Bilan de mon année 2020 et plans pour 2021

Bilan de mon année 2020 et plans pour 2021

Il y a un an, fin 2019, je quitte mon job de Copywriter chez LiveMentor et le salariat par la même occasion.

Je me lance dans l’aventure que j’attends avec impatience : l’entrepreneuriat. J’en profite également pour rendre mon appartement à Paris et revenir poser mes bagages chez mes parents, avec pour objectif de voyager au maximum sur l’année 2020.

J’accueille ce changement de vie radical avec beaucoup d’excitation et un peu d’appréhension. On a beau s’y préparer au mieux, il y a toujours un doute. Et un peu d’anxiété.

Lorsque je fais ce bilan aujourd’hui, un an après, je réalise à quel point j’ai été chanceux. 

Si j’ai quitté mon job pour me lancer en tant qu’indépendant, c’était en grande partie pour accélérer ma courbe de progression. J’ai l’impression d’avoir accompli cet objectif. 

Sous de nombreux aspects, 2020 a été l’année la plus riche et la plus intense de ma vie. Je n’ai jamais autant voyagé, expérimenté de nouvelles choses, rencontré de nouvelles personnes et appris. 

Pendant cette année, j’ai aussi connu des déceptions. La dernière en date étant mon échec avec le projet Longue Vue.

Mais plutôt que de me ralentir, ces revers me nourrissent et me donnent des armes supplémentaires avec lesquelles je suis désormais capable de me battre.

À titre personnel, je suis fier d’avoir pu écrire sur mon grand-père et heureux d’avoir pu passer davantage de temps avec ma famille. Je crois que la pandémie nous a tous rappelé à quel point notre famille est précieuse. Je garde toujours en tête cet article de WaitButWhy :

Une fois que l’on termine nos études et que l’on quitte le domicile familial, on a déjà passé 93% du temps que l’on passera avec nos parents pendant toute notre vie.”

Voici les leçons que je retiens de mon année.

Faire ce que l’on ne sait pas faire pour progresser en Freelance

Le freelancing n’est pas une finalité pour moi et mon objectif n’est pas de construire une carrière de freelance accompli sur les 10 prochaines années.

Je vois plutôt le freelancing comme un moyen d’obtenir davantage de liberté et de flexibilité. En 2020, cela m’a permis de ne devoir travailler que de 2 ou 3 jours par semaine pour des clients. Et ainsi dédier le reste de ma semaine à mes projets. 

Lorsque je fais le bilan, 70% de mes revenus de cette année viennent de missions en freelance réalisées pour divers clients. 

Revenus indépendants 2020

Cela peut sembler beaucoup par rapport à ce que je viens de dire, mais j’essaie de ne pas me précipiter. J’envisage mon évolution de manière progressive :

  • En 2019, quasi 100% de mes revenus étaient issus de mon job.
  • En 2020, 70% de mes revenus provenaient de mon activité de freelance et les 30% restants de Sauce Writing.
  • En 2021, j’espère croiser cette répartition. Mon objectif est de générer 80% de mes revenus avec Sauce Writing et les 20% restants avec des missions en freelance. 

Répartition Revenus freelance entrepreneur

Même si le freelancing ne constitue pas mon objectif de vie, cela a tout de même occupé une bonne partie de mon temps et m’a permis d’apprendre beaucoup de choses. 

La principale leçon que je retiens de mon année en freelance est la suivante : pour progresser, il faut accepter des missions que l’on n’est pas sûr de réussir.

Si on se contente uniquement de faire ce que l’on sait déjà faire, on stagne et on n’apprend rien. 

Lorsque j’y repense, à chaque fois que j’ai accepté une mission avec laquelle je n’étais 100% à l’aise, j’ai eu l’impression d’étendre ma zone de compétences. 

Cela m’a permis d’explorer des industries, des sous-compétences et des nouvelles manières de travailler. 

Zone de compétences freelance

Au fil des missions, j’ai pu étendre ma zone de confiance et de compétences, pour être capable d’effectuer des missions plus difficiles. Et bien souvent, mission plus difficile signifie mission plus intéressante, plus enrichissante et mieux rémunérée.

À partir du moment où l’on accepte de se “mettre en danger” en acceptant une mission inconfortable, un cercle vertueux se met en place. 

Je repense souvent à cette phrase que j’ai écrite dans mon livre Expédition Créative : “tout ce que l’on veut se trouve de l’autre côté de la peur.”

Elle ne s’est jamais révélée aussi vraie.

L’entrepreneuriat n’est ni un sprint ni un marathon

On parle beaucoup de la puissance de l’entourage, à juste titre et moi le premier. S’entourer de personnes qui partagent nos objectifs nous tire vers le haut et nous pousse à nous dépasser. Notre environnement fabrique notre perception du monde et définit notre réalité.

Mais n’oublions pas de parler du piège que peut représenter notre entourage : celui de se comparer et d’entrer dans une forme de compétition avec eux. 

C’est débile et j’ai beau le savoir, mais je lutte toujours avec ce point. J’ai tendance à me comparer excessivement à ce que font les autres et à prendre, inconsciemment, des décisions en fonction des résultats de cette comparaison.

Cette année, j’ai appris que l’entrepreneuriat (et la vie au sens large) n’est ni un marathon ni un sprint.

Ce n’est pas non plus une course. Il n’y a pas de ligne d’arrivée et on se moque de qui fait quoi. 

Réussir un lancement produit n’est pas important. Réussir un crowdfunding non plus. Faire mieux que les autres n’a aucune utilité.

Il existe autant de chemins possibles que de sensibilités et personnalités. Ce qui compte, c’est de faire ce qui nous convient et de trouver un moyen pour durer.

Apprendre à admirer le chemin parcouru

L’un des équilibres les plus difficiles à trouver quand on entreprend est de se fixer des objectifs, tout en se satisfaisant de ce que l’on a déjà accompli. 

J’en parlais dans un épisode de Tuk Tuk avec Alexis Minchella. Dès que l’on atteint un objectif fixé, on passe tout de suite au suivant. 

“J’ai réussi ma transition en freelance ? Ok super, maintenant on vise X chiffre d’affaires.

Le X est atteint ? On va essayer d’atteindre Y !”

Cela nous pousse à avancer et ne jamais nous endormir, mais cela nous met également dans un état permanent d’insatisfaction. Toujours à la recherche de plus ou de mieux.

