C’est souvent plus simple qu’on ne le pense

C’est souvent plus simple qu’on ne le pense

Mon ambition pour les prochains mois : développer ce blog au maximum et voir où cela peut me mener.

Pour ce faire, je me pose de nombreuses des questions :

  • comment aller plus vite pour fédérer une communauté autour de mes articles ?
  • comment écrire de meilleurs articles et de meilleurs titres ?
  • comment mieux distribuer mes articles ?
  • comment faire en sorte que plus de gens tombent sur la page Amazon de mon livre et le lisent ?
  • comment mieux optimiser mes articles et mon site pour le SEO ?
  • comment récupérer davantage d’adresses email de personnes intéressés par ce que j’écris ?
  • etc

Je passe du temps à écumer des articles qui expliquent comment tel site a réussi à doubler son trafic, ou multiplier par 4 ses conversions, pour trouver des solutions à ces questions.

Dans mon article sur l’expression “fake if until you make it“, j’évoquais déjà ce sujet en filigrane. Je parlais de cette recherche de techniques et de hacks, qui nous rend impatients et nous pousse vers le toujours plus. 

Récemment, j’ai remarqué autre chose : en me posant autant de questions, je me distrais et je complexifie outre mesure ce que je dois faire.

Ces questions me détournent de ma tâche

Quand je prends le temps d’y réfléchir, je m’en rends compte qu’en réalité, c’est plus simple que cela.

Si je reprends mon objectif, développer ce blog, ma feuille de route est beaucoup moins complexe que cela.

Évidemment que je pourrais passer plus de temps sur la distribution, rejoindre des communautés pour me faire connaître ou faire mille autres choses.

Mais ce blog n’est pas mon activité à plein temps et je dois faire des choix. Je dois allouer mon temps en fonction de ce qui aura le plus d’impact, avec le minimum d’effort de ma part.

Une fois que l’on raisonne de cette manière, on se rend compte que ce n’est pas si complexe que cela.

Mon seul focus doit être d’écrire les meilleurs articles possibles, le plus régulièrement possible.

Le reste viendra naturellement et sera une conséquence de ce travail.

Je n’ai pas besoin de me prendre la tête pour optimiser X ou Y, surtout à ma petite échelle.

Je dois juste être rigoureux dans mon travail quotidien et patient sur le long terme.

Je pense que c’est également valable pour n’importe quel projet. Il faut se concentrer sur deux choses :

  • Créer le meilleur produit possible
  • Le distribuer aux bonnes personnes, si possible un petit groupe

Ça paraît bateau, je sais. Mais quand on se focalise uniquement là-dessus, beaucoup de questions disparaissent et l’horizon s’éclaircit.

Les interrogations sur comment mieux optimiser son temps et où concentrer ses efforts n’ont plus raison d’être. Notre to-do list se simplifie et on ne se pose plus 1 000 questions.

Dans mon cas, cela veut dire que je ne dois me poser qu’une seule question : comment écrire les meilleurs articles possibles ?

Capitaliser sur ce qui fonctionne déjà

Cela fait 2 ans que j’essaie de créer régulièrement du contenu sur Internet.

2 ans dans une vie, c’est peu. Mais quand je regarde en arrière, je me dis que les bienfaits ont été très nombreux : j’ai rencontré de super personnes, j’ai écrit un livre et j’ai même trouvé un job en Copywriting

Certains de mes articles ont bien marché et j’ai eu un début de “traction”.

Alors plutôt que de m’interroger sur les techniques à utiliser pour aller encore plus vite, je dois juste intensifier mes efforts sur ce qui a déjà marché et continué à faire ce qui a m’a amené juste ici.

Écrire les meilleurs articles possibles, créer de la confiance en ne manquant jamais un rendez-vous avec mes lectures et en publiant, toutes les semaines, sans faute.

Le plan est limpide, il ne reste plus qu’à l’exécuter.

Si je parviens à maintenir cette discipline pendant 3 ou 4 ans, cela peut vraiment créer quelque chose de chouette.

C’est le défi que je me lance.

Le problème d’une génération : “Fake it until you make it”

Le problème d’une génération : “Fake it until you make it”

“Théo, 24 ans, multimillionnaire et coach de vie.”
“Damien, conseiller en relations humaines et accélérateur de réussite.”
“Julien, entrepreneur à succès et expert en Marketing.”

