Expérimenter des choses

Expérimenter des choses

Pour Arthur Schopenhauer, il existe deux types d’auteurs : ceux qui écrivent parce qu’ils ont quelque chose à raconter et ceux qui écrivent pour le fait d’écrire. 

La première catégorie a vécu certaines expériences ou développé des pensées qui lui semblent importantes à partager. La deuxième est davantage intéressée par l’argent et se sert de l’écriture pour en gagner. 

Pour Schopenhauer, seule la première catégorie est digne d’intérêt. L’écriture ne doit pas être une fin. Ce n’est qu’un moyen pour raconter une histoire, véhiculer une pensée ou impacter le monde autour de soi. Les meilleurs livres, ne sont pas le fruit d’auteurs qui étaient irréprochables sur la grammaire ou l’orthographe. Ils n’ont pas été écrits par des techniciens du mot, qui parviennent à créer des structures de phrase parfaites. Ni par ceux qui ont bien assimilé la technique du “voyage du héros” de Joseph Campbell.

Ils ont été écrits par des personnes qui ont vécu des expériences singulières. Qui ont passé leur vie à développer un point de vue original sur une question. Qui ont élaboré une théorie complexe, l’ont testée dans la réalité et en font le compte rendu sous forme de livre. Ils ont été écrits par des personnes qui ont expérimenté des choses qui les rendent crédibles pour en parler.

Pour Schopenhauer, “avoir quelque chose à dire, est pratiquement une condition suffisante pour un bon style d’écriture”.

Je me rends compte que c’est une constante qui revient chez de nombreux auteurs à succès. Ils ont expérimenté des choses hors du commun, qu’ils ont utilisées comme matériel pour leurs histoires :

  • Hemingway a été un soldat, un correspondant de guerre, un espion, un pêcheur, un adepte de la chasse et même un matador. Il a failli mourir lors d’un crash d’avion pendant l’un de ses safaris en Afrique. Il était présent sur les plages du débarquement, en Normandie, aux côtés de la Première division d’infanterie américaine, le 5 juin 1944
  • Les deux parents Tolkien sont mort quand il était très jeune. Il est parti se battre dans les tranchées de la Somme, pendant la Première Guerre mondiale
  • Romain Gary était un aviateur, militaire, résistant, diplomate. Il combat pour l’Armée Française libre pendant la Deuxième Guerre mondiale. 

Cela ne s’applique pas uniquement à la fiction :

  • Avant de le raconter et de le théoriser dans son livre, Tim Ferriss a réellement expérimenté le mode de vie de la semaine de 4 heures
  • Ryan Holiday était le directeur marketing d’American Apparel, l’une des plus grosses marques de vêtements de l’époque, à l’âge de 21 ans. Sans cette expérience, il n’aurait jamais écrit son premier livre, “Trust my I’m lying”.

 

C’est valable dans toutes les disciplines.

Il y a ceux qui créent une entreprise parce qu’ils ont envie de trouver une solution à un problème et il y a ceux qui le font parce que c’est “cool”, “bien vu” ou qu’ils espèrent gagner de l’argent.

Il y a ceux qui réalisent des films pour véhiculer un message et ceux qui le font pour devenir célèbre.

Bien sûr qu’il faut s’entraîner, développer nos compétences et maîtriser les bases techniques de notre discipline. Mais n’oublions pas que ce n’est pas suffisant.

Le fond est tout aussi important. Nous avons besoin de faire des choses. De mener des expérimentations. De développer une perspective unique. D’adopter un point de vue digne d’intérêt.

Ensuite, le reste n’est qu’un moyen pour véhiculer ces expériences : entreprise, écriture, musique, réalisation, art, etc. Le médium est propre à chacun.

On ne peut pas juste s’asseoir à son bureau, lire les classiques et “faire de la philosophie”. Il faut vivre des choses et avoir des expériences qui nous mettent à l’épreuve. C’est seulement ensuite qu’on peut observer les événements au travers du filtre de la philosophie et y trouver une réelle signification.

Il existe une infinité de manières d’avoir des choses à raconter. Tout peut être utile et nous servir de matériel. Planter une boîte. Planter 10 boîtes. Partir seul en tour du monde. Publier une vidéo par jour pendant 3 ans. Partir à la guerre. Courir les ultra-trails les plus dangereux. Développer un projet qui cartonne au-delà des attentes. Devenir le meilleur joueur du monde à World of Warcraft. Adopter un style de vie différent.

