Expédition créative : la patience, l’ambition et la rigueur du travail bien fait

Expédition créative : la patience, l’ambition et la rigueur du travail bien fait

Je suis infiniment fier de vous présenter mon nouveau livre : Expédition Créative.

J’ai mis mes tripes dans ce livre et cet article. J’espère qu’il résonnera en vous et qu’il vous aidera.

Voici le pitch, en quelques lignes :

“Ce livre a pour mission d’accompagner ceux qui montent des projets créatifs de toute sorte (écriture, vidéos, art, podcasts, entreprise, etc), dans leur expédition. Je l’ai pensé comme le livre de chevet qui les accompagne à chaque moment de leur voyage. 

Souvent, la plus grande difficulté n’est pas d’avoir une idée originale ou d’être meilleur que la concurrence.

Le défi se situe au niveau de la lutte interne que mènent les créatifs. Par-delà les différences de leurs projets, tous les créateurs affrontent le même ennemi : eux-mêmes. Ils sont en proie à de nombreux pièges qui conspirent pour les faire abandonner en chemin : la solitude, la difficulté du processus, la lutte contre leurs propres démons, la peur des critiques, le syndrome de l’imposteur, etc.

Pour traverser cette expédition avec succès, il faut s’armer de bons réflexes et de la bonne approche mentale. Ce livre est votre compagnon dans cette aventure. La boussole qui vous guide sur le chemin et qui vous rappelle à la raison quand c’est nécessaire.”

J’ai commencé à travailler dessus au début de l’année 2019.

C’est à partir du mois de février que je m’y suis mis sérieusement ; l’idée que je voulais développer et le plan que je voulais suivre sont arrivés à maturité. 

Je me suis engagé vis-à-vis de moi-même d’y dédier toute mon énergie sur les 6 à 10 prochains mois.

Le 23 octobre 2019, jour de sa sortie, j’ai eu l’occasion de le présenter devant une cinquantaine de créateurs, lors d’une soirée de lancement. 

soirée de lancement expédition créative


Voici la genèse de ce projet. 

 

1- Alimenter son fumier d’idées

Mes recherches pour ce livre ont commencé en trame de fond de ma vie, il y a plus de 6 ans. 

En 2013, je suis entré en école de commerce. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais y faire, ni même du domaine dans lequel je souhaitais évoluer plus tard. Je sortais de deux années en classe préparatoire ; je n’avais fait aucun stage et je ne possédais aucune expérience dans le monde professionnel.

Le choix de faire une école de commerce était le fruit du hasard. C’était un moyen de ne pas faire de choix et de me laisser un maximum de portes ouvertes. 

J’avais une seule certitude. Ou plutôt, une intuition, une envie profonde.

J’aimais créer des choses.

J’adorais passer du temps seul dans ma chambre pour imaginer et donner vie à des concepts. 

Plus jeune, j’aimais dessiner. J’ai le souvenir d’une petite bande-dessinée que j’avais créé et que je montrais à mon professeur d’arts plastiques, au collège.

J’ai toujours senti qu’une fibre entrepreneuriale était en moi. 

Mais je n’avais pas vraiment de référentiel. Ce n’est pas une sensibilité que l’on développe à l’école. 

Je ne savais pas comment m’y prendre. Je n’avais aucune compétence en Marketing. Dans mon entourage, personne ne développait de projet sur Internet. 

J’avais une envie. Mais je ne savais pas comment m’y prendre.

En école de commerce, cette envie s’est développée. J’avais du temps. Après deux années intensives en prépa, j’avais besoin de retrouver une forme de stimulation intellectuelle.

Alors j’ai continué à développer des projets.

Avec des amis, j’ai créé un blog sur le foot, qui s’est transformé en application mobile, puis en podcast.

 

projet blog foot


J’ai essayé de créer une marque de tee-shirts.

 

projet marque tee shirt


J’étais Président d’une association de débat de mon école.

 

projet asso débat


J’ai essayé de créer une “startup” de location de bureaux dans des conteneurs avec Alexis Minchella.

 

projet conteneur alexis


Et j’en passe.

