Les 4 principes de la créativité, selon Casey Neistat

Les 4 principes de la créativité, selon Casey Neistat

La créativité est un sujet qui me fascine.

On voit plus ou moins de quoi il s’agit, sans pour autant être capable de mettre clairement des mots dessus.

Wikipédia la définit comme “la capacité d’un individu ou d’un groupe à imaginer ou construire et mettre en œuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème.”

Cette définition ne nous apprend pas grand chose. On ne sait pas d’où elle vient, comment elle se matérialise et comment la stimuler.

La créativité est un sujet qui véhicule de nombreux mythes de fantasmes. 

On la voit comme un mystérieux don de la nature. Un éclair qui nous frappe sans trop savoir pourquoi.

On imagine que le créatif est fou et incontrôlable. On l’imagine comme un individu à la marge, qui se moque des normes et qui est soumis à différentes addictions. 

Pourtant, lorsque l’on écoute les personnes les plus créatives, leur discours est très différent. Ils parlent de discipline, de rigueur, de dépassement de soi, de doute et de leur combat contre la Résistance.

Le décalage entre l’imaginaire et la réalité est frappant.

Je lance une mini-série d’articles sur la créativité. Mon objectif est de sortir des clichés et de comprendre les principes qui guident les plus grands créatifs :

  • Pourquoi semblent-ils toujours avoir de nouvelles (bonnes) idées ?
  • Quels sont les principes avec lesquels ils raisonnent ?
  • À quoi ressemble leur processus créatif ?
  • Quelles sont leurs habitudes ?
  • Comment font-ils pour aller au bout de leurs projets ?

Pour ce premier article, j’ai choisi de parler de Casey Neistat, l’un des créatifs qui m’inspirent le plus.

Qui est Casey Neistat ?

Casey Neistat a grandi dans une petite ville du Connecticut.

À 17 ans, il quitte le lycée pour élever son premier enfant, Owen.

Pendant plusieurs années, il survit en faisant la plonge pour un restaurant. En 2001, à l’âge de 20 ans, il déménage à New-York. Avec une obsession en tête : devenir réalisateur et faire des films.

Il ne pense qu’à ça et enchaîne les petites piges à la poursuite de son rêve.

“I didn’t have any friends so I would just sit at home all night editing on my iMac.” – Casey Neistat

Il développe progressivement ses compétences et commence à se faire un nom. 

Il produit de nombreux films amateurs et finit par obtenir un contrat pour une série sur HBO : “The Neistat Brothers”.

Ce début de succès ne le satisfait pas pour autant. Selon ses propres dires, il lui manquait les bases du storytelling.

En 2010, il s’inscrit sur Youtube et commence à y poster des vidéos. Il se prend au jeu et, en 2015, il décide d’y poster une vidéo par jour.

À partir de ce moment, sa chaîne se met à croître sans cesse. Fin 2016, il a réalisé 710 épisodes de vlog. Soit une vidéo par jour pendant pratiquement 2 ans. Il atteint le cap des 5 millions d’abonnés.

Aujourd’hui, c’est l’une des plus grosses stars sur Youtube. Il collabore avec les plus grandes marques, a construit une communauté gigantesque et son style unique fait de lui l’objet de nombreuses copies.

Au moment où j’écris ces lignes, il vient tout juste de franchir le cap des 11 millions d’abonnés.

Son parcours, son éthique de travail et son dévouement pour son art sont très inspirants.

Voici donc la créativité selon Casey Neistat, en 4 principes.

1. Agir comme Tarzan

Casey Neistat se lance sur Youtube en 2010. À l’époque, la plateforme était très loin d’être aussi populaire qu’elle ne l’est actuellement.

Dans les années qui suivent, Youtube explose et devient progressivement le monstre qu’il est aujourd’hui.

Pendant ce temps, Neistat ne cessait d’y poster des vidéos. Il était à l’endroit où il fallait être, pour un créateur de vidéo.

C’est une caractéristique qui semble revenir souvent pour les créateurs qui ont connu le succès dans leur domaine. Cette capacité à être au bon endroit, au bon moment.

Cela ne s’explique pas par la chance, mais par de certaines aptitudes particulières. 

Casey Neistat appelle ça : “agir comme Tarzan.”

« Si vous voulez réussir votre carrière de réalisateur de films, vous devez penser et agir comme Tarzan . Il s’agit d’avancer en sautant de liane en liane, quelle que soit la situation qui se présente, sans trop se demander où cela va vous emmener ». – Casey Neistat

Créer, c’est accepter d’avancer dans le flou, sans connaître la destination finale. Expérimenter et tester, sans savoir où cela nous mènera. Prendre des risques et faire des paris sur le long terme.

Si Casey Neistat souhaitait un retour sur investissement visible et immédiat, il ne serait jamais allé sur Youtube en premier lieu. Et n’aurait peut-être jamais connu un tel succès.

2. Focus

Les gens interrogent régulièrement Casey Neistat sur les raisons de son succès.

Ils veulent connaître ses techniques et astuces. La manière avec laquelle il s’est fait connaître et a atteint son premier million d’abonnés sur Youtube.

À chaque fois, il leur répète qu’il n’y a rien de glamour ou de secret.