Créer une entreprise ou publier du contenu en ligne est devenu accessible à tout le monde. Il est possible de se passer des maisons de disque, des éditeurs et des studios de production pour se faire publier. Ce ne sont plus les intermédiaires que l’on doit convaincre avec notre travail. Des millions d’heures de contenu sont téléchargées sur Youtube, de livres sont publiés et de musiques sont mises en ligne, chaque jour.

Le challenge est d’intéresser les gens. D’être crédible et d’avoir des choses à raconter pour qu’ils y portent attention.

Expérimenter des choses différentes. Faire ce que les autres ne font pas. C’est un besoin que je ressens de plus en plus.

 

Routines d’écriture : Ernest Hemingway

Routines d’écriture : Ernest Hemingway

Nous sommes à Cuba, dans une maison typique de cette région des Caraïbes.

Hemingway habite dans la ville de San Francisco de Paula, près de La Havane. 

Bien qu’il possède une pièce dédiée à son bureau, Hemingway aime écrire dans sa chambre. Celle-ci est divisée en deux par une alcôve. Les grandes fenêtres laissent filtrer la lumière du jour qui réfléchit contre les murs blancs ornés de ses trophées de chasse.

La pièce est remplie de livres. Ils garnissent les étagères. S’empilent les uns sur les autres pour former plusieurs colonnes qui s’élèvent vers le plafond. 

Hemingway aime écrire debout. L’une de ses bibliothèques lui sert de bureau. 

 

Routines écriture hemingway

 

Le reste de sa villa ressemble au lieu de vie d’un écrivain ; on y trouve des livres partout. Il y en a plus de 5 000. Tous les genres sont présents : livres sur l’histoire, livres militaires, livres de géographie, fictions, biographies, etc.

C’est dans cette maison qu’il écrit l’une de ses principales oeuvres, Le Vieil Homme et la Mer, en 1951. Il y réside pendant près de 20 ans, avant de rentrer se suicider chez lui en 1961, dans l’Idaho.

 

Un cadre de travail solide

Comme l’auteur anglais Ian Fleming, père de James Bond, dont je raconte la routine d’écriture depuis sa villa de la Jamaïque, Hemingway est un homme d’habitudes.

Il démarre chacune de ses journées de travail de la même manière.

Il aime se lever à l’aube pour profiter de ces moments de solitude, pendant lesquels personne ne peut le déranger. Il commence à écrire aux alentours de 7 heures. 

À 8h30, il fait une pause pour petit-déjeuner. Il reprend à partir de 9 heures et travaille ensuite de manière ininterrompue jusqu’à midi. Il écrit debout, face à son bureau, entouré de ses nombreuses piles de livres.

Sa journée d’écriture est ensuite terminée. L’après-midi, il se maintient en forme en faisant des longueurs dans sa piscine. Il aime également pêcher et s’arrêter au bar pour boire quelques verres de douceurs alcoolisées locales.

Seulement 4 heures d’écritures par jour, on peut se dire que c’est peu.

Mais son quotidien est parfaitement structuré. Certains jours, les mots lui viennent avec davantage d’aisance que d’autres. Peu importe, c’est le lot de tout écrivain. Grâce à ce cadre régulier et strict, il avance chaque jour.

Hemingway n’écrit pas quand l’inspiration le prend ou quand il en a envie. Il le fait quoi qu’il arrive, tous les matins, pendant 4 heures.

 

La régularité pour ne pas briser le flow

Quand on crée, le plus dur est de démarrer. Ce n’est pas de faire claquer ses doigts contre son clavier, mais de faire le trajet jusqu’à son bureau pour enclencher la dynamique. 

Pour ne jamais rester bloqué, Hemingway a développé deux techniques bien à lui.

1. Il sait toujours où commencer le lendemain.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne termine pas ses séances d’écriture quand il n’a plus rien à dire. Il y met fin quand il sait ce qu’il va écrire ensuite. 

Il s’arrête parfois en plein milieu d’une phrase pour ne jamais tomber en panne sèche d’inspiration.

La feuille blanche n’existe pas. 

As long as you can start, you are all right. The juice will come.” – Hemingway

2. “Don’t break the chain”

Au dessus de son bureau, Hemingway possède un grand tableau qui lui fait office de calendrier.

Après chaque matinée d’écriture, il inscrit le nombre de mots qu’il vient de rédiger. 