Un an avant la fin de mon école de commerce, je me suis retrouvé à faire un stage de 10 mois dans une banque. 

Je m’ennuyais. Quand je repense à tous les projets que j’ai “développés”, c’était une évidence que cela n’allait pas me convenir. 

C’était pas une expérience terrible. Mais mon âme de créateur mourait à petit feu.

C’est à ce moment que j’ai commencé à écrire. Je résumais les livres que je trouvais fascinants. Je cherchais des réponses à mes questions.

Je commençais à développer une compétence concrète, l’écriture, sur laquelle j’allais pouvoir m’appuyer plus tard. 

Le point commun de tous les projets dont je viens de vous parler, c’est qu’ils n’allaient nulle part.

J’étais excité et enthousiaste. Mais cela retombait au bout de quelques semaines. Une autre idée plus brillante m’attirait. Je n’allais jamais au bout.

Avec l’écriture, c’était différent. 

J’étais animé par un sentiment nouveau. Plus fort. Une frustration qui s’était accumulée et qui n’attendait que d’exploser. 

Ce cheminement m’a poussé à publier mon premier livre, “Devenir Remarquable à l’ère du numérique”, en décembre 2017.

C’était un accomplissement incroyable. Pour la première fois, j’ai mené un projet complexe de bout en bout. Je ne me suis pas laissé distraire et je suis resté discipliné. 

Bien après la sortie du livre, j’ai continué à écrire et à en parler.

Je termine mes études fin novembre 2017. En décembre 2017, j’entre les deux pieds dans le monde du travail et je rejoins LiveMentor

À ce moment de ma vie et de ma courbe d’apprentissage, LiveMentor est l’opportunité parfaite. J’évolue dans un environnement où tout va très vite. Je côtoie des gens passionnés par leur travail, comme moi. Je suis au contact d’entrepreneurs tous les jours. J’apprends énormément de choses sur le fonctionnement d’une startup, d’un département marketing et sur ce que je fais : le Copywriting.

Je continue d’écrire en parallèle.

C’est plus dur. J’ai moins de temps et d’énergie, mais je ne m’arrête pas pour autant. 

Au bout de quelques mois de travail, je commence à prendre le rythme et je trouve un équilibre pour avancer sur les projets que je mène sur mon temps libre. 

Début 2018, j’ai une vague idée pour un second livre. Mais je ne suis pas prêt à remettre mon bleu de chauffe. J’ai besoin de me laisser encore un peu de temps.

À l’été 2018, je me mets en tête de réenclencher sérieusement la machine. J’écris des longs articles sur des auteurs que j’aime bien : Ryan Holiday, Seth Godin, Nicolas Cole et Tim Urban.

J’aime toujours autant écrire. Je veux entretenir cette dynamique ultra positive qu’est de créer chaque jour quelque chose de nouveau. J’ai vendu plusieurs centaines de mon premier livre et obtenu d’innombrables retours de la part de lecteurs. C’est incroyable.

Je tiens quelque chose. Je dois continuer à creuser. Je dois persévérer. Je dois continuer à développer mon audience.

Mais je traverse une période de doute. Je me pose mille questions. Je ne sais pas comment continuer. Je ne sais pas dans quel projet investir mon temps et mon énergie. J’ai l’impression de ne pas être assez bon. D’être prétentieux. De pisser dans un violon.

Nous sommes en octobre 2018. Je pars 10 jours à New-York, en vacances.

Dans une librairie, je tombe sur “La Guerre de l’Art” de Steven Pressfield. On me l’avait recommandé à plusieurs reprises mais je ne l’avais jamais lu. C’était l’occasion.

 

la guerre de l'art steven pressfield


Ce livre joue un rôle de déclic. Il met des mots sur ce que je ressens. Il m’aide à comprendre la phase que je traverse et les blocages que j’ai du mal à cerner.

En tant que créateur, on ressent une tension permanente, presque schizophrénique. 

D’un côté, on a profondément envie de créer des choses. C’est ce qui nous rend heureux et nous fait nous épanouir.