Première conséquence : on ne prend pas le temps de se tourner vers le passé pour contempler ce que l’on vient d’accomplir. Je profite donc de l’écriture de ce bilan pour me remémorer à quel point mon année 2020 a été riche et intense.

Deuxième conséquence : on ne profite pas assez du moment présent. Notre tête est constamment prise vers un objectif plus grand et plus ambitieux. 

En écrivant ces lignes, je repense au mois que j’ai passé à Bali, en Février 2020. J’étais constamment tiraillé entre l’envie de profiter de Bali et le désir de passer du temps derrière mon ordinateur pour avancer sur mes objectifs.

En 2021, je veux relâcher la pression et savourer davantage chaque moment. Ne pas tout le temps avoir en tête les prochaines étapes de mes projets (même si ce sont des pensées positives) et simplement profiter de ce que je vis. 

Passer de l’exécutant à l’entrepreneur

Mon plus gros objectif pour 2021 est de faire franchir un nouveau cap à Sauce Writing. Transformer ce side-project en un business rentable et viable pour que je puisse en vivre.

Jusqu’à présent, j’ai traité Sauce Writing comme un projet secondaire avec lequel je faisais mes armes en tant qu’entrepreneur.

J’ai adopté la posture de l’exécutant ce qui m’a permis de sortir le projet de terre et d’initier un début de traction. J’attaquais moi-même tous les challenges qui se présentaient. J’ai appris à utiliser les outils dont j’avais besoin et je mettais les mains dans le cambouis quand il le fallait. 

Je suis très content d’avoir fait cela car cela m’a forcé à apprendre et à trouver des solutions par moi-même. C’est une habitude saine, surtout au début d’un projet. 

Mais je réalise que si je veux faire de Sauce Writing une entreprise, je dois changer de posture et me comporter davantage comme un entrepreneur. 

Si je veux décupler ma productivité et accomplir plus de choses, je dois me concentrer sur mes forces. Je dois prendre l’habitude de déléguer (ou d’automatiser) les tâches sur lesquelles je n’apporte aucune valeur.

Nat Eliason explique qu’il existe deux manières d’augmenter sa productivité :

  • Diminuer le temps que l’on consacre à une tâche
  • Payer une machine ou une personne pour faire la tâche

La première option permet de gagner 10% supplémentaire de productivité. La deuxième option permet de multiplier sa productivité par 10. 

Si je veux multiplier ma productivité par 10, je dois adopter une approche différente vis-à-vis de Sauce Writing. Je dois faire penser le projet comme un système que j’essaie d’améliorer et de rendre plus efficace.

C’est un challenge très excitant.

Looking forward to 2021…

J’aborde donc cette nouvelle année avec beaucoup d’enthousiasme et une envie d’en découdre plus forte que jamais. Les challenges qui m’attendent me promettent de poursuivre ma progression personnelle et d’explorer de nouveaux horizons.

J’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve, mais je n’oublie pas d’apprécier le voyage et profiter de la vue. C’est le plus important.

 

Ne manquez pas mes prochains articles !

Au programme : entrepreneuriat, freelance, marketing & lectures.

 

Pourquoi je quitte Longue Vue (& les leçons que je retiens de cette aventure)

Pourquoi je quitte Longue Vue (& les leçons que je retiens de cette aventure)

“Le modèle de l’édition est fondamentalement cassé. 

Les auteurs touchent seulement 5 à 10% de droits d’auteur sur le livre qu’ils écrivent. Mais les maisons d’édition et les libraires ne gagnent pas beaucoup d’argent pour autant. Il doit y avoir quelque chose à faire pour réinventer ce modèle.”

Cette réflexion a été le point de départ de mes discussions avec Jean-Charles Kurdali, en mai 2020.

Nous sommes amis et partageons un amour commun pour les livres de non-fiction. 

Pourquoi ne pas essayer de créer une entreprise dans ce domaine passionnant ? 

Bien aidés par Alexandre Dana, on commence à lire tout ce que l’on peut sur le sujet et à parler à un maximum de personnes travaillant ou connaissant l’industrie du livre.

Notre première idée de monter une maison d’édition tombe rapidement à l’eau. Cela demande beaucoup de temps, d’argent, de connexions dans l’industrie et une prise de risque importante. Nous n’avons pas ce qu’il faut pour l’instant.

Au fil de nos recherches, nous identifions tout de même un point faible dans le modèle actuel : le marketing et la distribution. 

Les auteurs délèguent la vente de leur livre aux maisons d’édition qui elles-mêmes la délèguent aux libraires et autres Amazon ou Fnac. Ni l’auteur traditionnel ni la maison d’édition ne possèdent de lien direct avec les lecteurs qui achètent leur livre.

À l’ère d’Internet, on trouve ça fou et on se dit alors qu’il y a quelque chose à imaginer de ce côté. 

On se dit alors que la première brique pour construire une maison d’édition est de construire un canal de distribution.

Si je sais que je suis capable de vendre 2 000 livres tout de suite grâce à ma communauté, alors le risque que je prends quand j’édite un livre est beaucoup moins élevé. Je suis quasi-certain que mes livres seront rentables à chaque fois.

Ce canal de distribution sera notre avantage compétitif et nous permettra de convaincre n’importe quel auteur de venir travailler avec nous. 

Rassembler des milliers de lecteurs curieux et lancer un crowdfunding

Avec Jean-Charles, notre première action est de construire une liste email de lecteurs intéressés par des recommandations de lectures non-fiction (business, entrepreneuriat, philo, sociologie, etc).

Cette étape est rapide pour nous puisque la création de contenu est ce que l’on sait faire de mieux et que nous avons chacun une newsletter rassemblant plusieurs milliers d’abonnés.

En quelques semaines, la newsletter Longue Vue compte son premier millier d’abonnés.

C’est un bon début, mais ce n’est pas suffisant.

Nous devons aller plus loin dans la construction de ce fameux canal de distribution.

On réserve un Airbnb à Bordeaux et on part s’enfermer pendant une semaine pour réfléchir et dessiner les contours de ce projet, que l’on appelle Longue Vue.

lancer projet longue vue

Après de multiples discussions, nous arrivons au produit que vous connaissez actuellement : 

  • Nous sélectionnons soigneusement et envoyons une biographie inspirante chaque mois à nos abonnés dans une belle boîte
  • Ensuite, pour creuser les leçons de chaque livre, nous animons une communauté privée et invitons l’auteur du livre (quand c’est possible) ou un expert pertinent à venir échanger lors de sessions en visio pour aller plus loin

Un projet qui mêle donc e-commerce et communauté en ligne. 

