Quelle est la chose la plus importante ?

Quelle est la chose la plus importante ?

Plus on avance, et plus on a tendance à complexifier ce que l’on fait.

On se met à la recherche de stratégies plus élaborées. On se crée des noeuds dans la tête pour trouver de nouvelles solutions au problème que l’on résout. On cherche des manières différentes de faire ce que l’on fait.

Parfois, c’est nécessaire. On atteint un plafond qui nécessite d’être contourné en innovant et en explorant d’autres sentiers. On ne sent plus aucune marge de progression. On n’apprend plus. Pire, on glisse sur une pente négative. Quand ces moments arrivent, il faut être capable de chercher la bonne ressource, le bon mentor ou la bonne inspiration pour se renouveler.

Mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas. On est trop impatients. On veut obtenir des résultats trop rapides. Alors on se met à la recherche de tactiques.

Bien sûr que l’on pourrait faire tout un tas de choses importantes, qui pourraient améliorer nos résultats de 2% ou 3% supplémentaires.

On peut passer plus de temps à distribuer nos articles et à les envoyer à tous nos amis.

On peut passer plus de temps à contacter des maisons d’édition dans l’espoir que l’une d’entre elles accepte de nous éditer.

On peut passer du temps à envoyer notre musique à tous les labels.

On peut passer du temps à postuler à toutes les offres imaginables pour devenir réalisateur de films.

Mais à quel prix ?

Celui de se disperser et de ne plus parvenir à se concentrer sur ce qui compte vraiment : créer et devenir le meilleur dans notre domaine. Être tellement bon que personne ne peut nous ignorer. Chercher les actions qui ont le plus d’impact.

Faisons-nous remarquer par notre travail, et non pas par l’agitation que l’on crée autour de celui-ci. Donnons envie aux gens de partager ce que l’on fait.

Surtout, laissons-nous le temps de développer des compétences solides et un style vraiment unique.

On en revient à l’importance de faire des choix et de se focus.

Une fois que l’on a un début de traction, n’essayons pas de complexifier à outrance ce que l’on fait et ne changeons pas de domaine.

Ne soyons pas comme ces personnes qui cherchent sans cesse le nouveau hack à la mode.

Capitalisons sur ce qui marche et appuyons sur l’accélérateur.

Chaque matin, demandons-nous quelle est la chose qui a le plus d’importance dans ce que l’on fait.

La réponse est souvent très simple.

Pour moi, c’est écrire le meilleur livre possible.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’occuper du reste. Simplement, que l’écriture est le bloc numéro 1 que je dois placer dans mes journées. Ensuite, je peux réfléchir à comment caser les autres blocs, plus petits.

 

Pourquoi et comment cultiver des habitudes

Pourquoi et comment cultiver des habitudes

Après la Seconde Guerre Mondiale, un ancien employé des services britanniques de Renseignement, nommé Ian Fleming, décide de quitter le domaine militaire à la recherche d’une vie plus paisible.

Il décroche un job de journaliste au Sunday Times. Dans son contrat, il négocie 8 semaines de vacances, entre janvier et février. Chaque année, il s’envole pour la Jamaïque, alors colonie britannique, pour échapper à l’hiver rugueux de Londres. Il y achète un terrain au bord de la mer et décide d’y construire une maison, qu’il baptise “Goldeneye”. 

Pour l’anecdote, Goldeneye était le nom d’un plan d’opération militaire stratégique de l’Empire britannique et des alliés de la Seconde Guerre mondiale, dont l’objectif était de conserver le contrôle du détroit de Gibraltar, auquel Ian Fleming a pris part.

En 1953, Fleming publie son premier livre : “Casino Royale”. 

Va s’en suivre, une décennie (jusqu’à sa mort, en 1964) passée sur son île des Caraïbes. Au total, il finira par écrire une douzaine de livres sur un espion britannique du nom de James Bond, ainsi que quelques petites histoires plus courtes. À chaque fois, en quelques semaines.

Fleming n’a jamais mené une grande carrière d’artiste. Il n’était pas non plus un génie.

Le secret de sa réussite et de sa productivité ? Des habitudes de fer.

Écrire tous les jours

Chacune des journées qu’il passait à Goldeneye, suivait le même schéma.