Il n’était généralement pas très élevé par rapport à d’autres auteurs qui s’imposent une régularité similaire (je pense aux 2 000 mots quotidiens de Stephen King). Mais gardons en tête qu’Ernest écrivait à la main, la majorité du temps. 

Sur son tableau on peut lire : 450, 575, 462, 1250, etc.

Entre 400 et 700 mots par jour en moyenne donc. Selon sa femme, il dépassait rarement les 1 000 mots.

Ce rituel lui permet de mettre un point final à sa journée d’écriture. C’est sa manière de valider le travail accompli et de visualiser sa progression. 

Au bout d’un certain moment, l’envie de ne pas briser la chaîne devient aussi forte que l’envie d’écrire. 

“After a few days you’ll have a chain. Just keep at it and the chain will grow longer every day. You’ll like seeing that chain, especially when you get a few weeks under your belt. Your only job next is to not break the chain.” – Jerry Seinfeld, un auteur, humoriste et comédien qui employait la même technique.

 

Hemingway est un professionnel 

Les interviews d’Hemingway sont rares.

Même lorsque des journalistes américains ou européens faisaient le déplacement jusqu’à Cuba pour lui poser des questions, il déclinait. 

Il n’avait rien contre eux ou contre les interviews (bien qu’il appréciait moyennement l’exercice), il considérait simplement que ces interruptions brisaient sa routine créative.

Plus il avançait dans l’âge et plus Hemingway se montrait rigoureux avec la gestion de sa ressource la plus précieuse : le temps. 

Chaque minute passée à répondre aux questions de journalistes est une minute qu’il ne passe pas à écrire, profiter de sa famille ou de son cadre de vie. Il qualifie les appels téléphoniques et les visites qu’il reçoit de “work destroyers”.

C’est l’un des paradoxes du succès. Plus on devient reconnu pour notre art, plus on reçoit de sollicitations diverses et… moins on passe de temps sur ce qui a fait notre succès : la pratique de notre art. 

Hemingway en est conscient plus que n’importe qui. Il doit dire non. Il doit préserver son énergie et ses routines créatives pour ce qui a le plus d’importance pour lui. 

Hemingway est un professionnel.

People don’t realize I’m a professional writer – that I write to earn my living. Everybody who comes to Cuba knows I’m here so they drop out for a chat, if I let them”. – Ernest Hemingway

 

Avoir des choses à raconter

Quand on interroge Hemingway sur le meilleur conseil que l’on puisse donner à un écrivain, il ne parle pas d’apprendre la grammaire, de maîtriser la structure d’un dialogue ou de connaître les règles d’un bon récit.

Il insiste sur l’importance d’expérimenter des choses. De vivre une vie riche et variée. De partir à l’aventure. 

L’imagination d’un écrivain se nourrit de ce qu’il vit et traverse au quotidien. 

Et des péripéties, Hemingway en a connues. 

Dans sa vie, Hemingway a été un soldat, un correspondant de guerre, un espion, un pêcheur, un adepte de la chasse et même un matador. Il a failli mourrir lors d’un crash d’avion pendant l’un de ses safaris en Afrique. Il était présent sur les plages du débarquement, en Normandie, aux côtés de la Première division d’infanterie américaine, le 5 juin 1944.

Comme tout grand écrivain, Hemingway est un lecteur frénétique. Tout est prétexte à raconter des histoires. 

Tout est source d’inspiration.

 

Entre plaisir et douleur

Quand je m’intéresse à la vie d’Hemingway et que je l’écoute parler de son art, je retrouve cette dualité permanente entre plaisir et douleur. 

L’écriture fait partie de son identité. Elle définit qui il est en tant qu’être humain.

Mais, le processus ne lui vient pas sans difficultés pour autant. Comme tous les créateurs, Hemingway faisait face à la Résistance. Il traversait des phases de doutes et de remises en question profondes.

Pour se rassurer, il relisait ses anciens livres : “I read them sometimes to cheer me up when it is hard to write and then I remember that is was always difficult and how nearly impossible it was sometimes.

 

Se comporter comme un professionnel

Se comporter comme un professionnel

Je parle souvent du concept de Résistance, cette force invisible qui nous empêche de créer. 

Elle se manifeste sous plusieurs formes : la solitude, la procrastination, la difficulté du processus, la lutte contre nos démons, le perfectionnisme, la peur des critiques, ou encore le syndrome de l’imposteur.