On profite également de notre semaine à Bordeaux pour discuter en profondeur de nos envies respectives et poser les bases de notre relation d’associés.

  • Qu’est-ce qui nous motive profondément ? 
  • Où aimerait-on emmener ce projet d’ici 5 ans ? 10 ans ?
  • Quelles sont nos forces ? Nos faiblesses ? 
  • Comment intégrer ce projet avec nos marques perso existantes ? Quelle place a-t-on envie de lui accorder ?
  • Comment allons-nous communiquer au jour le jour ? 
  • Quel sera le rôle de chacun ? 
  • etc

On prend le temps de répondre à ces questions à l’occasion de longues marches sous le soleil girondin du mois de juillet.

Avant de terminer notre semaine, on définit notre plan d’action et de lancement. 

L’option du crowdfunding est une évidence.

Pour lancer notre service, d’un point de vue e-commerce, nous avons besoin de plusieurs choses :

  • des livres biographiques à envoyer à nos abonnés ;
  • des jolies boîtes en carton pour y mettre nos livres ;
  • des goodies et petites attentions en tout genre pour une expérience mémorable ;
  • d’un site e-commerce capable d’enregistrer les commandes et les paiements ;
  • d’une solution pour assembler nos box et les envoyer à nos abonnés.

Cela implique plusieurs choses. D’abord, ces éléments ont un coût financier important. Ensuite, nos fournisseurs nous demandent des volumes de commande minimum. Enfin, tous les éléments doivent arriver au même endroit, en même temps, pour ensuite être expédiés au bon moment à nos abonnés.

Le crowdfunding nous permet de récolter l’argent (via les précommandes) avant même d’engager le moindre de frais (ou presque). Si la campagne fonctionne, on peut utiliser l’argent récolté pour passer les commandes auprès de nos fournisseurs. C’est un modèle sain qui n’implique pas de se mettre en danger dès le départ.

Cela nous permet également de faire un beau lancement pour notre projet. On fédère et on implique les membres de sa communauté, avec, pour objectif, de donner vie au projet. C’est un moment rassembleur.

Enfin, cela nous permet de donner une date de lancement claire à notre projet. Il faut que tout soit prêt pour le 15 septembre 2020 : le choix des livres, le choix de nos fournisseurs, notre identité graphique. Et les milliers de détails auxquels on ne pense pas.

Y-a t-il un Product-Market Fit dans l’appareil ? 

Notre campagne de crowdfunding dure 30 jours et le 15 octobre, nous avons les chiffres définitifs : 265 abonnés et un peu moins de 20 000€ de préventes récoltés.

Nous avons réussi à créer un bel engouement autour du projet et tout le monde nous félicite pour ce carton.

reussir crowdfunding projet ulule

Sauf que pour nous, ce n’est pas un carton et nous sommes loin de notre objectif réel. 

Si on enlève les amis, la famille et toutes les personnes qui nous ont soutenus par générosité (un immense merci ❤️), le tableau est moins rose.

À l’issue de la campagne, nous tirons plusieurs constats objectifs :

  • Nous ne savons pas qui est notre client idéal
  • Nous ne savons pas quel problème nous résolvons
  • Notre produit n’est pas un must-have, mais un nice-to-have

Bref, nous n’avons pas trouvé le fameux Product-Market fit.

D’après nos calculs, nous estimons avoir besoin de 2 000 abonnés pour pouvoir commencer à se payer avec ce projet.

La marche est longue, mais pas impossible.

Le problème, c’est que la partie e-commerce est très lourde à gérer. Je me suis retrouvé avec 300 cartons et livres à assembler dans mon salon et à envoyer à la main.

leçon projet entrepreneuriat echec

Surtout, cette partie e-commerce plombe notre marge. Les coûts pour envoyer une box comme celle que l’on propose sont très importants. Et le prix de 28€ que paient nos abonnés est déjà suffisamment élevé comme cela.

Constat :

  • Notre prix de vente est élevé
  • On ne dégage aucune marge
  • La gestion est lourde et contraignante

Ajoutons à cela une autre question : quelle valeur ajoutée a-t-on à envoyer des livres ? Nous ne sommes pas des logisticiens et d’autres le font beaucoup mieux que nous.

La valeur de notre service ne doit pas reposer sur le fait que l’on envoie des livres chez les gens, mais plutôt sur l’expérience globale que l’on propose autour de la lecture. 

Avec Jean-Charles, on se retrouve donc début Novembre et on se pose une question simple :

Est-on prêts à faire all-in sur le projet Longue Vue dans sa forme actuelle ?

Est-on prêts à tout miser sur ce projet et ne faire que cela ?

(Jusqu’à présent, on bricolait chacun de notre côté avec des missions freelance pour payer notre loyer et dédier un maximum de temps à Longue Vue)

La réponse est non.

Nous n’avons pas de product market-fit. Nous ne savons pas comment faire grandir notre base d’abonnés après le crowdfunding (nous avons des pistes, mais rien d’évident). Nous ne pouvons dégager aucun budget marketing. Nous ne savons pas quelle valeur on apporte. Quel problème on résout. Pour couronner le tout, la partie e-commerce est difficile à gérer et nous fait perdre de l’argent. 

Quand on y repense, on réalise que l’on a fait les choses à l’envers.

Nous avons abordé ce projet en pensant d’abord à ce que l’on avait envie de faire, avant de penser à ce dont les gens ont besoin. On a foncé tête baissée dans un projet aux fondations mal construites dès le départ. 

On a beau le savoir, mais les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. 

Un pivot et une décision difficile

Nous voici donc face à une décision à prendre.

Nous avons deux solutions possibles :

  • Soit on attend quelques mois pour voir où ce projet nous mène, avec le sentiment désagréable de ne pas savoir où l’on va
  • Soit on prend une décision tranchée et on ne perd pas de temps, sans rester paralysé par les sunk costs.

On choisit la deuxième option et on décide de réfléchir à un pivot.

La première décision que l’on prend est évidente : il faut arrêter la partie e-commerce (pour toutes les raisons que je viens d’évoquer).

L’autre décision concerne le choix de ne proposer uniquement des biographies.