De l’autre, on ressent une sensation d’inconfort et de souffrance à chaque fois que l’on crée. Pressfield me le donne en mille, cette tension a un nom : La Résistance. Il me la présente sous toutes ses formes.

Ce livre est libérateur. Il me fait prendre conscience que je ne suis pas seul dans ce voyage. Que je suis normal. Que je suis sur la bonne voie.

C’est le signe que j’attendais.

Les choses se mettent en place dans ma tête. 

Progressivement, mon idée de second livre se précise. 

Tolkien parle de “fumier d’idées” pour désigner toutes ces pensées, aux premiers abords inutiles, mais qui prennent racine, qui se décomposent et qui se transforment en engrais, au fil du temps et des expériences

“One writes such a story not out of the leaves of trees still to be observed, nor by means of botany and soil-science; but it grows like a seed in the dark out of the leaf-mould of the mind: out of all that has been seen of thought or read, that as long ago been forgotten”.

C’est exactement ce qu’il se passe.

Nous arrivons en février 2019, je me lance dans l’écriture du livre que je vous présente aujourd’hui. 

2. Accompagner les créateurs dans leur expédition personnelle

Développer un projet créatif, qu’il s’agisse d’écriture, de musique, de vidéo, de la création d’une entreprise ou de toute forme de pratique artisanale, procure un sentiment fantastique. 

Cela génère une sensation unique, qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Mais le processus créatif n’est pas sans douleur ni inconfort. La naissance se passe toujours dans le sang et la sueur. 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, notre ennemi n’est pas la concurrence ou le marché. L’enjeu n’est pas non plus de trouver une idée révolutionnaire ou de suivre sa passion.

La lutte se fait contre soi-même. En tant que créateur, on doit se battre contre nos propres démons. Prendre les armes et lutter contre la Résistance : toutes ces choses qui veulent nous dissuader de créer. 

Dans La Guerre de l’Art, Pressfield a une phrase extrêmement forte à ce sujet : le plus dur n’est pas de faire claquer ses doigts contre son clavier, mais de faire le chemin jusqu’à son bureau pour écrire

La voici, la vraie difficulté. 

C’est à ce moment que la Résistance nous dit qu’on a mieux à faire.

Qu’on serait mieux dehors, à faire autre chose.

La Résistance touche tout le monde. Tous les plus grands créateurs en parlent et la ressentent au plus profond d’eux-mêmes. 

Ils éprouvent tous cette dualité : “j’adore ce que je fais, mais je souffre / je doute / j’ai peur en le faisant.”

Écrire représente qui nous sommes. Faire de la musique constitue notre identité. Créer des vidéos nous motive à nous lever le matin.

Mais c’est un combat quotidien pour dompter ses démons.

Les meilleurs créateurs prennent la Résistance très au sérieux. Leur remède : se comporter comme des professionnels.

Ils ont fait de leur discipline leur priorité. 

Ils sont suffisamment forts pour repousser leur besoin de gratification instantanée. Ne pas scroller sans fin leur fil Instagram et se couper du monde, pour créer et investir dans eux-mêmes. 

Ils savent que rien ne vient sans sacrifice. Que tout qu’ils souhaitent se trouve de l’autre côté de la peur. 

La courbe d’un projet

Avant de se lancer dans un projet, on imagine que notre voyage va ressembler à cela :

courbe revée projet créatif

Quand on regarde les créateurs à succès, on imagine qu’ils ont connu un beau chemin linéaire. 

Quelques accrocs en chemin, mais une ascension régulière vers la maîtrise de leur art et le succès.

On se dit qu’ils ont du talent ou de la chance. Que pour arriver à leur niveau il faut être fou ou avoir des contacts. 

À l’inverse, notre courbe personnelle ne ressemble en rien en cela. Elle est chaotique. Jonchée par les embûches. 

Une fois l’excitation des débuts passée, tout change.

On se compare. On complexe. On doute. On a peur de ne pas être à la hauteur. De se faire critiquer. On se dit qu’on ne possède pas assez de talent. Qu’on a pas “ce qu’il faut”. Que notre ambition est utopique.

Le problème, c’est que l’on observe uniquement la fin de la courbe des artistes à succès. 