Depuis peu, on assiste à une prolifération de ce genre de profils bullshit sur les réseaux sociaux.

Des soi-disant entrepreneurs à succès qui s’inventent une vie – un titre LinkedIn peut également suffire – pour nous donner envie d’échanger la formule miracle qu’ils ont mise au point, contre quelques centaines d’euros.

Comme si toute une nouvelle génération s’était mise à appliquer au pied de la lettre le fameux adage startup “Fake it until you make it. Avec l’espoir de la reconnaissance et de l’argent facile.

problème fake it until you make it

Avant d’aller plus loin dans cet article, j’aimerais souligner qu’il existe des situations pour lesquelles l’expression “Fake it until you make it” peut être positive.

Elle nous rappelle que :

  • l’on n’a pas besoin d’être à 100% certain de ce que l’on va faire avant de se lancer. C’est normal (et sain) de ne pas savoir précisément où l’on veut aller. Le meilleur moyen de trouver son chemin est justement de commencer à avancer, de mettre un pied devant l’autre et d’expérimenter les choses
  • l’on est tous en proie aux doutes, même les meilleurs dans leur domaine. Ce qui compte, c’est de parvenir à les surmonter pour avancer quoi qu’il arrive
  • le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité. Peu importe qui l’on est et d’où l’on vient, on possède tous nos chances

Le problème avec “fake it until you make it”

Le problème vient quand on ne pense qu’au “fake it” et que l’on oublie que c’est la dernière partie de l’expression qui compte.

On oublie que “Fake it” n’est qu’un moyen pour arriver à une fin, “make it”.

Ce n’est qu’un moyen pour atteindre ce que l’on veut faire ou devenir qui l’on veut être.

On oublie que les choses demandent du travail et du temps.

On oublie que rien ne vient sans effort. Il faut toujours garder en tête que derrière chaque succès, se cachent des heures de labeur et d’abnégation dans l’ombre.

On peut se rassurer au début en “fakant” les choses. Mais il n’y a pas d’autres solutions que de vraiment faire les choses. Heureusement (oui, heureusement), il n’existe aucun raccourci.

Lots of people want to be the noun without doing the verb. They want the job title without the work.” – Austin Kleon

J’adore cette citation ; elle résume parfaitement mon point.

  • On ne peut pas être forgeron sans forger
  • On ne peut pas être écrivain sans écrire
  • On ne peut pas être musclé sans aller à la salle de sport
  • etc

Je ne veux surtout pas me placer dans la position de celui qui a tout compris (je n’ai moi-même aucune idée d’où je souhaite aller).

Mais je trouve que l’on veut trop vite s’auto-proclamer expert de ceci ou de cela.

On veut gagner de l’argent facilement.

On veut devenir un “influenceur” rapidement.

On veut avoir la vie de nos rêves, tout en faisant le moins d’effort possible.

Ça ne fonctionne pas comme ça…

Ce n’est pas entièrement de notre faute

Comment nous en vouloir ?

Le temps s’accélère et notre environnement joue contre nous. Il nous pousse à tout vouloir plus vite, plus facilement, etc.

Les réseaux sociaux nous montrent la meilleure vie des autres. Ils nous donnent l’impression que tout est formidable autour de nous. Et on se compare irrémédiablement.

On est en permanence abreuvés de photos, vidéos et textes de personnes qui réussissent, ou prétendent réussir. Les fameuses photos des “digital nomades” qui travaillent depuis une plage à Bali.

Le pire, c’est que l’on est incapable de distinguer le vrai du faux. Qui sait réellement ce qui se cache derrière un tweet ou une photo Instagram ?

Problème fake it until you make it

Je suis en fait dans mon lit, je viens de manger des Chocapic et j’ai froid.

La conséquence, c’est que l’on cherche des hacks et des techniques de court terme pour gagner 150% d’efficacité ou gagner 8x plus en y passant 2x moins de temps.

fake it until you make it

Une bien triste question Quora

L’explosion du nombre de personnes qui se lancent dans l’aventure startup avec l’espoir de la revente 3 ans plus tard, de coachs pour entrepreneurs ou de gens qui se lancent dans le dropshipping en est une belle illustration.

D’ailleurs, qu’est-ce que le dropshipping, si ce n’est le rêve d’un revenu prétendument facile et rapide ? En réalité, c’est tout le contraire, mais c’est ce que l’on fait croire à ceux qui se lancent.

