messy Middle – Scott Belsky

the messy middle scott belsky

Scott Belsky est un entrepreneur américain, reconverti en investisseur. Il a fondé Behance qui a été racheté par Adobe en 2012, pour $150 Millions. Parmi ses investissement, on retrouve Uber, Pinterest ou encore Periscope.

Dans son dernier livre “The Messy Middle“, Belsky se sert de ces nombreux succès pour parler de ce qu’il appelle le “Messy Middle” : cette phase de la vie d’un projet qui se situe après l’excitation du lancement et avant le soulagement de fin.

C’est la partie la plus difficile de tout projet et celle dont on parle le moins.

On parle des sorties en bourse, des rachats et des levées de fonds, mais assez peu du chemin que doit emprunter l’entrepreneur pour arriver jusque là.

C’est dans le “Messy Middle” que tout se joue. On doit naviguer sa barque comme on peut, en pleine mer. On doit surmonter les obstacles, prendre les bonnes décisions au bon moment et faire des choix difficiles, pour se rapprocher de l’objectif final.

Le livre est découpé en de nombreux chapitres très courts, qui couvrent tous les sujets importants de la vie d’un projet :

  • Comment renforcer sa résistance ?
  • Comment optimiser son projet pour le long terme ?
  • Comment recruter et former une équipe ?
  • Comment créer un produit ?
  • Comment créer une culture d’entreprise forte ?
  • Comment planifier et prendre des bonnes décisions ?
  • Comment se construire un avantage compétitif durable ?
  • Comment approcher la dernière ligne droite ?

Belsky est très transparent sur son aventure et n’hésite pas à se flageller pour les erreurs commises.

Quelques citations que je retiens :

“Self-awareness starts with the realization that when you’re at a peak or in a valley, you’re not your greater self. When things are going well, ego gets the best of you. When times are tough, insecurities run rampant for everyone involved.”

 

“Self-awareness means being permeable. An undeniable theme among founders I’ve worked with is that the less defensive they are, the more potential they have.”

 

“Playing the long game requires moves that don’t map to traditional measures of productivity.”

 

“If we have a good quarter, it is because of the work we did 3, 4, 5 years ago, not the work we did in this quartier” (celle-ci est de Jeff Bezos).

 

“The best way to complain is to make things. When you find yourself frustrated or critical, channel that energy into persistent creation. If it’s not your job, pursue it anyway.”

 

“Creativity comes from unlikely juxtapositions.”

 

“There are 2 ways to build a network and source signal : growing surface area or going deep. In the beginning of your career, optimize for surface area. You’ll want to meet many people from all levels and angles of your industry and those ancillary to it.”

 

“Never assume that what worked before will work again.”

Un livre inspirant, que j’ai trouvé être dans la lignée de “The hard things about hard things” de Ben Horrowitz.

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