Il doit son succès à la pratique intensive et rigoureuse d’une seule discipline pendant toute sa vie : le réalisation de films et de vidéos.

Casey Neistat n’avait pas l’ambition de devenir une star ou de devenir riche. Il est tombé amoureux de son art et du processus créatif, au point de n’être obsédé que par ça.

Avec le temps, il est devenu tellement bon que personne ne pouvait l’ignorer.

3. Show up everyday

Un vlog tous les matins, à 8 heures. Rien d’autre.

Voici la routine que s’est imposé Casey Neistat pendant plusieurs années. Voici ce que ses millions d’abonnés s’attendaient à voir sur sa chaîne Youtube.

Chaque jour, il était de retour avec un nouveau vlog, un peu meilleur que la veille.

Cette régularité exceptionnelle lui a permis de s’améliorer, d’affiner son style et de créer un rendez-vous avec son audience.

Peu importe ce qu’il se passait, il ne s’accordait aucune excuse ou dérogation pour manquer un jour de vidéo. Il a construit son quotidien (et sa vie entière) autour de cet objectif.

If you care, you’ll find time” – Casey Neistat

 

4. Les idées ne comptent pas

Pour Casey Neistat, l’inspiration n’existe pas. 

Il n’attend pas d’avoir une bonne idée avant de se lancer. Il n’attend pas d’être frappé par un clair qui lui dictera quoi faire.

La seule chose qui compte est de dépasser la Résistance, pour faire notre job et se comporter comme un professionnel.

La créativité est binaire : soit on met notre création au monde et elle existe, soit on attend que les choses se passent et elle n’existe pas.

Ni excuse, ni flemme. Casey est sur le pont tous les jours pour faire ce qu’il a à faire. 

Ideas are cheap. Ideas are easy. Ideas are common. Everybody has ideas. Ideas are highly, highly overvalued. Execution is all that matters.” – Casey Neistat

 

 

“Faire du bon travail et le partager” : pourquoi est-ce si difficile ?

“Faire du bon travail et le partager” : pourquoi est-ce si difficile ?

J’aime me perdre sur Youtube et écouter certains auteurs que j’apprécie parler de leurs livres.

Récemment, je suis tombé sur cette vidéo de l’auteur américain Austin Kleon. Il y parle de son livre “Steal like an artist“.

Un passage de son talk m’a marqué et j’ai eu envie d’en faire un article. 

L’un des chapitres du livre de Kleon explique comment construire une audience de fans.

La méthode tient en une phrase : “Do good work and share it with people”.

Derrière la simplicité (et banalité) apparente de cette phrase, se trouvent 3 niveaux de complexité que Kleon décortique.

1. “Good”

 Les artistes sont de très mauvais juges de la qualité de leur propre travail. Ils ont tendance à ne jamais être satisfaits de leur travail et à douter d’eux-mêmes.

La distance entre l’image qu’ils se font de leur création, dans leur tête, et le rendu final n’est jamais identique. 

C’est normal, mais cela crée un sentiment d’insatisfaction chronique. Une frustration qui donne l’impression de ne pas parvenir à s’exprimer clairement.

C’est un sentiment que je ressens régulièrement. Dans ma tête, les idées que je veux partager me paraissent très claires. Une fois écrites, elles le sont beaucoup moins.

L’autre difficulté est de parvenir à évaluer objectivement ses créations. 

Comment savoir si l’article que je viens d’écrire est bon ? Comment savoir si les lecteurs vont l’apprécier au point de le partager à leurs amis ?

J’ai des petites intuitions, mais je n’en n’ai souvent aucune idée. J’ai parfois l’impression d’avoir écrit un bon article, que finalement personne ne semble apprécier.

2. “Work”

Les artistes montrent leurs créations, mais rarement le processus qui mène à leur construction. 

C’est pourtant la partie la plus difficile, importante et inspirante.

Quand je pense aux auteurs que j’admire, j’imagine que leur processus créatif est simple, régulier et fiable. Le mien est chaotique et irrégulier. Ce qui instille encore plus de doutes et de complexes. Le serpent se mord la queue

Kleon montre brillamment que tous les créateurs éprouvent ce même sentiment. Tous traversent les mêmes difficultés et combattent la même résistance. Mais trop peu en parlent. On préfère l’image romantique du créateur génial, qui se base sur ses inspirations.

3. “Share”

On imagine souvent la relation entre un créateur et son audience comme étant à sens unique.

Ce n’est pas le cas. Les deux se nourrissent mutuellement.

Le créateur apporte de la valeur à son audience. L’audience l’aide à grandir et à gagner en maturité. Elle l’accompagne dans son voyage et s’en inspire dans le même temps. Une conversation se crée.

Pour devenir un bon créateur, il faut accepter de sacrifier ses créations. Se forcer à les mettre au monde, même si l’on doute de leur qualité. La perfection est l’ennemie du bien.

Mais comment savoir si cela fait partie du processus créatif ? Ou si l’on est juste mauvais ? Grande question.

 

J’ai l’impression que cet article n’a aucun sens. Mais j’ai eu envie de l’écrire. J’essaie, moi aussi, de partager mes doutes, la difficulté du processus créatif et son côté chaotique.

Je ne prends pas souvent le temps de remercier les créateurs qui m’inspirent, alors que c’est super important.

Merci, Austin Kleon.