Il commençait par nager dans la Mer des Caraïbes, avant de prendre le petit déjeuner avec sa femme, Ann. Il mangeait toujours la même chose : des oeufs brouillés avec du bacon et un thé noir.

Sa journée de travail commençait à 9 heure. Il se rendait dans la pièce principale de la maison. Il fermait les volets de sorte à ne laisser passer qu’un filet de lumière et à garder la pièce fraîche. Il était prêt à passer les 3 prochaines heures sur sa machine à écrire.

Ian Fleming Goldeneye habitudes de création

Ian Fleming, à Goldeneye

Il ne se souciait pas tellement de la qualité de ce qu’il écrivait. Ce qui comptait, c’était qu’il couche ses idées le plus vite possible sur papier. En résistant à la tentation de faire des modifications ou de supprimer des passages pendant qu’il écrivait.

À midi, il s’arrêtait. il sortait rejoindre sa femme pour profiter de la chaleur et il retournait nager. Après son repas de midi, il partait faire la sieste pendant une heure ou deux.

Aux alentours de 17 heure, il se remettait à son bureau. Il repassait sur ce qu’il venait d’écrire le matin, en tâchant d’y faire des corrections et d’y apporter des améliorations. À 19 heure, sa journée était terminée. Il pouvait profiter de sa soirée, avec sa femme.

C’était tout sauf un rythme de travail délirant ou inhumain. Fleming n’était pas un personnage exubérant. Il n’était ni fou, ni marginal.

Ce sont ses habitudes, sa rigueur et sa discipline qui lui ont permis d’écrire autant de livres et de trouver le succès. Cette cadence régulière lui a permis d’écrire “Casino Royale” en 6 semaines de travail. Au rythme de 2 000 mots par jour, cela équivaut à 2 000 * 42 = 84 000 mots, soit un livre d’un bon volume.

2 000 mots par jour.

C’est également la discipline que s’impose Stephen King. Tous les jours de l’année. Pas d’excuse, pas de break, pas de vacances. King ne sort pas de son bureau tant qu’il n’a pas craché ses 2 000 mots. Il sait que tous ne seront pas bons à garder ; mais il n’y réfléchit même pas. Certains jours, les mots viennent avec aisance. D’autres jours, c’est une bataille. 

C’est le signe d’un professionnel. Écrire tous les jours est ce qu’il fait et qui il est. 

Je viens de prendre deux exemples d’auteurs, parce que je les trouve particulièrement marquants. Mais peu importe la discipline, ceux qui deviennent les meilleurs et accomplissent des grandes choses, marquent tous leur quotidien au fer rouge des habitudes. 

Sportifs de haut niveau, acteurs, musiciens et artistes en tout genre : les plus grands vivent une vie ordonnée, qu’ils ont construit pour leur permettre de dédier du temps à leur craft et de faire un pas supplémentaire, chaque jour.

Pourquoi cultiver des habitudes ? 

James Clear définit les habitudes comme des raccourcis mentaux que l’on a acquis grâce à l’expérience. Un peu comme une mémoire de la méthode utilisée pour résoudre un problème.

Pourquoi sont-elles aussi puissantes ?

L’explication tient dans une phrase de Gustave Flaubert : “Soyez régulier et ordonné dans votre vie, afin d’être violent et original dans vos créations.”

Les routines et les habitudes permettent de créer de l’ordre. 

Lorsqu’elles s’intègrent bien dans notre quotidien, on n’y pense même plus. Elles font partie intégrante de notre journée. Elles deviennent une partie de notre identité. Ne pas les  suivre serait anormale. 

Les routines nous libèrent de l’espace mental pour nous concentrer sur ce qui compte : nos créations, notre discipline et notre craft. On sait ce que l’on a à faire. Le reste est géré en pilote automatique.

Les routines se moquent de nos doutes et de nos questionnements. Elles ne dépendent pas de notre motivation ou de conditions extérieures. Elles nous disent de rester dans l’action, quoi qu’il arrive. De nous mettre chaque matin à notre bureau à 9 heure. Cette discipline permet de continuer à avancer, même quand on ne se sent pas inspiré. Elle ne laisse pas nos peurs nous paralyser.