Les biographies sont sympas à lire, mais sont de l’ordre des nice-to-have et de l’inspiration. On a beau essayer d’expliquer pourquoi il est important de lire des biographies, il est difficile d’identifier le problème concret qu’elles résolvent (et que l’on résout par association). 

On commence donc à brainstormer sur la nouvelle version de Longue Vue, centré essentiellement autour d’un club de lecture en ligne.

Mais vient rapidement la question de notre engagement personnel dans le projet. 

A-t-on envie de continuer à s’impliquer dans ce projet ? Sous quelles modalités ? 

On en discute de manière ouverte pendant deux heures, un dimanche après-midi, avec Alexandre Dana.

Quand on a lancé le projet, la répartition des rôles s’est faite de manière naturelle :

  • Jean-Charles adorait la partie communauté en ligne et club de lecture
  • Moi, j’aimais la partie e-commerce et j’avais envie de me frotter à la partie logistique

Dans la nouvelle version, ma partie disparaît complètement.

Je prends plusieurs jours pour y réfléchir et j’arrive à la conclusion suivante : je trouve que la partie club de lecture en ligne est top, mais je ne me vois pas dédier tout mon temps à ce type de projet.

Si on a envie de faire de Longue Vue un club de lecture exceptionnel, il faut être prêt à s’investir à fond et incarner le projet.

J’aime discuter de mes lectures avec d’autres gens, mais pas au point de tout arrêter pour ne faire que cela.

À titre personnel, j’ai aussi le sentiment que mes forces en tant qu’entrepreneur ne sont pas dans la création d’une communauté. Je suis capable de le faire, mais d’autres personnes peuvent le faire beaucoup mieux que moi. Mon avantage compétitif n’est pas ici.

J’en discute avec Jean-Charles et on se met d’accord pour que je sorte de Longue Vue et que lui continue tout seul, à sa manière.

C’était une discussion très importante. Non seulement pour le sort du projet, mais aussi parce que notre amitié était en jeu.

Je crois que l’on a réussi à avoir une discussion honnête et transparente, en mettant nos égos de nos côtés. Ce qui est loin d’être évident dans ce genre de moment. 

La décision n’a pas été facile à prendre.

Arrêter la partie e-commerce est la bonne décision à prendre mais cela aurait été dommage de mettre fin au projet alors que l’on a réussi à créer un bel engouement. 

Je soutiens évidemment Jean-Charles à 100% et continue de l’aider au mieux pour lancer la V2 de Longue Vue.

What’s next ?

Je tiens d’abord à dire un grand merci à toutes les personnes qui ont soutenu de près ou de loin le projet Longue Vue.

Je suis triste que cela se termine comme cela pour moi, mais je suis convaincu d’avoir fait le bon choix.

Je garde un très bon souvenir de ce projet et je regarde avec fierté ce que nous avons réussi à accomplir depuis le mois de juin,

Je ne vois pas mon départ comme un échec (même si sur le papier, cela y ressemble beaucoup), mais plutôt comme une étape supplémentaire dans mon parcours d’entrepreneur.

J’ai appris beaucoup de choses et j’ai eu l’occasion de me frotter à des défis que je ne connaissais pas : mener à bien une campagne de crowdfunding, développer un projet e-commerce, mettre sur pied une boutique Shopify fonctionnelle avec un système d’abonnement, etc.

Il n’y pas d’échec, seulement des apprentissages.

En ce qui concerne la suite, elle s’écrira pour moi avec Sauce Writing.

Pendant les 6 premiers mois de l’année 2020, j’ai commencé à transmettre mes méthodes d’écriture sous différents formats et j’ai pu accompagner une centaine d’élèves dans leur création de contenu.

J’ai ralenti le projet au moment de la création de Longue Vue, mais par chance, je ne l’ai pas totalement arrêté.

Ma transition n’en est donc pas vraiment une. Je reprends Sauce Writing à pleines mains avec pour ambition d’en faire l’école d’écriture de référence sur Internet.

À très vite pour de nouvelles aventure.

 

Ne manquez pas mes prochains articles !

Au programme : entrepreneuriat, freelance, marketing & lectures.

 

Bilan après 6 mois de Freelancing et de nomadisme digital

Bilan après 6 mois de Freelancing et de nomadisme digital

Fin décembre 2019, j’ai pris la décision de quitter LiveMentor, après deux belles années passées en tant que Copywriter (et divers rôles au Marketing), en CDI. J’avais pour projet de me lancer en freelance et de travailler sur un projet entrepreneurial : Sauce Writing.

C’était un choix réfléchi et une transition préparée depuis longue date, comme je l’explique dans mon passage dans le podcast Tribu Indé.

J’en ai profité pour expérimenter un mode de vie qui m’attirait : travailler en voyageant (que l’on appelle également “nomadisme digital”). Fin décembre 2019, j’ai donc rendu mon appartement à Paris, avec pour objectif d’être plus libre sur l’année 2020. Et c’est ce que j’ai fait :

  • Janvier 2020 : Alsace (chez mes parents)
  • Février 2020 : Canggu, Bali
  • Mars 2020 : Hô-Chi-Minh-Ville, Vietnam
  • Avril 2020 : Région parisienne
  • Mai 2020 : Alsace
  • Juin 2020 : Paris
  • Juillet 2020 : Bordeaux
  • Août 2020 : Alsace
  • Septembre 2020 : Prague

J’avais prévu de rester en Asie jusqu’en Mai (pour découvrir la Thaïlande et le Japon), mais le Covid est passé par là. Heureusement, j’ai quand même pu en profiter et je compte rester nomade sur les prochains mois.

Valentin Bali

 

Dans cet article, je prends le temps de tirer un bilan de cette indépendance économique et géographique dont je profite depuis 6 mois. S’il peut être utile à d’autres freelances ou aspirants freelances, j’en serais très heureux. 

 

 

Être freelance (ou entrepreneur) ne signifie pas être libre

Les mythes autour du freelancing sont nombreux et les formateurs aiment vendre le rêve d’une vie sans contraintes et sans emmerdes. 

Mais ce n’est pas le cas. Chaque situation possède son lot de difficultés et de complications associées. Chaque médaille possède son revers. 

Le salariat garantit une stabilité et une sécurité, en échange d’un manque de flexibilité et d’un cadre très fort. 

Le freelancing offre davantage de flexibilité et peut permettre de gagner plus d’argent, en échange d’une pression supplémentaire et d’un sens important des responsabilités. 