Comme le dit Steven Pressfield dans son excellent La guerre de l’art, le plus dur n’est pas d’écrire, mais de faire le chemin jusqu’à notre bureau.

Certains jours, on va se lever remplis de motivation et déterminés comme jamais. D’autres jours, on va tout remettre en question. On va douter de nous-mêmes. Critiquer la qualité de notre travail. Avoir peur de perdre notre temps et de s’engager sur une mauvaise route. On va trouver toutes les excuses possibles pour ne pas poser nos fesses sur notre chaise et se mettre au travail. 

La Résistance est vicieuse. 

Elle peut nous pousser à tout remettre en cause pendant un moment de faiblesse. C’est ce qui m’est arrivé pour la publication de mon premier livre, “Devenir remarquable à l’ère du numérique“.

Le livre était terminé. Il me suffisait d’appuyer sur le bouton “publier”.

Mais j’étais paralysé. 

Ce qui aurait dû me prendre quelques secondes, m’a pris plusieurs semaines. Je repoussais sans cesse l’échéance. À un moment, je me suis même mis en tête de ne pas le publier. Je commençais à me faire une raison et à trouver tout un tas d’excuses bidons pour justifier ce choix. Trop jeune. Pas encore prêt. Pas assez mature. Pas assez bon. Pas assez talentueux. Trop arrogant. Je “n’ai pas ce qu’il faut”.

Il me brûlait les doigts. 

J’étais prêt à jeter 6 mois de travail à la poubelle. Sans un sursaut d’orgueil, un dimanche matin, c’était ce que je m’apprêtais à faire.

La Résistance est effrayante.

En discutant avec des amis créateurs et en m’intéressant à la vie de centaines de créateurs à succès pour les besoins de mon livre, Expédition créative, je me suis rendu compte que la Résistance touchait tout le monde

Mieux, c’est un signal positif qu’on se trouve sur la bonne voie. 

Lorsqu’elle pointe le bout de son nez, cela veut dire que l’on doit persévérer.

Devenir un professionnel

Pour contrer la Résistance et ne pas la laisser prendre le dessus sur nous, la clef est de se comporter comme un professionnel.

Le professionnel accepte la nature du processus créatif. Il sait que, quoi qu’il fasse, la peur et la difficulté ne disparaîtront jamais. Tout ce qu’il peut faire, c’est s’y habituer et y devenir plus résistant.

Le professionnel se lève chaque matin, prêt à en découdre.

Comme un guerrier qui se prépare au combat, il se construit des rituels pour défier la Résistance.

Il prend du plaisir dans cet affrontement et s’épanouit dans ces moments. Il sait que chaque tentative visant à le détourner de son travail constitue un signal positif. Synonyme qu’il se trouve sur le bon chemin. Il ressent un mélange d’amour pour ce qu’il fait et de volonté d’un découdre.

S’il y a bien une chose en son pouvoir, c’est le fait de se présenter sur le ring chaque matin. Le reste appartient aux Dieux et à la chance. Il ne s’accorde aucune excuse. Le syndrome de la page blanche n’existe pas. La panne d’inspiration non plus.

Ce ne sont que des tactiques employées par la Résistance.

Le professionnel s’organise pour se construire un cadre de travail solide autour de lui. Il comprend que le manque de temps n’existe pas et qu’il s’agit uniquement de hiérarchiser ses priorités.

La maîtrise de son art est sa priorité. Son obsession.

Le professionnel sait qu’il ne doit jamais se contenter de ce qu’il a. Il doit apprendre à être heureux avec ce qu’il possède, mais doit toujours se remettre au travail pour avancer.

Le professionnel comprend que l’échec, la difficulté et le doute font partie du voyage. Sa régularité dans la pratique délibérée de son art lui permettent d’accomplir ses objectifs malgré tout.

Enfin, le professionnel comprend qu’il n’obtiendra rien sans sacrifice. Que les choses se méritent et qu’il doit faire des choix. Il doit prioriser ce qui lui importe le plus, pour pouvoir s’y dédier, quitte à laisser d’autres éléments de sa vie de côté.

J’ai choisi la voie du professionnel. Et vous ? 

 

Célébrons les petites victoires et passons rapidement à autre chose.

Célébrons les petites victoires et passons rapidement à autre chose.

On vient juste d’obtenir une petite victoire.