Quand elles sont saines et consistent à créer chaque jour, les routines agissent comme un matelas de sécurité. Si l’on s’y tient, on sait que cela va bien se passer. Les problèmes surviennent le jour où l’on s’en dévie. Quand on se dit que l’on a pas besoin de ça. Que l’on est au dessus. 

Quand on interroge le designer Japonais Oki Sato sur les sources de son inspiration, il répond : “J’aime répéter tous les jours la même chose. Je promène mon chien selon le même parcours. Je bois le même café. Quand on répète les choses, on commence à remarquer les nuances du quotidien.”

Les routines et les habitudes sont les fondations de toute carrière créative.

Elles sont le meilleur moyen de progresser et d’atteindre les fameuses 10 000 heures de pratique nécessaires pour devenir très bon dans un domaine. 

Écrivons 3 heures par jour.
Passons 3 heures par jour à travailler sur nos musiques.
Filmons 3 heures par jour. 
Dessinons 3 heures par jour.
Dédions 3 heures par jour à peaufiner notre technique.

Tout se passera bien.

 

Lettre du front : un samedi dans ma routine d’auteur

Lettre du front : un samedi dans ma routine d’auteur

J’écris ces lignes le samedi 13 juillet, depuis le front. 

Je suis actuellement en première ligne. Sous le feu des tirs ennemis.

Le combat est âpre. Il est épuisant. Il mobilise toutes mes ressources et mon énergie. 

Je parviens à gagner du terrain, jour après jour. Un centimètre de terre après l’autre. 

La Résistance refuse de céder. Elle use de tous les moyens à sa disposition pour me ralentir. 

À certains moments, elle m’attaque de face pour me dissuader d’avancer. Elle invoque la panne d’inspiration. “La feuille blanche”. La peur de ne pas y arriver. La peur du ridicule. La peur de l’échec.

À d’autres moments, elle tente de me charmer. De me plonger dans la paresse et la procrastination.

Je reste debout et je continue d’avancer. 

Depuis plusieurs mois, je me suis lancé dans l’écriture de mon nouveau livre

J’y parle du processus créatif. De la rigueur, la discipline et du dépassement de soi qu’il requiert. 

Surtout, j’y parle du combat contre la Résistance : ces peurs, doutent et pièges, que l’on doit surmonter.

Voici le récit de mon combat personnel. Celui d’un samedi comme un autre, depuis le front.

 

08h15 : Mon premier réveil sonne. Je l’éteins.

08h20 : Mon deuxième réveil sonne. Je l’éteins.

08h25 : Mon troisième sonne. Je commence à émerger et à ouvrir les yeux.

08h28 : J’attrape mon téléphone et consulte mes notifications. Je jette un oeil à mes emails. Je me perds sur les réseaux, surtout Twitter. Sérieusement, Twitter c’est le meilleur réseau.

08h43 : J’ai remonté tous mes feeds et j’ai vu tout ce qu’il y avait à voir. Je commence à être réveillé.

08h45 : Je me lève et vais à la douche. (il m’arrive de faire un peu de sport à ce moment.

08h52 : Je prépare mon petit-déjeuner. Un grand verre d’eau, un café, des fruits ou des oeufs brouillés.

08h54 : J’ingurgite tout cela à mon bureau, devant mon ordinateur. Je consulte les statistiques de visite de mon site et les newsletters reçues dans la nuit. Je pense également à la partie du livre que je suis en train de rédiger.

09h02 : J’ouvre Spotify et je lance ma playlist “Focus – Work”, composée de musiques classiques ou de Above and Beyond. Mon téléphone est en mode avion, loin de mon bureau. Pas de distraction quand j’écris.

09h03 : Je me rends sur mon Google Drive et j’ouvre le dernier document sur lequel j’ai travaillé. J’ouvre également le plan de mon livre. Je lis tout cela rapidement pour me resituer. Il est temps de s’y mettre.

Plan expédition créative écriture livre

09h05 : Ah tiens, j’ai oublié de faire un tour sur Facebook, je n’ai plus l’appli sur mon téléphone.

09h09 : Ok c’est bon. Je m’y mets.

09h12 : Les premières phrases commencent à sortir. Les paragraphes s’enchaînent. J’adore écrire. J’adore structurer et partager mes idées.