J’aime penser que la vraie liberté n’est pas de choisir une situation en fonction des avantages qu’elle offre, mais plutôt des contraintes que l’on est prêt à supporter. 

Le freelancing peut être un enfer si on n’est pas prêt à en encaisser les aspects négatifs. 

D’un coup, plus personne ne nous dit quoi faire. C’est à nous de trouver nos missions, de négocier nos tarifs, d’être bon pendant la prestation et de se faire payer à temps. Tous les mois (et plusieurs fois par mois).

Quand j’ai effectué ma transition, je m’y étais préparé. J’étais confiant dans ma capacité à travailler et être rigoureux, sans que l’on me dise quoi faire. Je le faisais depuis 4 ans : j’ai publié des centaines d’articles et mon deuxième livre, Expédition Créative, en parallèle de mon CDI.

Oui, le freelancing offre de la liberté et de la flexibilité. Si je n’étais pas freelance, je n’aurais pas pu voyager autant et je n’aurais pas eu le temps de travailler sur des projets perso. 

Mais cette liberté ne vient pas sans un prix : celui d’être rigoureux, organisé et d’une pression supplémentaire.

 

Une pression constante, pas toujours évidente à supporter

Ce qui nous amène à mon second point. 

J’ai eu la chance de me lancer dans le freelancing et l’entrepreneuriat par choix, et non par dépit. J’aime ce que je fais et je suis stimulé chaque jour.

Je mesure la chance que j’ai et je réalise à quel point c’est une situation enviable. 

J’écris ces lignes un mercredi soir à 22 heures, et je n’ai pas l’impression d’être “au travail”. 

Quand on se lance en freelance, on passe d’un salaire garanti tous les mois à zéro. Tout repose sur nos épaules. C’est libérateur, mais cela ajoute une pression supplémentaire.

On a du mal à décrocher et fixer des limites.

On peut toujours faire plus. Accepter une mission de plus. Travailler un week-end de plus. Gagner plus d’argent. 

On se dit qu’on serait bête de ne pas le faire si on en a les moyens. 

Après 6 mois en tant qu’indépendant, je peux affirmer que je travaille davantage qu’en salarié. Aussi bien en volume horaire qu’en intensité.

Quand on est salarié, on peut accepter d’avoir un coup de mou sur une journée. Quand cela arrive, on en supporte pas directement les conséquences. 

Un freelance a du skin in the game. S’il ne travaille pas pendant une journée, c’est du temps qu’il ne facture pas. C’est une mission qui n’avance pas. Une boîte email qui se remplit.

Plus de responsabilités. Plus de pression. Mais également une meilleure courbe d’apprentissage. 

Le temps est la ressource la plus précieuse d’un freelance

Que ce soit dans le cadre de mes projets perso ou pour mes clients en freelance, la partie centrale de mon travail consiste à écrire.

C’est la chose la plus importante de ma journée, qui détermine tout le reste. Si j’écris, tout va bien. Si je prends du retard, je devrai compenser le lendemain et je ne peux pas me le permettre.

Mes heures les plus productives se situent le matin. 

Il est donc de ma responsabilité de m’assurer que je dédie bien toutes mes matinées à l’écriture et que je laisse le minimum de choses me perturber.

L’enjeu est de trouver un équilibre avec les sollicitations externes : call avec de nouveaux clients potentiels, des partenaires pour Sauce Writing, d’autres freelances ou entrepreneurs pour échanger, opportunités diverses, nouveaux projets (https://longuevue.co),etc.

Depuis que je suis indépendant, j’ai réalisé que dire “non” est la chose la plus difficile au monde. Même les semaines où je suis complètement débordé, j’ai toujours du mal à dire non à un call pour une nouvelle mission potentielle.

J’y travaille, mais ce n’est pas évident.

Et après tout, je n’ai pas envie de refuser un call. C’est toujours intéressant de discuter avec de nouvelles personnes. On ne sait jamais ce que cela peut donner.

Être freelance, c’est aussi accepter que certaines choses nous échappent.

Il faut trouver le subtil équilibre entre le fait d’être très vigilant avec son temps, et tout de même laisser de la place à l’imprévu. 

Si le sujet vous intéresse, il fait l’objet de l’épisode 11 de Tuk Tuk.

L’importance de diversifier ses revenus 

Trois mois après mon lancement en freelance, une pandémie mondiale nous touche et nos économies subissent la plus forte récession depuis 1929.

Étrangement, cela ne m’a pas stressé plus que cela. J’étais sûr de mes forces et confiant en mes capacités à réussir. 

Je crois d’ailleurs que la confiance en soi est le plus grand atout d’un freelance. 

Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire exactement. Par contre, j’ai une confiance sans faille dans ma capacité à me bouger, à avancer dans la bonne direction et à apprendre ce que je dois apprendre.

Ma transition était le fruit d’un processus amorcé depuis longtemps. Cela fait plusieurs années que je construis des assets et des avantages compétitifs pour me permettre de réussir en tant qu’indépendant.

Je vois chaque article que j’ai écrit (sur mon compte Medium, sur ce site, sur Sauce Writing) comme une graine que j’ai plantée et dont je récolte les fruits depuis que je me suis lancé en Freelance.

 

diversifier revenus freelance

J’ai eu la chance de chercher à diversifier mes revenus très tôt, ce qui m’a permis de traverser le confinement et la phase de flottement que l’on a connue au début, sans trop de problèmes.

En Avril 2020, toute la partie freelance de mon activité s’est mise à l’arrêt. Les entreprises faisaient face à une grande incertitude quant à l’avenir et il fallait couper les dépenses (notamment les freelances) pour ne pas se mettre en danger. 

Heureusement, les choses que j’avais mises en place depuis plusieurs mois avec Sauce Writing ont commencé à porter leurs fruits. Les revenus générés grâce à Sauce Writing ont permis de compenser la baisse des missions freelance.

Depuis cet épisode, je réalise encore davantage l’importance de diversifier ses sources de revenus et de devenir anti-fragile.