Notre article a bien marché. Notre podcast a obtenu d’excellents retours. Notre vidéo a cartonné et notre chaîne grandit. On vient de signer un client important.

Célébrons les petites victoires et savourons le travail bien fait. Apprécions le boost de motivation temporaire que cela nous procure.

Le créateur a besoin de voir qu’il ne fait pas ça pour rien et que son audience apprécie son travail. L’aventurier qui traverse la jungle a besoin de répit et de réconfort. Il vient de trouver un fruit particulièrement délicieux ou un raccourci qui lui fait gagner du temps sur sa route.

Mais ce n’est qu’un pas supplémentaire. Dès le lendemain, il doit passer à autre chose et se remettre au travail. Il doit continuer à avancer et débroussailler le chemin.

Ne nous laissons pas enivrer par ce début de succès et ce plaisir éphémère. Ne tombons pas dans l’excès de confiance et ne relâchons pas nos efforts.

Ce succès ne signifie pas grand chose. Nous sommes encore loin de comprendre le fonctionnement de la création et ses subtilités. Il peut s’expliquer par de nombreux éléments : un coup de chance, un timing particulièrement favorable ou quelque chose qui échappe à notre vision. Le hasard joue un grand rôle dans le succès d’une oeuvre. Il suffit parfois qu’une personne ou qu’un média en plus la relaie pour la faire éclore.

Les plus grands coachs sportifs en sont bien conscients. Ils célèbrent les victoires, mais gardent en tête que la route est encore longue. Ils savent que de nombreux facteurs rentrent en compte dans l’issue d’un match. Même si une victoire est méritée, un relâchement serait synonyme de défaite au prochain match.

Pat Riley est l’un des managers, passé par les Los Angeles Lakers et le Miami Heat, les plus respectés et les plus titrés de la NBA. Au fil de ses nombreuses années d’expérience, il a élaboré une théorie sur la trajectoire que suit une équipe de NBA. 

Quand les joueurs d’une équipe se découvrent et qu’ils commencent à jouer ensemble, un sentiment d’alchimie règne. Chacun veille sur l’autre et tout le monde tire dans le même sens, concentré sur l’objectif final. Il appelle cette phase “l’ascension innocente”.

Tout bascule une fois que l’équipe remporte son premier titre. Les médias décryptent davantage les faits et gestes des joueurs. Ceux-ci commencent à laisser leur ego prendre le dessus. Les calculs sont de plus en plus individualistes. Chacun pense à sa propre importance et la place qu’il doit occuper. Riley appelle cette phase “La maladie du Moi”. Les joueurs se relâchent, pensant avoir compris comment faire. L’année suivante, ils sont généralement balayés par une équipe plus déterminée et plus compétitive.

Ce schéma se répète encore et encore dans les tous sports. Après une année de grâce, l’équipe implose, incapable de se remettre en question et de se préparer comme si rien n’avait changé.

Notre début de succès ne représente rien. Tout reste à faire.

Restons focalisé sur notre mission. Continuons à garder les yeux rivés sur notre chemin.

Repartons comme s’il s’agissait de notre premier jour. Nous sommes là sur la durée.

 



Cet article fait partie du nouveau livre que je suis en train d’écrire en public. Laissez moi votre email pour ne rien manquer et découvrez les détails du projet sur cette page.

Quelle est la chose la plus importante ?

Quelle est la chose la plus importante ?

Plus on avance, et plus on a tendance à complexifier ce que l’on fait.

On se met à la recherche de stratégies plus élaborées. On se crée des noeuds dans la tête pour trouver de nouvelles solutions au problème que l’on résout. On cherche des manières différentes de faire ce que l’on fait.

Parfois, c’est nécessaire. On atteint un plafond qui nécessite d’être contourné en innovant et en explorant d’autres sentiers. On ne sent plus aucune marge de progression. On n’apprend plus. Pire, on glisse sur une pente négative. Quand ces moments arrivent, il faut être capable de chercher la bonne ressource, le bon mentor ou la bonne inspiration pour se renouveler.

Mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas. On est trop impatients. On veut obtenir des résultats trop rapides. Alors on se met à la recherche de tactiques.

Bien sûr que l’on pourrait faire tout un tas de choses importantes, qui pourraient améliorer nos résultats de 2% ou 3% supplémentaires.

On peut passer plus de temps à distribuer nos articles et à les envoyer à tous nos amis.