09h59 : 650 mots rédigés. Pas mal ce début de journée. Je prends une petite pause, marche un peu et fais un tour sur mon téléphone.

10h14 : Je me rassoie à mon bureau et je pose à nouveau mes doigts sur mon clavier. 

10h48 : J’avance, cette fois plus difficilement. J’ai du mal à rester concentré. 

11h04 : Ok, plus aucune phrase correcte ne sort. Je m’engage sur d’autres tâches, moins intensives et pas directement liées à l’écriture. Je gère mes emails. Réponds au courageux qui vient de laisser un commentaire sur mon site.

11h14 : Je ferme mon ordinateur et je prends un bouquin.

11h42 : J’ouvre à nouveau mon ordinateur. J’essaie de me replonger dans l’écriture. Je parviens à sortir quelques phrases supplémentaires.

12h14 : Ça suffit pour ce matin. J’ouvre Youtube et je commence tranquillement à me faire à manger.

13h41 : J’ai fini de manger. Mon estomac entame son processus de digestion. Mon cerveau tourne au ralenti. C’est l’heure de la sieste.

13h45 : Je suis sur dans mon lit. Je programme mon réveil pour 14h30.

14h30 : Oh non, pas déjà. Je repousse mon réveil de 20 minutes.

14h50 : …

15h00 : Ok, il est temps de se lever et de s’y remettre.

15h14 : Je suis à nouveau à mon bureau. Je fais un tour sur mes réseaux sociaux, lis les articles intéressants que je vois passer et consulte mes emails.

15h28 : J’ouvre mon document de texte. Je relis ce que j’ai écrit ce matin et je commence à écrire. 

15h30 : “Je suis vraiment obligé d’écrire là ? Ce que j’ai fait ce matin n’est pas suffisant ?”

** Je me mets une claque à moi-même **

16h11 : 400 mots supplémentaires : je viens de finir la partie sur laquelle je travaillais. 

16h13 : J’insère cette partie rédigée dans le brouillon complet de mon livre. Je consulte mon plan pour voir ce qui vient ensuite.

16h16 : Je crée un nouveau document de texte, j’écris le titre de la partie suivante et je me commence à faire des recherches. 

J’ai déjà une idée des arguments que je veux mettre en avant, mais j’ai besoin de les illustrer avec des histoires et des exemples. Pour les trouver, je m’appuie sur plusieurs choses :

  • Mes lectures quotidiennes (je lis un livre par semaine depuis 2 ou 3 ans)
  • Un document “Master quote”, dans lequel je documente mes réflexions ainsi que toutes les citations et histoires intéressantes que je vois passer
  • Des recherches sur Google ou sur Medium. J’ouvre 52 onglets sur mon navigateur et je les consulte rapidement à la recherche d’un angle ou d’un exemple original 

recherches écriture livre

 

Ensuite, l’objectif est de construire un plan détaillé de ce que je vais écrire. 

Certains auteurs n’ont pas besoin de ça et aiment se laisser porter par ce qu’ils écrivent.

Ce n’est pas mon cas. J’ai besoin de savoir ce que je vais écrire avant de commencer à écrire (surtout pour un exercice aussi structuré qu’un livre de non-fiction).

J’aime découper cette phase en 2 ou 3, parfois en les espaçant de quelques jours, pour me laisser le temps de la réflexion et faire germer mes idées.

16h42 : Ma première phase de recherche et de construction du plan est terminée. 

16h45 : J’ouvre un bouquin pour une petite session de lecture.

17h13 : Je repose mon livre. J’ouvre mes emails une dernière fois. 

17h29 : Fin de ma journée. J’ai écrit un peu plus de 1 000 mots, c’est pas mal. Je m’en vais profiter de mon samedi soir, avec le sentiment du devoir accompli.

 

10 recommandations de lectures non-fiction pour l’été

10 recommandations de lectures non-fiction pour l’été

La lecture est un sujet important pour moi. J’ai déjà écrit plusieurs articles dessus : les bienfaits de la lecture ou encore comment lire un livre par semaine

Les livres sont une source de savoirs et de sagesse inestimable. Ils me rappellent sans cesse qu’il me reste une infinité de choses à apprendre. Ils nourrissent ma créativité et m’ont permis de devenir copywriter. Comme le dit Stephen King, pour bien écrire, il faut d’abord beaucoup lire. 