Le message que je veux transmettre avec cet article, c’est que les choses prennent du temps. Souvent beaucoup plus que ce que l’on peut penser.

There are no Get-rich-quick schemes. If you see a Get-rich-quick scheme, that’s somebody else, trying to get rich off of you”  – Naval Ravikant

Il faut faire, encore et encore, avant d’espérer devenir bon dans un domaine. Il faut être prêt à répéter les efforts pendant plusieurs années. Il faut être obsessionnel avec sa discipline et la traiter comme un artisanat.

C’est la leçon principale que je retiens de l’analyse que j’ai faite des mes blogueurs et auteurs favoris : Seth Godin, Ryan Holiday, Nicolas Cole et Tim Urban.

Tous se comportent comme des artisans. Tous cultivent et perfectionnent leur art quotidiennement. Lentement et délibérément, dans le but de devenir meilleurs que la veille.

Le succès n’est jamais soudain. Il est la conséquence de l’accumulation de petits avantages construits dans le temps.

 

 

Je viens de passer 10 jours à comparer ma vie avec celle des autres

Je viens de passer 10 jours à comparer ma vie avec celle des autres

Je rentre tout juste d’un voyage d’une dizaine de jours à New-York.

Je suis allé rendre visite à un ami qui vit sur place.

C’était ma première fois aux États-Unis et je dois avouer que New-York est une ville fascinante. Je l’ai tellement vu sous toutes ses formes (télé, cinéma, livres, etc), qu’elle me paraissait familière. La simple vue des gratte-ciels me donnait un boost de motivation dès le matin. C’est comme si elle exerce un pouvoir mystique sur ses visiteurs.

C’est également une ville plein de contraste. Elle fait ressortir tout ce que notre monde a de plus extrême et pousse sans cesse à une consommation déraisonnée. L’opulence côtoie la pauvreté de manière presque malsaine.

J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs autres Français, travaillant également à New-York.

Je les interrogeais sur ce qu’ils faisaient, quels étaient leur parcours et comment ils s’y étaient pris pour décrocher un job ici.

Je me suis retrouvé à me demander sans cesse :

“Est-ce que j’aimerais être à leur place ? Est-ce que j’aimerais vivre ici ?”

Un mimétisme s’installe

Dans 1 mois, j’ai 25 ans.

C’est encore jeune, je sais.

Mais j’ai l’impression de ne pas avoir de temps à perdre. Que je dois faire les bons choix et que ma vie se joue maintenant.

J’ai peur du temps qui passe. J’ai peur de passer à côté de choses dans ma vie. J’ai peur de ne pas saisir les opportunités qu’offre la jeunesse.

Le truc, c’est que je ne sais pas encore précisément quoi faire. J’ai des intuitions et la direction que je souhaite prendre semble se préciser, mais rien de définitif. 

La situation des Français que j’ai rencontrés à New-York était, sur le papier, très enviable :

  • Ils vivent dans l’une des (si ce n’est la) meilleures villes du monde
  • Ils gagnent bien leur vie
  • Ils ont des boulots assez intéressants
  • Ils ne font pas des horaires trop contraignants (9 to 5), ce qui leur laisse du temps pour faire d’autres activités à côté
  • Ils vivent une expérience incroyable à l’étranger

Forcément, je me comparais à eux.

Inconsciemment, un mimétisme s’est mis en place dans ma tête. Je commençais à envier leur situation.

Je commençais, moi aussi, à rêver de leur vie.

Je commençais à avoir les mêmes ambitions qu’eux. 

“Est-ce que je serais heureux à leur place ?”

À mesure que je traversais les rues de Manhattan et laissais mes yeux se poser sur les immenses buildings, cette question revenait sans cesse.

De retour de mon voyage, j’ai pris le temps d’y réfléchir à tête reposée.

J’ai réalisé que je glissais sur une pente dangereuse : celle de la comparaison. 

J’évaluais ma vie, avec les doutes et les faiblesses dont je suis conscient, avec la situation qu’ils renvoyaient extérieurement.

Le problème, c’est qu’ils ne me parlaient pas des points négatifs de leur vie à New-York. Ils en ont comme tout le monde. Sauf que je ne pouvais pas les voir. 

Bien qu’en apparence leur vie semblait idéale, la vision que j’en avais était forcément biaisée.

Personne n’expose publiquement ses peurs et ses failles.

