Construire sa carrière créative comme une somme d’intérêts cumulés

Construire sa carrière créative comme une somme d’intérêts cumulés

Effectuer un travail créatif, c’est être capable de raisonner sur deux niveaux différents de temporalité.

D’un côté, on doit mettre l’effort et l’énergie pour avancer à court terme. De l’autre, on doit suivre le cap que l’on s’est fixé sur le long terme.  

Les résultats mettent du temps à apparaître, alors que nos efforts sont immédiatement douloureux.

L’océan s’étend autour de nous, à perte de vue. On commence à avoir faim. Peur de ne jamais arriver à destination.

Une impression de se battre contre des moulins à vent peut s’installer et nous saper le moral. La tâche peut paraître insurmontable.

Le concept d’intérêts cumulés est très puissant et peut nous aider à mieux appréhender ce décalage.

Cette notion est issue du monde financier : à chaque fois que l’on obtient des intérêts sur un placement, on les réinvestit sur ce même placement, pour gagner des intérêts sur les intérêts. Notre placement va alors adopter le comportement d’une boule de neige qui devient de plus en plus grosse à mesure qu’on la roule dans la neige.

Ce concept peut également s’appliquer dans notre développement personnel et la construction de notre carrière créative. À chaque fois que l’on apprend quelque chose, cela vient s’empiler et se combiner sur ce que l’on sait déjà. À chaque nouvelle addition de connaissance, on progresse plus vite. À chaque nouvelle création, on s’améliore et on attire de nouvelles personnes.

Au début, il faut faire un effort important, pour démarrer la machine.

Mais à mesure que l’on avance, les résultats et les bénéfices sont de plus en plus visibles. À chaque nouveau pas, on se rapproche un peu plus de nos objectifs.

Gardons en tête que le succès n’arrive pas du jour au lendemain. Les grands changements ne sont jamais soudains. Ils mûrissent et se nourrissent pendant plusieurs années avant de devenir visibles. Une carrière créative met du temps à se construire.

On a souvent l’impression de voir des artistes éclore d’un seul coup et sortir de nul part.

En réalité, on a juste pas vu les dizaines d’années de pratique qui leur ont permis d’arriver à ce stade.

Chaque jour, ils se sont améliorés de 1%, jusqu’au point d’être suffisamment bon pour cartonner auprès du grand public.

La constitution d’une oeuvre ou d’une grande carrière est en grande partie liée à la lente accumulation de petits bouts d’efforts, au fil du temps.

Soyons prêts. 

Posons-nous quelques questions importantes.

Posons-nous quelques questions importantes.

On a parfois tendance à aller trop vite et à avancer sans s’interroger sur nos motivations profondes.

On met le pied sur l’accélérateur, sans prendre de recul.

Avant de commencer à empiler les briques de notre projet, réfléchissons à sa structure, aux fonctions des éléments qui le composent et à la forme que l’on souhaite lui donner.

Prenons le temps de nous poser quelques questions fondatrices.

  • Pourquoi souhaitons-nous nous embarquer sur cette voie ?

Quelle est notre motivation profonde ? Il n’y a ni bonne, ni mauvaise raison. Cela peut être pour l’argent, la gloire, la liberté ou le plaisir de faire des choses.

Peu importe, soyons au clair avec cette motivation. Assumons-la et prenons nos décisions en conséquence.

  • À quoi ressemble notre mode de vie idéal ?

Cette question nous permet de déterminer nos objectifs ainsi que la direction à suivre. Je ne suis pas un adepte de la visualisation, mais cela peut être utile de s’imaginer notre vie rêvée.

Est-ce que l’on souhaite diriger une grosse entreprise, avec plusieurs milliers de salariés ?

Est-ce que l’on souhaite construire quelque chose de plus petit, pour nous permettre de bien vivre à notre échelle personnelle ?

Une bonne manière d’y répondre est de s’inspirer de personnes dont le mode de vie nous fait envie.

  • Quel est le meilleur moyen d’atteindre cette vie idéale ?

Après avoir défini nos objectifs, il est important de les transformer en plan d’action concret. Qu’on fait les gens qui ont atteint la vie idéale pour y arriver ?

Un objectif qui s’établit sur plusieurs mois ou années, doit se traduire par des actions quotidiennes pour l’atteindre.

Nous devons agir chaque jour pour nous rapprocher de la direction souhaitée.

Gardons en tête que nos réponses à ces questions peuvent évoluer.