Même si vous ne lisez pas, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. Voici une sélection de livres pour vous y mettre.

J’ai choisi des thématiques différentes, tout en restant dans le domaine de la non-fiction (je ferai certainement un article avec des livres de fiction).

Une dernière petite chose : je conseille de toujours lire les livres dans leur version originale, souvent en anglais. Les traductions sont assez moyennes et le style de l’auteur se retrouve dilué. 

Même si vous ne pensez pas avoir un bon niveau en anglais, ne vous laissez pas décourager. Si vous faites l’effort de commencer, vous allez rapidement progresser. Cela deviendra naturel et vous ne ferez plus la différence avec un livre en français. Vous lirez avec la même aisance.

 

Livres sur les startups et l’entrepreneuriat :

Anything you want – Derek Sivers

 

anything you want derek sivers

Un livre assez court (80 pages), qui se lit très facilement. C’est une excellente inspiration pour quiconque souhaite se lancer dans un projet de création d’entreprise / startup.

L’auteur, Derek Sivers raconte la création de CD Baby, une plateforme qui permet aux musiciens indépendants de publier leurs musiques en ligne. Nous sommes en 1998, à une époque où il était très difficile de partager sa musique et où le streaming n’existait pas. Sivers n’a aucune idée de ce qu’il fait et n’a aucune ambition de créer une startup à succès. Il souhaite simplement aider ses amis musiciens. Le succès va le dépasser et CD Baby va devenir le plus grand distributeur de musique indépendante en ligne, au monde. Aujourd’hui, CD Baby tourne toujours, mais Sivers, s’en est retiré.

Dans Anything you want il dresse les 40 leçons qu’il a retenues de cette aventure. 

Lien ENG / N’existe pas en français

 

Lost and founder – Rand Fishkin

 

lost and founder rand fishkin

Rand Fishkin a créé Moz, en 2004. Simple blog sur le SEO à la base, Moz s’est successivement transformé en boîte de consulting SEO, puis en une suite de logiciels et d’outils en ligne, toujours sur le SEO.

Moz est reconnu comme l’une des références (si ce n’est la meilleure) dans le domaine du SEO. La société connaît un certain succès – en 2012, ils lèvent 18 millions de dollar. En 2014, Fishkin quitte son poste de CEO de Moz et en 2018, il quitte définitivement l’entreprise qu’il a créée.

Ce livre se trouve bien loin des histoires de fondateurs de startups qui cartonnent et qui adorent expliquer à quel point ce qu’ils font est révolutionnaire. Fishkin raconte son aventure de manière transparente, avec un sous-titre parlant : “Un guide honnête et douloureux sur le monde des startups”. Il a notamment connu une phase de dépression.

Lien ENG / N’existe pas en français

 

Livres pour se développer soi-même :

So good they can’t ignore you – Cal Newport

 

so good they can't ignore you cal newport

Et si le conseil “suivez votre passion et vous serez heureux” était le pire que l’on puisse vous donner ? C’est l’idée que développe Cal Newport dans “So good they can’t ignore you“. Et il est très convaincant !

Plutôt que de suivre sa passion, il explique qu’il est plus judicieux de chercher à devenir bon dans un domaine. Le sentiment de “passion” se développe ensuite, à posteriori. On voit que l’on est bon, on aime être bon et cela nous pousse à continuer pour progresser. 

Son conseil : devenir tellement bon que personne ne peut vous ignorer. J’ai écrit un article il y a quelques mois qui reprend cette idée, faut-il suivre sa passion ?

Lien ENG / N’existe pas en français

 

Outliers – Malcolm Gladwell

 

outliers malcolm gladwell

Quelle est la part de hasard, de travail et de déterminisme social dans le succès d’une personne ?

Gladwell répond de manière brillante à cette question dans ce livre. En s’appuyant sur plusieurs exemples, dont l’équipe Canadienne de Hockey ou encore Bill Gates, il explique que le succès résulte (dans la majorité des cas) d’un mélange entre “le fait d’être au bon moment au bon endroit” et l’accumulation de 10 000 heures de pratique.