”Comparison Is the Thief of Joy” – Theodore Roosevelt


L’autre truc, c’est que je calquais, sans le vouloir, mes désirs et ambitions sur les leurs. 

j’oubliais progressivement qui j’étais, pour penser comme eux.

C’est un piège redoutable, car cela nous détourne de qui nous sommes réellement.

On se met à faire les choses en fonction des codes, des normes et de ce qui est socialement bien vu. On finit par s’oublier et ne plus être en accord avec soi-même.


Enfin, j’ai réalisé que j’étais pleinement satisfait de ma situation actuelle.

Bien sûr que l’on peut toujours avoir plus, gagner plus, vivre dans une meilleure ville, avoir de meilleures relations et améliorer les choses.

Mais je pense que la première chose à faire pour être heureux, est de savoir accepter et reconnaître la valeur de ce que l’on possède déjà. 

Le pouvoir de l’humilité

Le pouvoir de l’humilité

Je me sentais ridicule.

Je venais de gâcher 3 heures à débattre de politique avec un de mes amis sur Facebook.

Une énième soirée gâchée à m’énerver pour des futilités.

Je pensais avoir raison. Lui aussi.

On a tout les deux quitté ce “débat” frustrés. Incapables de convaincre l’autre que son point de vue était le bon. Incapables de faire preuve d’empathie pour comprendre ses arguments.

Tout a commencé par un article qu’il avait partagé sur son mur.

Je n’ai pas pu m’empêcher de commenter un pavé pour lui montrer mon désaccord. Il a commenté un pavé deux fois plus gros. La discussion s’est emballée.

Ce n’était pas la première fois que ce genre de choses m’arrivaient.

À vrai dire, il y a quelques années, c’était même assez fréquent.

Toutes les semaines, je me lançais dans d’innombrables discussions politiques ou économiques. Je pensais devoir avoir un avis sur tout. Tout commenter et tout analyser.

Je n’avais rien compris.

Que sais-je ?

Pendant une grande partie de ma vie, je pensais tout savoir.

Je pensais que ma vision du monde était la seule qui vaille. Je pensais que si les autres n’étaient pas d’accord ou qu’ils ne faisaient pas comme moi, c’est qu’ils n’avaient rien compris à la vie.

J’analysais leurs décisions en fonction de mes expériences et de ma vision personnelle du monde. Je n’essayais pas de me mettre à la place des autres.

Il y a 3 ans, j’ai pris une claque.

Je me suis mis à lire énormément, dont pas mal de biographies. Notamment celles de Socrate, De Vinci et Einstein.

Ces hommes brillants ont dédié leur vie à la connaissance et au savoir.

Une chose m’a frappée chez eux.

Tous soulignent à quel point la quête de la connaissance dans un domaine est infinie et que personne ne peut avoir la prétention de tout savoir.

Plus ces personnes en savaient, plus elles se rendaient compte qu’ils leur restaient énormément d’autres choses à apprendre.

Tous avaient pris la mesure de la complexité des choses.

Tous avaient compris qu’ils n’étaient que des grains de sable dans l’univers.

Si les plus grands Hommes de l’humanité étaient les plus humbles, comment pourrais-je ne pas l’être ?

Je tombais dans la facilité

En réalité, dès que je dressais un jugement rapide sur une situation, je laissais mon ego prendre le dessus.

C’était une grave erreur.

Mon ego m’empêchait d’apprendre. Il m’empêchait de visualiser mes lacunes et mes faiblesses. Il m’empêchait de reconnaître quand j’avais tort et donc, quand je devais revoir mon mode de pensée et me remettre en question.

L’ego est coriace.

Ce n’est pas de l’arrogance au sens mauvais du terme. C’est plutôt une facilité dans laquelle on peut tomber sans s’en rendre compte. 

Une facilité qui prend la forme de conclusions hâtives que l’on tire.

Quelque part, cette facilité est confortable. Elle nous donne une vision binaire du monde. 

Elle nous fait croire que le bien et le mal existent. Que les choses sont comme ça, et pas autrement.

C’est tout le contraire

Je pense, au contraire, que l’humilité est la plus grande des qualités à avoir (ou à développer).

Parce qu’il y a toujours quelque chose de plus à apprendre.

Un autre point de vue à découvrir.

Une opinion contraire à laquelle se confronter.

Parce que les choses sont toujours plus complexes qu’il n’y paraît. Qu’il y a toujours une histoire cachée que l’on ne connaît pas. Un contexte singulier qui rend la situation incompréhensible au premier coup d’oeil.