Celles que je donne aujourd’hui sont très différentes de celles d’il y a 3 ans. Ce qui compte, c’est de ne pas se mentir à soi-même et d’y répondre honnêtement. C’est plus difficile qu’il n’y paraît.

Comment trouver les bonnes inspirations ?

Comment trouver les bonnes inspirations ?

Développer un point de vue original, adopter un angle différent et avoir une patte reconnaissable est l’objectif ultime de tout créateur.

Picasso est un exemple. En quelques secondes, nous sommes tous capables de reconnaître son coup de pinceau et son style unique.

On retrouve une impression similaire dans le travail de chaque grand artiste.

Cela peut générer en nous le sentiment de ne pas être à la hauteur.

Mais gardons une chose importante en tête : on observe la version finale de leurs oeuvres. La version raffinée. Celle qui a été façonnée après des milliers d’heures de travail.

Leur style propre, ils ne l’avaient pas dès le début. Ils l’ont développé au fur et à mesure. Ce sont les fruits d’un processus qui met du temps avant d’arriver à maturité.

On ne peut pas se lancer dans un nouveau domaine et immédiatement posséder un point de vue original sur celui-ci. On doit d’abord en connaître les règles du jeu et étudier le travail de ceux qui ont déjà emprunté cette voie avant nous.

Benjamin Franklin recopiait ses poèmes favoris à la main pour étudier leurs structures.

Kobe Bryant s’entraînait à imiter les gestes et les mouvements de Michael Jordan, dans l’espoir de le surpasser.

Pour l’auteur Austin Kleon, on doit apprendre à voler le travail des autres. Mais pas n’importe comment, comme des artistes : trouvons nos inspirations créatives. Allons chercher les inspirations de nos inspirations. Étudions l’intégralité de leurs travaux, pas uniquement les versions finales. Allons lire les premiers articles de blog de nos auteurs favoris (j’adore faire ça, c’est fascinant). Regardons leurs premières vidéos. Nourrissons-nous de tout cela pour commencer à créer.

C’est la première étape, dans la quête d’un style unique.

“If you steal from one author it’s plagiarism; if you steal from many it’s research.”

– Wilson Mizner

Comment trouver les bonnes inspirations ?

L’excitation des débuts est pour les amateurs.

Pendant longtemps, j’ai eu une maladie.

J’étais pris d’une fièvre qui me poussait à lancer plein de projets, sans jamais aller au bout. J’y mettais un terme en quelques semaines.

J’étais incapable de me fixer sur quoi que ce soit et de persévérer.

– “Et si je lançais un blog sur le foot ?”
– “Et si je lançais une marque de tee-shirts ?”
– “Et si je lançais un podcast ?”
– “Et si j’essayais de monter une startup ?”

J’étais sans cesse attiré par de nouvelles idées, plus brillantes que les précédentes.

Réfléchir à un projet est excitant.

J’adorais faire des plans sur la comète. J’imaginais à quel point le projet sera cool, j’imaginais les retours positifs de mon entourage.

Mon esprit se faisait piéger. Je ne construisais rien de concret.

J’avais peur.

Peur de rester coincé dans cet état toute ma vie et de ne jamais rien pouvoir créer sur le long terme. Peur d’être condamné à n’avoir que des rêves.

Un jour, j’ai compris que le début d’un projet et que l’idée initiale ne comptent pas. Ce sont des leurres pour notre cerveau.

Progressivement, j’ai appris à domestiquer ce sentiment d’excitation permanente pour chaque nouvelle idée. Je la notais dans un carnet, que je mettais ensuite de côté. Je me forçais à la faire mijoter quelques semaines. Si elle me trottait encore dans la tête, c’est que je tenais quelque chose de sérieux. Dans 95% des cas, je l’avais déjà oublié.

Notre idée nous emballe, c’est super. Mais ne perdons pas de temps à rêver à demain et à notre réussite.

L’excitation des débuts passés, on se retrouve seul face à nous-même et nos créations. C’est à partir de maintenant que tout se joue. C’est ici que se fait la différence entre ceux qui vont au bout, et ceux qui abandonnent.

Les débuts n’ont aucune importance et la fin est encore loin. Beaucoup trop loin pour commencer à y penser. Nous venons d’embarquer sur notre navire.

Quand on regarde en arrière, on ne voit plus déjà les côtes de notre mère-patrie. L’immensité de l’océan nous tend les bras.

Maîtrisons nos émotions. Approchons notre projet de manière froide.