  • Sur les 6 premiers mois de l’année 2020, 60% de mes revenus viennent de mes missions en Freelance
  • Les 40% restants viennent de Sauce Writing
  • Je travaille également sur un nouveau projet appelé Longue Vue pour continuer cette diversification
  • Les deux livres que j’ai publiés me rapportent entre 50€ et 100€ chaque mois
  • J’épargne au maximum et diversifie mes placements : épargne liquide, assurance-vie, PEA, cryptos, actions
  • Je suis en train d’effectuer mon premier achat immobilier, en Alsace

Je veille également à construire des actifs immatériels, qui me serviront à générer de nouvelles sources de revenus, à l’avenir : liste email, personnes qui me suivent, publication d’articles, élargissement de mon réseau, etc.

 

écrire article freelance marque perso

Mieux vaut travailler avec une poignée de gros clients qu’une multitude de petits clients

Après ces 6 mois d’activités en freelance, j’ai également compris qu’il est difficile de tenir sur la durée si on passe son temps à enchaîner les petites missions.

À l’inverse, mieux vaut travailler avec uniquement deux ou trois clients, de manière récurrente. Si possible sur plusieurs mois.

Chaque mission demande un temps d’adaptation, un nouveau brief, une nouvelle manière de travailler, de communiquer, un nouveau sujet à traiter, une industrie à découvrir, etc.

C’est passionnant, mais cela demande du temps et de l’énergie. 

Au début d’une mission, il faut également prendre en compte un temps de découverte et de négociation avec le client, qui ne rentre pas dans le temps de prestation facturable. Plus on travaille avec des clients différents et plus cette phase occupe une place importante de nos semaines.

Pendant ces 6 premiers mois, j’ai travaillé avec maximum 3 clients différents au cours d’un même mois.

Cela permet d’être plus efficace et de retrouver une certaine stabilité.

Être la moyenne des 5 freelances que l’on côtoie le plus 

Tim Ferriss démarre la Semaine de 4 heures par une citation que j’aime beaucoup : “la réalité n’est qu’une illusion, bien que très tenace”

Notre environnement fabrique notre perception du monde. 

Les gens que l’on côtoie, les inspirations que l’on suit et les contenus que l’on consomme façonnent notre vie. Ils influencent nos réflexions et nos décisions.

Pour réussir en freelance, j’estime qu’il est essentiel de se créer un cercle d’autres bons freelances autour de soi.

Quand on débute, ces personnes étendent notre champ des possibles et nous montrent que ce mode de vie est atteignable.

Quand on progresse et que l’on veut se développer, ils nous montrent la voie à suivre.

J’insiste sur ce point car il est essentiel. 

Notre environnement définit notre réalité.

Si on passe notre journée à côtoyer des freelances mal payés et qui galèrent, on aura l’impression que c’est la norme. On va s’y habituer et reproduire ce schéma.

À l’inverse, si on passe notre temps avec des freelances qui s’épanouissent avec des bons clients et qui facturent le double de nous à la journée, cela va nous tirer vers le haut et augmenter notre plafond.

En 2010, Chris Bosh rejoint l’équipe NBA du Miami Heat. Il évolue alors au côté de deux des meilleurs joueurs du moment : Dwyane Wade et Lebron James.

“C’est l’une des choses que je chéris le plus de mon séjour là-bas [à Miami] : chaque jour, Lebron et Wade m’ont inspiré à me dépasser et à aller plus loin. 

Il n’y a pas eu un seul entraînement pendant nos quatre années ensemble où ils ne m’ont pas encouragé à tout donner ; et j’aime à penser que j’ai fait la même chose pour eux. 

Quand Lebron m’a dit qu’il avait réinventé une manière de ses mouvements au début de la saison 2012, je savais que je devais aussi passer à la vitesse supérieure.”

L’être humain agit par mimétisme. Il est de notre responsabilité de veiller à avoir les bonnes inspirations et de constamment se challenger. 

Si mes aventures de digital nomade vous intéressent, je m’amuse à tourner des vlogs sur ma chaîne Youtube.

Ne manquez pas mes prochains articles !

Au programme : entrepreneuriat, freelance, marketing & lectures.

Il ne peut rien m’arriver, je suis prêt.

Il ne peut rien m’arriver, je suis prêt.

Cet article est une note à moi-même, que j’espère pouvoir relire dans quelques années.

J’ai commencé à le rédiger dans le petit carnet Moleskine que je traîne toujours avec moi. 

À la base, je ne comptais pas le rendre public. Non pas parce qu’il contient des informations privées ou confidentielles. Mais parce que je me disais qu’il n’allait concerner personne d’autre que moi. Que ce n’était qu’une pensée que j’allais garder pour moi-même.

carnet de note

En l’écrivant, je me suis rendu compte qu’il faisait partie de mon processus créatif. Il constitue une étape importante du chemin que je parcours. 

Alors j’ai décidé de le publier sur mon blog et de le rendre public. Je veux être transparent dans ma démarche et parler de toutes les étapes de la création. Y compris ce qu’il se passe après.

Mon nouveau livre, Expédition Créative, sort dans une dizaine de jours, le 23 octobre 2019.

C’est un accomplissement personnel immense. J’en suis très fier. C’est l’aboutissement d’une année de travail et de 5 années de réflexion.

Quoi qu’il arrive je serai heureux. J’ai accompli ma mission. J’ai donné tout ce que j’avais.

Forcément, je vais scruter les chiffres de vente. Je vais observer les réactions et les premiers retours.

Mais j’essaie de me détacher au maximum de ces facteurs extérieurs de réussite sur mon travail.

Je veille à ne pas attacher mon bonheur à un certain nombre de ventes ou de “likes”.

Plus j’attire de lecteurs et mieux ce sera, bien sûr. Mais je ne veux surtout pas me dire : “je serai heureux si je vends 1 000 livres en 2 mois.”

C’est la recette pour être déçu et ne jamais être tranquille. 

On veut toujours plus. On peut vite rentrer dans une spirale d’insatisfaction chronique.

“Si seulement je faisais X milliers d’euros de chiffre d’affaires”

“Si seulement mon appartement faisait 20 mètres carré de plus”

“Si seulement je possédais cet objet”

On passe à côté de tout le reste. De tout ce qui va bien.

J’ai l’impression qu’être heureux signifie être à l’aise avec ce que l’on possède déjà. 

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas être ambitieux et vouloir plus. Simplement que la paix se trouve à l’intérieur de nous-même. 

Avec Expédition Créative, quoi qu’il se passe, je sais que mon job est fait. 

J’ai aimé chaque instant du processus. Chaque minute qui m’a amené à la publication de ce livre. Même les moments difficiles.