« Nous vivons sur une île entourée d’une mer d’ignorance. Au fur et à mesure que notre île de connaissance grandit, de même le rivage de notre ignorance. » –John Archibald Wheeler

Récemment, on m’a demandé ce que je pensais des dernières réformes politiques.

J’ai répondu que c’était trop complexe et que je n’étais pas compétent pour avoir un avis tranché sur le sujet.

Je préfère rester neutre et laisser la parole à ceux qui dédient leur vie à l’étude de ces questions. 

Les gens s’en foutaient de moi. Et c’était génial.

Les gens s’en foutaient de moi. Et c’était génial.

Je me sentais honteux et j’étais terrifié.

Terrifié à l’idée de ce qu’on allait penser de moi. 

Terrifié à l’idée que l’on me critique. Que l’on me dise que ce que je venais de publier ne valait rien.

J’ai fermé mon ordinateur, laissé mon téléphone sur mon bureau et je suis parti courir.

Je crois que je n’ai jamais couru aussi vite et longtemps. Je sentais le feu en moi. Je courais pour échapper à un je-ne-sais-quoi qui me prenait aux tripes. 

C’était le 23 février 2016, un dimanche.

Je venais de publier mon premier article sur Medium. 

J’étais terrifié.

Trouver des réponses

J’étais à une période de ma vie où je cherchais des réponses.

Des réponses sur ce que je souhaitais faire. Sur qui j’étais. Sur mes aspirations et ambitions. 

C’est à ce moment que j’ai découvert Medium. Par hasard.

j’y ai trouvé des gens qui se posaient les mêmes questions que moi. Des gens humbles, qui cherchaient des conseils sur comment mener leur vie.

Cet article, je l’avais mûri pendant plusieurs semaines. Jusqu’à la dernière seconde, j’ai hésité avant de le publier.

Quand je le relis aujourd’hui, je le trouve mauvais.

Mais ce n’est pas important. Je n’avais pas l’objectif d’en faire un chef d’oeuvre. Ni aucune autre ambition.

C’était mon moyen de marquer le début d’une quête. Une quête qui allait me mener vers la découverte de moi-même. 

Une fois publié, j’ai partagé cet article sur mes comptes Facebook et Linkedin.

2 heures plus tard, j’avais 2 likes et 9 vues.

Une semaine plus tard, mon post avait récolté 11 likes et mon article 30 vues.

Tout ça pour ça….

Une libération

La réalité froide, c’était que mon article avait fait un flop.

Mais paradoxalement, ça m’a fait un bien fou. Parce que j’en ai tiré plusieurs leçons importantes.

D’abord, j’ai compris que les gens se foutent globalement des autres. Ce qui les intéresse, ce sont eux. Leurs problèmes et tracas personnels. 

Nous sommes tous pareils, moi le premier.

Alors quand on voit passer un article Facebook comme celui que je venais de poster, au mieux on s’arrête dessus pendant 2 secondes. Au pire, on continue à scroller. 

Ensuite, j’ai constaté que les gens sont assez bienveillants.

Les quelques personnes qui avaient prêté attention à mon article m’ont félicité d’avoir eu le courage de le poster. Plusieurs personnes m’ont avoué avoir également envie de se lancer dans des activités créatives, sans oser franchir le pas. 

J’ai compris que je pouvais assumer qui j’étais sans trop de risque.

Être fier de mes qualités et de mes faiblesses. Retirer ce masque lisse et propre que l’on affiche tous aux autres sur les réseaux sociaux (et dans la vie en général) sans danger.

Mieux, j’ai compris que c’était bénéfique.

Cette vulnérabilité m’a permis d’attirer à moi les personnes avec le même état d’esprit. 

Malgré l’indifférence générale, c’était super positif.

Depuis, j’ai continué à écrire

Depuis ce jour de février 2016, j’ai posté près d’une centaine d’articles sur Medium. J’ai même publié un livre.

Chaque nouvel article et chaque nouveau clic sur “Publier” m’ont rendu plus imperméable à cette peur. Chaque clic m’a rendu plus résistant.

J’ai pris conscience qu’à chaque article, je progressais. Que peu importe ce que l’on fait, les débuts sont toujours poussifs et très moyens.

La seule chose qui compte est la progression.