Comment trouver les bonnes inspirations ?

Prenons des positions tranchées.

On nous a toujours appris à faire attention à ne contrarier personne. À rester dans le rang pour ne pas risquer notre place. À suivre le mouvement et à ne pas le questionner.

Dans la plupart des cas, ce conseil est très pertinent. Il a permis de rendre nos sociétés vivables et de créer de la cohésion.  

Mais en tant que créateur, nous devons développer un point de vue unique. Nous devons adopter une position différente pour rassembler.

Sur certains points, nous devons avoir des positions tranchées et “extrémistes”.

Cela ne veut pas dire qu’il faut se comporter comme un idiot irrespectueux.

Cela signifie que certains sujets doivent devenir nos combats. Que l’on doit se battre et affirmer nos valeurs. Poser des questions. Bousculer et remettre en cause les cadres établis. Se mettre en opposition à une certaine vision des choses et catégorie de personnes.

Cela ne plaira pas à tout le monde. C’est normal.

Qu’il s’agisse d’une grande idée, d’un concept philosophique, ou d’un mode de vie, le schéma se répète souvent. Les mouvements se construisent en opposition à un ennemi.

Lorsque l’on propose une alternative, on se met à dos les fervents supporters de l’existant. C’est parfaitement sain. C’est un signal que notre message met le doigt sur quelque chose.

Toutes les plus grandes avancées étaient d’abord immensément controversées.

Mieux vaut 100 fans qui adhèrent complètement à un discours tranché et quelques haters, que 1 000 personnes moyennement intéressées, qui se soucient guère de notre art.

La manière intelligente de faire est de ne pointer personne du doigt, mais de le faire subtilement. De nommer une catégorie de gens, sans nommer directement les personnes.

Dans ses premières publicités, Apple s’adressait aux rebelles, aux geeks et aux créatifs. Sans les mentionner directement, ils avaient comme ennemi ceux qui agissent en faveur du statut-quo ; les non-créatifs. Personne ne voulait être identifié à cette deuxième catégorie. Apple est devenu un étendard de la première et a gagné des ultras fans pour la vie.



Cet article fait partie du nouveau livre que je suis en train d’écrire en public. Laissez moi votre email pour ne rien manquer et découvrez les détails du projet sur cette page.

Comment trouver les bonnes inspirations ?

Ne tombons pas dans le piège de la comparaison avec les autres.

Les réseaux sociaux nous ont fait rentrer dans une course à la comparaison permanente.

Qui vit la meilleure vie ? Qui en montre le plus ? Qui va dans les meilleures destinations de vacances ? Qui mange dans les meilleurs restaurants ? Qui possède le meilleur physique ? Qui gagne le plus d’argent ?

On se jauge sans arrêt.

On se met à envier les autres. On devient jaloux.

“- Si seulement je pouvais avoir son niveau de succès, je serai heureux.”

Cela nous rend anxieux. On veut pouvoir pour suivre le rythme et avoir la même vie.

Mais cela n’apporte rien de bon.

Les dés de la comparaison sont pipés contre nous. Nous n’avons aucune chance de gagner à ce jeu.

On compare notre intérieur, à l’image extérieure que les autres renvoient.

Mais personne ne parle pas des doutes et des peurs. Ni des nuits blanches et des galères.

On ne se montre que les highlights et les meilleurs moments de nos journées. Les 15 secondes qui rendraient n’importe qui envieux.

Surtout, il existe une infinité de points de comparaison possibles entre deux personnes. On trouvera toujours le moyen d’être insatisfait et jaloux.

Résistons à cette tendance naturelle et ne rentrons pas dans ce jeu.

Nous avons tous des standards, des qualités et des aspirations propres. Certaines personnes souhaitent amasser des millions de followers et être célèbre. D’autres préfèrent rester dans l’ombre, avec un petit groupe de fans et ne pas se mettre dans la lumière.

C’est très bien comme cela.

Écoutons nos aspirations et ne nous occupons pas des autres.

Soyons tellement occupé par nos propres projets et notre expédition, au point de ne pas avoir le temps de nous soucier de ce que font les autres.

Concentrons-nous à faire le meilleur job possible. C’est tout ce qui compte.

“Comparison is the thief of joy.”

— Theodore Roosevelt



Cet article fait partie du nouveau livre que je suis en train d’écrire en public. Laissez moi votre email pour ne rien manquer et découvrez les détails du projet sur cette page.