C’était un sentiment incroyable, que je ne retrouve nulle part ailleurs. C’est presque viscéral.

C’est la plus belle récompense. Je ressens de la gratitude.

Je ne contrôle pas ce qui va m’arriver ensuite.

Mais je suis prêt. Il ne peut rien m’arriver.

Quoi qu’il se passe, je retournerai au combat demain, comme un professionnel. Toujours le couteau entre les dents.

“Demandez-vous : que se passe-t-il si personne n’achète mon livre ? Que se passe t-il si je n’en vends pas un seul ? Si je n’arrive pas à le publier ?
Allez-vous continuer à écrire ? Si la réponse est “oui, parce que je le dois”, alors vous êtes un écrivain.” – George R.R. Martin

 

Les 3 choses que j’aurais aimé savoir avant d’entrer en école de commerce

Les 3 choses que j’aurais aimé savoir avant d’entrer en école de commerce

À la fin de ses podcasts, Tim Ferriss pose toujours la même question à ses invités :

Qu’est-ce que tu te dirais à ton toi d’il y a 20 ans ?

J’aime bien cette question. Elle permet de mesurer le chemin parcouru et de réfléchir aux leçons tirées ces dernières années.

Quand je repense à mes années en école de commerce, je me la pose parfois.

Je sortais de deux années en classe prépa. J’étais ambitieux et j’aimais créer des choses. Mais j’étais surtout naïf et immature. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie. 

Je me demande ce que j’aurais aimé qu’on me dise, le jour où j’ai mis les pieds pour la première fois sur le campus.

Six ans plus tard, voici mes réponses.

1. “N’accorde aucune importance à l’opinion des autres”

On a tous une petite vingtaine d’années et, pour la plupart, c’est la première fois que l’on quitte le foyer familial.

Notre identité est encore en construction et on arrive dans un nouvel environnement, dans lequel il faut s’intégrer. Personne ne veut être laissé sur le côté. Personne ne veut être celui qui n’est pas invité aux soirées.

Sans le vouloir, on tombe dans des jeux de statuts et des batailles d’ego :

  • Qui va rejoindre la meilleure association ?
  • Qui va faire campagne pour gérer le BDE (l’association qui organise la vie étudiante de l’école) ?
  • Qui organise les meilleures soirées ?
  • Qui est considéré comme le mec “cool” de l’école ?

Sur le moment, ces questions paraissent importantes. Elles animent les discussions.

On accorde beaucoup d’importance à ce que les autres pensent de nous.

Même si globalement, j’ai su en resté éloigné, j’ai parfois hésité à faire des choses par peur du regard des autres et du jugement.

Rétrospectivement, c’était idiot.

Aujourd’hui, je me dirais :

“Reste éloigné de tout cela. Ne cherche pas à plaire à tout le monde, c’est inutile et illusoire. Surtout, développe des relations profondes avec un petit groupe de personnes.”

2. “Ne te met pas trop de pression, ça va aller”

S’il y a bien une chose pour laquelle les écoles de commerces sont utiles, c’est sur la professionnalisation. 

En arrivant en école, je n’avais encore jamais fait de stage en entreprise. Je ne connaissais pas le terrifiant “monde de l’entreprise”.

J’ai eu la sensation de rapidement franchir un palier sur ce point : la majorité de nos profs sont des professionnels extérieurs, on doit faire des stages chaque année et on nous pousse à nous poser des questions sur notre future carrière.

Il faut rapidement savoir ce que l’on veut faire pour trouver les bons stages, choisir la bonne spécialisation et construire un CV cohérent. Attention aux lignes et aux expériences contradictoires, elles peuvent faire peur aux recruteurs !

Mais comment on fait quand on ne sait pas quoi faire ? 

Cela peut parfois mettre la pression et faire peur. C’est super dur de décider de l’orientation d’une carrière et d’une vie à 22 ans. J’en étais incapable. J’étais complètement immature.

On a l’impression qu’il ne faut pas prendre de retard, que chaque choix compte et conditionne notre avenir. Le sentiment de devoir réfléchir méthodiquement et stratégiquement à chaque décision.

Aujourd’hui, je me dirais de me détendre.

C’est normal de ne pas savoir quoi faire ; 6 ans plus tard, je sais à peine ce que je souhaite faire pour les 2 ou 3 prochaines années.

Tout reste toujours ouvert. On garde le pouvoir de changer de trajectoire. Aucun choix n’est définitif.

“Ne t’inquiète pas trop.

N’essaie pas de suivre la voie la plus prestigieuse et de faire ce qui est “socialement bien vu”. Prends du temps pour explorer et apprendre à te connaître. Tu trouveras ensuite ta voie. “

3. “Profite de ton temps libre pour explorer et faire des projets”

Tous les étudiants sortent de l’école avec plus ou moins avec le même profil : les mêmes associations, les mêmes stages, les mêmes expériences et les mêmes spécialisations. Et on multiplie ça par des dizaines d’écoles en France.

L’école nous pousse à nous conformer aux parcours classiques et à suivre les voies “prestigieuses”.

Aujourd’hui, ce qui fait la différence, c’est justement la singularité et la combinaison d’aptitudes uniques. Le fait d’être remarquable : devenir bon dans un domaine rare.

L’école nous accorde également beaucoup de temps libre à côté pour mener des projets et s’investir dans la vie associative.

C’est une vraie chance. J’aurais aimé commencer plus tôt à profiter de ce temps pour mener plus de projets, explorer davantage et me démarquer des autres.

Je me dirais :

“Profite du temps que tu as à ta disposition pour essayer plein de choses. Fais des choses par toi-même. N’attends pas que l’on vienne te prendre pas la main. Développe des compétences et démarque-toiCultive ta singularité.” 

 

 

Faut-il suivre sa passion ? Sortons des clichés.

Faut-il suivre sa passion ? Sortons des clichés.

Fais quelque chose que tu aimes et tu n’auras plus à travailler un seul jour de ta vie

Écoute ton coeur et tout ira bien

Oui, oui et oui.

Ces conseils sont importants. Trop souvent, on choisit le pragmatisme au détriment de ce que nous disent nos tripes et notre coeur.

On veut avoir la belle carrière. On cherche le nom d’entreprise prestigieux pour son profil LinkedIn. On vise le poste bien payé.

On pense devoir faire des sacrifices pour construire cette carrière. On pense que succès professionnel et passion ne peuvent pas rimer pas ensemble, sauf pour quelques privilégiés.