Au final, les meilleurs dans leur domaine sont ceux qui n’ont pas abandonné. Ceux qui ont continué à avancer coûte que coûte et à surmonter la peur de la critique. 

Lorsque j’ai publié mon livre, cette peur est revenue. En pire. J’avais l’impression de m’engager sur toute ma vie. Ce livre, je ne pourrais jamais totalement le supprimer. Il y aura toujours une personne qui l’aura dans sa bibliothèque.

Une semaine avant, je voulais tout arrêter. Supprimer ce fichier sur lequel je venais de passer mes 6 derniers mois.

Un matin, en me réveillant, j’ai eu un sursaut. J’ai publié ce livre dans la demi-heure.

Et c’est la meilleure décision que j’ai prise.

Pourquoi je n’aurais jamais pu publier mon livre il y a 15 ans (et je ne suis pas le seul)

Pourquoi je n’aurais jamais pu publier mon livre il y a 15 ans (et je ne suis pas le seul)

Il y a quelques mois, j’ai publié mon premier livre, “Devenir remarquable à l’ère du numérique”.

À l’heure où j’écris ces lignes, j’en ai vendu environ 250 exemplaires et il m’a rapporté un peu moins de 700€.

Ces chiffres sont faibles, mon livre ne laissera aucune trace dans l’histoire et je ne suis pas le nouveau Tim Ferriss.

Mais ce n’est pas grave. Ce n’est pas ce que je recherchais.

Ce que je voulais, c’était écrire. Créer quelque chose de mes mains. Me faire plaisir, publier mon livre et trouver une petite audience de lecteurs. De ce point de vue, ce projet est une réussite.

Ce livre, je l’ai publié en décembre 2017. Mais, si j’avais voulu le faire quelques années plus tôt, il y a 15 ans par exemple, je n’aurais pas pu. Cela aurait été impossible.

Ce n’est pas lié au contenu du livre, mais à l’économie des hits.

Une économie de hits

Il y a une quinzaine d’années, le monde du livre, et de n’importe quelle industrie culturelle (films, musique, jeux vidéo, etc.), était un monde dans lequel les blockbusters et les hits régnaient sans partage.

Seuls les créateurs qui avaient un succès gigantesque, avec des milliers / millions de fans, pouvaient exister. Pour tous les autres, c’était impossible de se faire une place.

Seuls ceux qui parvenaient à toucher le marché de masse existaient. Pour ceux qui possédaient une petite audience, c’était comme s’ils n’avaient pas de fans.

Retournons 15 ans en arrière.

Imaginons que je parvienne à dépasser le premier obstacle qui s’oppose à tout écrivain débutant : trouver un éditeur.

Le deuxième obstacle, celui de la distribution, aurait été infranchissable.

Les librairies et les magasins qui vendent des livres faisaient face, et c’est encore le cas aujourd’hui, à une contrainte difficilement surmontable : la taille finie de leurs rayons et de leur point de vente.

Les gestionnaires de points de vente doivent faire une sélection des produits qu’ils mettront en rayon. Chaque place qu’occupe un livre doit être rentabilisée. La pire chose qui puisse arriver à ces gestionnaires, c’est de proposer des produits qui ne se vendent pas. C’est de gaspiller leur espace avec des flops commerciaux. Ceux-ci représentent un grand risque :

  • Ils ne génèrent aucun chiffre d’affaires
  • Ils occupent la place d’autres oeuvres qui se vendraient potentiellement beaucoup mieux
  • Ils engendrent des coûts de stockage et de conservation additionnels

À cette contrainte d’espace en boutique, s’en ajoute une supplémentaire, tout aussi difficile à surmonter : la contrainte géographique.

Un magasin physique ne peut attirer une clientèle que dans une certaine zone donnée, qui s’étend plus ou moins entre 20 et 30km autour de l’emplacement du point de vente.

Prenons par exemple, un cinéma de taille moyenne. Pour que la projection d’un film soit rentable et qu’elle couvre les coûts du cinéma, elle doit rassembler au minimum 1 500 spectateurs en 2 semaines.

Aujourd’hui, de très nombreux films ont la capacité de rassembler une audience de 1 500 spectateurs sur 2 semaines à travers le monde. Mais cela n’a aucune importance. Le film doit rassembler ce même nombre de personnes dans un rayon géographique donné, d’une 30aine de kilomètres. Et le challenge est beaucoup plus compliqué.