On peut passer plus de temps à contacter des maisons d’édition dans l’espoir que l’une d’entre elles accepte de nous éditer.

On peut passer du temps à envoyer notre musique à tous les labels.

On peut passer du temps à postuler à toutes les offres imaginables pour devenir réalisateur de films.

Mais à quel prix ?

Celui de se disperser et de ne plus parvenir à se concentrer sur ce qui compte vraiment : créer et devenir le meilleur dans notre domaine. Être tellement bon que personne ne peut nous ignorer. Chercher les actions qui ont le plus d’impact.

Faisons-nous remarquer par notre travail, et non pas par l’agitation que l’on crée autour de celui-ci. Donnons envie aux gens de partager ce que l’on fait.

Surtout, laissons-nous le temps de développer des compétences solides et un style vraiment unique.

On en revient à l’importance de faire des choix et de se focus.

Une fois que l’on a un début de traction, n’essayons pas de complexifier à outrance ce que l’on fait et ne changeons pas de domaine.

Ne soyons pas comme ces personnes qui cherchent sans cesse le nouveau hack à la mode.

Capitalisons sur ce qui marche et appuyons sur l’accélérateur.

Chaque matin, demandons-nous quelle est la chose qui a le plus d’importance dans ce que l’on fait.

La réponse est souvent très simple.

Pour moi, c’est écrire le meilleur livre possible.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’occuper du reste. Simplement, que l’écriture est le bloc numéro 1 que je dois placer dans mes journées. Ensuite, je peux réfléchir à comment caser les autres blocs, plus petits.

 



Cet article fait partie du nouveau livre que je suis en train d’écrire en public. Laissez moi votre email pour ne rien manquer et découvrez les détails du projet sur cette page.

Pourquoi et comment cultiver des habitudes

Pourquoi et comment cultiver des habitudes

Après la Seconde Guerre Mondiale, un ancien employé des services britanniques de Renseignement, nommé Ian Fleming, décide de quitter le domaine militaire à la recherche d’une vie plus paisible.

Il décroche un job de journaliste au Sunday Times. Dans son contrat, il négocie 8 semaines de vacances, entre janvier et février. Chaque année, il s’envole pour la Jamaïque, alors colonie britannique, pour échapper à l’hiver rugueux de Londres. Il y achète un terrain au bord de la mer et décide d’y construire une maison, qu’il baptise “Goldeneye”. 

Pour l’anecdote, Goldeneye était le nom d’un plan d’opération militaire stratégique de l’Empire britannique et des alliés de la Seconde Guerre mondiale, dont l’objectif était de conserver le contrôle du détroit de Gibraltar, auquel Ian Fleming a pris part.

En 1953, Fleming publie son premier livre : “Casino Royale”. 

Va s’en suivre, une décennie (jusqu’à sa mort, en 1964) passée sur son île des Caraïbes. Au total, il finira par écrire une douzaine de livres sur un espion britannique du nom de James Bond, ainsi que quelques petites histoires plus courtes. À chaque fois, en quelques semaines.

Fleming n’a jamais mené une grande carrière d’artiste. Il n’était pas non plus un génie.

Le secret de sa réussite et de sa productivité ? Des habitudes de fer.

Écrire tous les jours

Chacune des journées qu’il passait à Goldeneye, suivait le même schéma.

Il commençait par nager dans la Mer des Caraïbes, avant de prendre le petit déjeuner avec sa femme, Ann. Il mangeait toujours la même chose : des oeufs brouillés avec du bacon et un thé noir.

Sa journée de travail commençait à 9 heure. Il se rendait dans la pièce principale de la maison. Il fermait les volets de sorte à ne laisser passer qu’un filet de lumière et à garder la pièce fraîche. Il était prêt à passer les 3 prochaines heures sur sa machine à écrire.

Ian Fleming Goldeneye habitudes de création

Ian Fleming, à Goldeneye

Il ne se souciait pas tellement de la qualité de ce qu’il écrivait. Ce qui comptait, c’était qu’il couche ses idées le plus vite possible sur papier. En résistant à la tentation de faire des modifications ou de supprimer des passages pendant qu’il écrivait.

À midi, il s’arrêtait. il sortait rejoindre sa femme pour profiter de la chaleur et il retournait nager. Après son repas de midi, il partait faire la sieste pendant une heure ou deux.