On fait ce qui est attendu de nous. On joue le jeu de la politique interne pour être dans les petits papiers du boss. On suit le plan de carrière que l’on s’est dessiné 5 ans plus tôt, à la sortie des études.

Un jour, on se réveille. On se rend compte que rien de tout cela n’a de sens. Cette quête vers le toujours plus ne nous rend pas heureux. À quoi bon ?

Le problème, c’est qu’il est très dur de revenir en arrière et de faire autrement.

Entre temps, on a oublié qu’il est possible de faire les choses par passion.

On pense que c’est impossible, à moins de devoir faire une croix sur le succès, une carrière remplie ou une vie confortable.

On s’imagine que “vivre de passion” est un synonyme de “mener une vie précaire“.

Alors oui, les injonctions au bonheur et au fait de suivre sa passion sont importantes. Ne serait-ce que pour compenser tout ce que l’on nous a toujours inculqué.

faut il suivre sa passion ?

Mais attention à ne pas tomber dans le piège inverse : celui de croire que la passion est une solution à tout.

Les vertus de la passion

La passion est un formidable moteur. Elle nous tient éveillé et nous permet de persévérer quand les difficultés se présentent.

Faire ce qui nous passionne tous les jours, c’est la garantie de mener une vie heureuse (au moins sur le plan professionnel).

Quand on monte un projet, on dit souvent que le plus important n’est pas la finalité, mais le voyage. Passée l’excitation des débuts, on se retrouve seul face à la tâche à réaliser :

  • L’écrivain est seul, face à son texte
  • Le sportif est seul, à la salle d’entraînement
  • L’entrepreneur est seul, face à des clients qu’il essaie de convaincre

C’est dans ces moments que tout se joue. Dans ce que Scott Belsky appelle le “Messy Middle“.

Le voyage est semé d’embûches, demande une endurance à toute épreuve et les premiers résultats mettent généralement plusieurs années avant de pointer le bout de leur nez. Sans parler du fait que 95% des startups (et projets au sens large) échouent et ne passent pas le cap des deux années d’existence.

Alors pourquoi se lancer dans un projet qui ne nous passionne pas ? Pourquoi s’imposer ce fardeau supplémentaire ? 

Autant faire en sorte que chaque étape du voyage soit la plus plaisante possible !

La plupart des écrivains mettent plusieurs dizaines d’années avant d’atteindre le succès. Mieux vaut être passionné pour tenir la distance : la solitude et la difficulté de la tâche passent mieux. 

Pour les personnes qui souhaitent construire une grande carrière, c’est la même chose. C’est déjà suffisamment difficile comme cela ; pourquoi se forcer à travailler dans une discipline qui ne nous donne aucun plaisir ?

C’est ce fameux mantra qui dit : “suis ta passion et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie“. C’est exagéré, mais l’idée est là.

Le danger de suivre sa passion

Mais même si elle rend le voyage plus agréable, la passion seule ne nous fait pas avancer et atteindre nos objectifs.

La première chose dont il faut prendre conscience, c’est qu’une passion n’est pas une carrière (ou un projet).

Ma passion pour le football ne m’a pas permis d’en vivre et de devenir professionnel. Idem pour l’écriture : ce n’est pas la passion qui me permettra un jour d’en vivre. 

Généralement, plus un domaine est populaire ; plus il y a de passionnées qui souhaitent s’y faire une place. Il faut montrer plus. La compétition est forte et il faut se démarquer.

L’argument qui consiste à dire,je serai bon au quotidien parce que j’adore ce domaine” ne suffit pas.

La deuxième chose, c’est qu’à trop se focaliser sur sa passion, on adopte une attitude passive vis-à-vis de celle-ci.

On voit la passion comme un élément extérieur. On attend que la chose vienne à nous. On espère réussir. On espère être choisi. Être l’élu.

On traite la passion comme un élément extérieur que l’on va atteindre une fois et qui règlera tout. Comme une sorte de cérémonie de passage.

“Félicitations, tu vas désormais pouvoir vivre de ta passion et mener une vie heureuse”.

Le problème, c’est qu’on ne parle de compétences concrètes à un aucun moment.

Rien ne dit que l’on sache faire des choses qui ont de la valeur.

Pratique délibérée is the way

La passion devient une carrière (ou un projet), quand on adopte une attitude active vis-à-vis de celle-ci.

Elle devient une carrière quand on se comporte comme un artisan, qui se demande tous les jours comment il peut améliorer ce qu’il fait. C’est l’une des grandes leçons que je tire de l’analyse de mes auteurs favoris : Seth Godin, Ryan Holiday ou encore Tim Urban.

Ils se fixent des objectifs et deviennent obsédés par une seule question : que puis-je faire maintenant, pour avancer sur mon chemin ?

La progression est la seule chose qui compte. Et pour progresser, il faut cesser de voir sa passion comme un hobby ou un passe-temps.

Dans tout progrès, il y a une notion d’effort, difficulté et de douleur.

Ce n’est pas en faisant tous les jours les mêmes exercices, à la même intensité, que l’on progresse. Il faut se forcer à faire un peu plus que la veille. Repousser ses limites de quelques centimètres supplémentaires.

Le progrès demande un effort conscient. C’est ce que l’on appelle : “pratique délibérée“.

La passion pour l’écriture ne me permettra pas d’en vivre. Par contre, une pratique rigoureuse et consciencieuse, sur le long terme, peut m’offrir une chance.

Je peux écrire des textes dans mon coin, pour me “faire plaisir”. Ou je peux rendre mon travail public, récolter des feedback et me placer dans une démarche d’amélioration continue.

Je peux avoir une passion pour la natation et nager de temps en temps, pour le plaisir. Mais si je veux en faire mon métier :

  • Je dois m’entraîner tous les jours
  • Améliorer la coordination de mes mouvements
  • Gagner en efficacité sur mes plongeons
  • Muscler mon corps pour gagner en vitesse

 

L’idée que je veux transmettre dans cet article est simple.

Quand on veut quelque chose, il faut aller le chercher. Adopter une posture active afin de développer les compétences et devenir très bon dans ce que l’on fait. 

Dans ce processus, bien sûr que la passion aide. Elle apaise la douleur de l’effort.

Mais elle ne le remplacera jamais.

On devient inarrêtable quand on se passionne pour la pratique délibérée et quotidienne de son art.