Lien FR (le titre du livre en français est particulièrement catastrophique) / Lien ENG

 

Livres pour développer une audience ou un projet créatif :

Monster Loyalty: How Lady Gaga turns Followers into Fanatics – Jackie Huba

 

monster loyalty jackie huba

Lady Gaga est l’une des artistes musicales avec le plus de succès sur les 15 dernières années. Son ascension a l’air d’un “overnight success” : une artiste qui devient une star mondiale, du jour au lendemain, avec un premier album qui explose tous les records, dès sa sortie.

Ce livre montre tout le contraire. L’auteur revient sur son parcours et explique qu’elle ne doit pas uniquement sa réussite à ses talents musicaux. Lady Gaga a construit une armée de fans fidèles et engagés, de manière méthodique. 

Ce livre est une superbe étude de cas et détaille la méthode qu’elle a employée. Avec, en trame de fond, la question : “Comment créer une communauté de fans de notre travail ?”

Lien ENG / N’existe pas en français

 

The War of Art – Steven Pressfield

 

the war of art steven pressfield

Ce livre est celui que j’ai le plus recommandé dans les derniers mois. Il m’a aidé à traverser une période de doute et de questionnements existentiels sur mon travail.

Pressfield explique que toutes les personnes qui créent des choses doivent affronter la Résistance. Il s’agit de techniques, toutes plus vicieuses que les autres, utilisées par notre cerveau pour nous détourner de notre travail et de notre vocation créative. Cela peut être : la flemme, la procrastination, la recherche de plaisirs instantanées, la peur du regard des autres, les doutes internes sur la qualité de notre travail, notre ego, etc. 

Le plus difficile n’est pas d’écrire et de mettre des mots sur une feuille. Ce qui est dur, c’est de s’asseoir à son bureau, d’engager la mécanique créative et de commencer à écrire.

Ce livre est une excellente inspiration pour le livre que je prépare.

Si vous l’avez déjà lu, “Turning Pro” est une bonne lecture complémentaire. 

Lien FR / Lien ENG

 

Show your work : 10 ways to share your creativity and get discovered – Austin Kleon

 

show your work austin kleon

“Show you work” est un livre dans la même veine que “The War of Art”. L’auteur s’adresse aux gens qui développent des projets créatifs. Les conseils qu’il donne sont simples, pertinents et actionnables. 

J’aime son approche humble et inclusive. Le livre est illustré et se lit très rapidement.

Lien FR / Lien ENG

 

Inspirations diverses :

Eleven Rings : The soul of success, Phil Jackson

 

eleven rings phil jackson

Chaque année, le champion NBA reçoit une bague pour célébrer son titre. Phil Jackson en possède 11 ; il est le coach le plus titré de l’histoire. 

Dans cette biographie, il raconte ses aventures avec les différentes équipes qu’il a coachées, parmi lesquelles les Chicago Bulls de Michael Jordan et les Los Angeles Lakers de Kobe Bryant. Il décrit les méthodes qu’il employait pour contrôler les egos des joueurs superstars, pour créer une alchimie au sein de ses équipes et pour entretenir l’envie de gagner chez des joueurs qui ont déjà tout gagné.

Lecture passionnante, surtout si vous aimez le sport.

Lien FR / Lien ENG

 

Conspiracy – Ryan Holiday

 

conspiracy ryan holiday

Avec Conspiracy, Ryan Holiday (mon auteur favori) s’éloigne un peu des sujets sur lesquels il a l’habitude d’écrire. C’est certainement son livre le moins connu, mais il n’en reste pas moins passionnant. 

Conspiracy est un récit. L’histoire vraie d’une incroyable bataille entre l’un des milliardaires les plus puissants de la Silicon Valley, Peter Thiel, un tabloïd à scandale, Gawker, et l’ancienne superstar du catch, Hulk Hogan. Le point commun entre ces trois protagonistes ? Une sextape d’Hulk Hogan, enregistrée à son insu.

Le Comte de Monte-Cristo à la sauce moderne.

Lien ENG – N’existe pas en français

 

Skin in the game – Nassim Taleb

 

skin in the game nassim taleb

Pour finir, un peu de philosophie et de mathématiques appliqués à la vie réelle. 