Avec les contraintes des emplacements physiques, ce qui compte, ce n’est pas l’audience globale d’un créateur ou d’une oeuvre, mais son audience locale.

Les 150 lecteurs de mon livre sont disséminés un peu partout en France : ils ne m’auraient été d’aucune utilité pour convaincre un libraire de mettre mon livre en rayon. Mon livre n’aurait pas rentabilisé l’espace qu’il occupe en rayon. Je n’aurait eu aucune chance.

Pour des raisons économiques basiques, on voit bien que les magasins ne peuvent pas se permettre de mettre en rayon des livres, films ou CDs qu’ils ne sont pas certains de vendre un minimum. Ils ont beau être des amoureux de lecture avec la volonté d’aider les petits créateurs, cela n’a aucune importance.

La seule chance pour un magasin spécialisé d’exister et de proposer des oeuvres de créateurs indépendants, c’est de se trouver dans une zone géographique suffisamment dense, pour rassembler assez de personnes prêtes à acheter des produits de niche.

Sinon, la seule option est d’être un magasin généraliste et de mettre en rayon des produits grands publics. Parce qu’on est sûr qu’ils vont se vendre.

Une économie qui écrase les petits créateurs

Dans l’économie des hits, il n’y avait que deux options :

  • Tu es un petit créateur indépendant et tu n’as aucune chance qu’une audience ne découvre et ne consomme tes produits
  • Tu as un niveau de succès incroyable, car tu parviens à produire des hits et tu es distribué partout

Seuls ceux qui parvenaient à produire des hits étaient récompensés ; et ils l’étaient de manière phénoménale. Les riches s’enrichissaient et accumulaient toujours plus de succès.

Il y a une quinzaine d’années, le nombre de CDs différents que l’on pouvait acheter dans les magasins Wal-mart étaient de 4 500. Parmi ceux-ci, le Top 20 des ventes générait à lui seul 90% des revenus.

Pour Wal-mart, le calcul était simple : ils avaient intérêt à maximiser la présence en rayon des Top 20 albums et à ne vendre que ce type de produits. Au détriment de tous les autres.

Pour un créateur, les règles du jeu étaient limpides : il parvenait à toucher le grand public, ou n’existait pas.

Le problème, c’est que produire des hits est difficile et n’est pas à la portée de tout le monde. En plus d’une grande part de chance, cela demande beaucoup de moyens :

  • De l’argent et du matériel pour faire des films
  • De l’argent et du matériel pour enregistrer des albums
  • Du temps (et donc de l’argent) pour écrire des livres
  • Des contacts pour faire distribuer son oeuvre
  • De l’argent pour pouvoir financer un stock en avance
  • etc

Les créateurs indépendants sont écrasés, abandonnent devant la difficulté de la tâche ou échouent face au goulot d’étranglement qu’est la distribution de ses produits.

Une économie qui standardise les goûts

De l’autre côté, le consommateur est encouragé à consommer ces hits. Les budgets Marketing sont colossaux et les magasins concentrent leurs efforts pour les mettre en avant.

Il est très difficile de trouver des produits de niche,. Impossible si l’on ne se trouve pas dans une très grande ville.

Le marché de masse et l’uniformisation forcée des goûts des consommateurs ont fait s’imposer une croyance que l’on peut remettre en question : si une oeuvre est populaire et se vend beaucoup, c’est parce qu’elle est de grande qualité. Si un produit est mainstream, c’est parce qu’il est excellent et que tout le monde l’apprécie.

Le succès commercial d’un produit s’explique t-il par sa très grande qualité ? Ou plutôt, par le fait qu’il ait été martelé à une très large audience, à coup de grands plans marketing ?

C’est un débat et une question difficile à trancher.

La réponse se situe sûrement entre les deux. 

Le système était fait de telle manière qu’il favorisait les hits et les gros succès commerciaux. Il leur créait un cercle vertueux. Et créait un cercle vicieux équivalent, pour les non-hits.

C’est pour cette raison que Michael Jackson est parvenu à vendre 82 Millions d’exemplaires de son album Billy Jean et à produire $1,7 milliards de valeur, le plus haut total de l’histoire.


Aujourd’hui, avec Internet, cette économie des hits meurent progressivement.

Et c’est tant mieux.

D’un marché de masse, on se dirige vers un marché composé d’une multitude de petites niches, qui donne la possibilité aux créateurs de tous horizons de trouver leur propre petite audience.