Aux alentours de 17 heure, il se remettait à son bureau. Il repassait sur ce qu’il venait d’écrire le matin, en tâchant d’y faire des corrections et d’y apporter des améliorations. À 19 heure, sa journée était terminée. Il pouvait profiter de sa soirée, avec sa femme.

C’était tout sauf un rythme de travail délirant ou inhumain. Fleming n’était pas un personnage exubérant. Il n’était ni fou, ni marginal.

Ce sont ses habitudes, sa rigueur et sa discipline qui lui ont permis d’écrire autant de livres et de trouver le succès. Cette cadence régulière lui a permis d’écrire “Casino Royale” en 6 semaines de travail. Au rythme de 2 000 mots par jour, cela équivaut à 2 000 * 42 = 84 000 mots, soit un livre d’un bon volume.

2 000 mots par jour.

C’est également la discipline que s’impose Stephen King. Tous les jours de l’année. Pas d’excuse, pas de break, pas de vacances. King ne sort pas de son bureau tant qu’il n’a pas craché ses 2 000 mots. Il sait que tous ne seront pas bons à garder ; mais il n’y réfléchit même pas. Certains jours, les mots viennent avec aisance. D’autres jours, c’est une bataille. 

C’est le signe d’un professionnel. Écrire tous les jours est ce qu’il fait et qui il est. 

Je viens de prendre deux exemples d’auteurs, parce que je les trouve particulièrement marquants. Mais peu importe la discipline, ceux qui deviennent les meilleurs et accomplissent des grandes choses, marquent tous leur quotidien au fer rouge des habitudes. 

Sportifs de haut niveau, acteurs, musiciens et artistes en tout genre : les plus grands vivent une vie ordonnée, qu’ils ont construit pour leur permettre de dédier du temps à leur craft et de faire un pas supplémentaire, chaque jour.

Pourquoi cultiver des habitudes ? 

James Clear définit les habitudes comme des raccourcis mentaux que l’on a acquis grâce à l’expérience. Un peu comme une mémoire de la méthode utilisée pour résoudre un problème.

Pourquoi sont-elles aussi puissantes ?

L’explication tient dans une phrase de Gustave Flaubert : “Soyez régulier et ordonné dans votre vie, afin d’être violent et original dans vos créations.”

Les routines et les habitudes permettent de créer de l’ordre. 

Lorsqu’elles s’intègrent bien dans notre quotidien, on n’y pense même plus. Elles font partie intégrante de notre journée. Elles deviennent une partie de notre identité. Ne pas les  suivre serait anormale. 

Les routines nous libèrent de l’espace mental pour nous concentrer sur ce qui compte : nos créations, notre discipline et notre craft. On sait ce que l’on a à faire. Le reste est géré en pilote automatique.

Les routines se moquent de nos doutes et de nos questionnements. Elles ne dépendent pas de notre motivation ou de conditions extérieures. Elles nous disent de rester dans l’action, quoi qu’il arrive. De nous mettre chaque matin à notre bureau à 9 heure. Cette discipline permet de continuer à avancer, même quand on ne se sent pas inspiré. Elle ne laisse pas nos peurs nous paralyser.

Quand elles sont saines et consistent à créer chaque jour, les routines agissent comme un matelas de sécurité. Si l’on s’y tient, on sait que cela va bien se passer. Les problèmes surviennent le jour où l’on s’en dévie. Quand on se dit que l’on a pas besoin de ça. Que l’on est au dessus. 

Quand on interroge le designer Japonais Oki Sato sur les sources de son inspiration, il répond : “J’aime répéter tous les jours la même chose. Je promène mon chien selon le même parcours. Je bois le même café. Quand on répète les choses, on commence à remarquer les nuances du quotidien.”

Les routines et les habitudes sont les fondations de toute carrière créative.

Elles sont le meilleur moyen de progresser et d’atteindre les fameuses 10 000 heures de pratique nécessaires pour devenir très bon dans un domaine. 

Écrivons 3 heures par jour.
Passons 3 heures par jour à travailler sur nos musiques.
Filmons 3 heures par jour. 
Dessinons 3 heures par jour.
Dédions 3 heures par jour à peaufiner notre technique.

Tout se passera bien.

 



Cet article fait partie du nouveau livre que je suis en train d’écrire en public. Laissez moi votre email pour ne rien manquer et découvrez les détails du projet sur cette page.

Ne manquez aucun article !Écriture, Marketing & Créativité