Taleb démontre que seuls les gens qui mettent leur peau en jeu quand ils prennent des décisions sont dignes de confiance. Seules les personnes qui ont quelque chose à perdre devraient prendre des risques

Le livre est un peu complexe à lire par moments, mais hyper intéressant. 

Il vous donnera de nombreuses anecdotes pour briller en société. 

Lien FR (je recommande de le lire en français) / Lien ENG

 

Trouver un groupe de personnes aussi bizarres que nous.

Trouver un groupe de personnes aussi bizarres que nous.

L’excitation initiale d’un projet peut nous brouiller l’esprit. Elle peut nous rendre aveugle et nous guider dans des projets irréalistes.

Gardons la tête froide.

Nous n’allons pas changer le monde. Nous n’allons pas révolutionner une industrie. Nous n’allons pas créer un empire. Nous n’allons pas devenir des super-stars.

(Sauf si l’un d’entre nous gagne à la loterie.)

Ne croyons pas qu’il s’agisse d’un manque d’ambition. Pas du tout.

Simplement que les probabilités que l’on y arrive sont extrêmement faibles.

Surtout, si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que votre ambition se trouve dans la liberté et la construction d’une vie selon vos propres termes (et non dans l’argent ou la gloire).

Quand on crée, on ne peut pas plaire à tout le monde.

Certains apprécieront notre style. D’autres le critiqueront dans notre dos. C’est le jeu.

Cette pensée est libératrice. Parce que nous ne faisons plus face à l’immensité. J’en parlais déjà quand j’évoquais les 1 000 vrais fans : ce n’est plus un océan de personnes que l’on doit convaincre.

Commençons par satisfaire les besoins d’une seule personne. Puis deux. Puis trois. Cela doit être notre seul objectif.

Trouvons des personnes aussi bizarres que nous pour nous accompagner dans notre expédition. En raisonnant comme cela, tout devient plus simple.

Trouvons notre groupe de fans de littérature slovène.

Trouvons notre groupe de collectionneurs de capsules de bières.

Trouvons notre groupe de passionnés d’archéologie bretonne.

Commençons par créer ce qu’un tout petit groupe de personnes aimerait voir. Créons le type de contenu ou de produits qu’ils aimeraient consommer.

Si c’est de bonne qualité, ils le partageront entre eux.

 

Commençons par chercher une traction naturelle et organique.

Commençons par chercher une traction naturelle et organique.

On peut parler de Marketing, d’acquisition et de stratégies pour toucher plus de monde autant que l’on veut.

Mais n’oublions pas qu’il s’agit seulement de la seconde étape. Si notre produit n’est pas bon, c’est inutile. Si les premières personnes qui l’utilisent ne sont pas prêtes à le garder et à le recommander, c’est que notre produit n’est pas prêt.

Obtenons d’abord une première validation du marché. Avant d’investir dans quoi que ce soit, faisons en sorte que notre cible découvre naturellement ce que l’on fait. Mettons nos créations entre leurs mains et observons leurs réactions.

Les meilleurs projets sont ceux qui commencent à se développer de manière organique.

Les meilleures marques sont celles qui obtiennent naturellement un début de traction.

Le produit parle pour lui-même. Il s’adresse à un petit groupe de personnes. Il répond un besoin précis. Il les aide dans une problématique qu’ils rencontrent. Il est simple à comprendre et agréable à prendre en main.

Généralement, les personnes qui commencent à l’utiliser font déjà partie de petites communautés. Elles se parlent entre elles, s’entraident et se partagent les bonnes ressources.

Si notre produit est l’une de ces ressources, c’est que nous avons mis le doigt sur quelque chose. Nos utilisateurs font notre Marketing à notre place. Ils parlent fièrement de notre produit.

Cette situation arrive parce que nous nous sommes interrogés profondément sur les besoins de notre cible. Nous avons pris le temps de créer et de raffiner le meilleur produit possible pour eux.

Sans produit excellent, il n’y a pas de Marketing qui vaille.

Créons des choses de la meilleure qualité possible et obtenons un début de quelque chose : des commentaires, des vues, des écoutes, des ventes, des fans, etc.

Voici la première étape. Voici notre focus. On verra plus tard pour le reste.