On ne voit pas les galères qu’ils ont vécues et qu’ils vivent encore. On vante leur succès, sans parler des sacrifices et des innombrables heures passées seuls, à créer des choses d’une qualité moyenne.

On ne voit pas leur décennie solitaire : ces années pendant lesquelles ils développaient leurs compétences et plantaient des graines, dans l’ombre.

Certains sont très talentueux, c’est indéniable. Mais c’est surtout des gens qui combattent la Résistance tous les matins. Ce sont des professionnels qui se présentent sur le ring tous les matins. 

Le travail et la détermination battent le travail à tous les coups. 

En réalité, le voyage de tout créateur ressemble plutôt à cela :

 

réalité courbe projet

Le but de mon nouveau livre, Expédition créative, est de vous accompagner à chaque étape de votre voyage :

  • La préparation : les bons mécanismes de pensées à adopter avant de se lancer dans le projet
  • La mise en mouvement : fini le temps des idées et de la réflexion. On se met dans l’action le plus vite possible
  • Le combat silencieux : on est dans le projet depuis plusieurs mois. C’est difficile, solitaire et ingrat. Il faut continuer à avancer et déblayer centimètre après centimètre
  • Le bout du tunnel : on donne vie à son projet et on accepte que son sort ne se trouve plus entre nos mains

 

Mon objectif est de vous indiquer les pièges à éviter et les raccourcis à emprunter. 

Ce livre se base sur mes expériences personnelles, mes discussions avec plusieurs centaines de créateurs et les milliers d’heures de lecture et de recherche que j’ai accumulées. 

J’en suis infiniment fier. 

Je suis animé par la même envie : écrire le livre que j’aurais aimé lire. Et dans ce cas, aider les créateurs qui aimeraient s’embarquer dans leur expédition créative personnelle.

J’espère qu’il vous plaira. J’y ai mis tout ce que je pouvais.

Si vous lui donnez une chance, j’adorerais avoir votre retour dessus !

Expédition-Créative-Valentin-Decker

J’ai discuté de créativité pendant 1 heure avec Julien Josselin

J’ai discuté de créativité pendant 1 heure avec Julien Josselin

Pour le premier épisode de notre podcast, Inspiration Créative, que je co-anime avec Killian Talin, nous accueillons Julfou, alias Julien Josselin.

Julien est principalement connu pour sa chaîne Youtube et les 60 millions de vues qu’il y a accumulées. 

Il a fait partie des Suricates, de Golden Moustache et a lancé plusieurs formats inédits d’émissions, comme JAM. 

Julien est curieux et aime toucher à tout. Il est également auteur, scénariste et réalisateur. Il a publié une BD, TrousseBoy chez Glénat, monté un groupe de rock, et a même sorti un film, Les Dissociés, en avant-première au cinéma. 

Aujourd’hui, il anime une émission tous les lundis soir sur Twitch, Askip, et prépare une série pour 2020. 

Voici les leçons que je retiens de notre discussion.

1. Commencer par créer sans prétention

Julien a commencé à tourner autour d’une caméra très jeune. Enfant, il s’amuse à tourner des vidéos avec son père.

Il ne se soucie pas de la qualité de ses vidéos. Il suit ses envies et crée pour le plaisir, de manière innocente. 

Il ne rêve pas de paillette, ni même d’en faire un vrai métier. Il prend sa caméra de manière instinctive et s’amuse. 

Les années passent, Julien grandit, mais son intérêt pour la vidéo se poursuit. Cela fait plusieurs années qu’il en crée.

Julien n’abandonne pas en cours de route, il fait ce qui l’intéresse.

Il laisse le temps à ses compétences de se développer et à sa sensibilité de s’affiner. La qualité de ses vidéos s’améliore. 

À chaque nouvelle vidéo, il progresse.

Lorsqu’il arrive à l’âge adulte, Josselin a derrière plus d’une décennie de pratique, pendant laquelle il a pu expérimenter des choses et être mauvais sans complexe.

Pour devenir un bon artiste, il faut d’abord accepter d’en être un mauvais. 

Quand les planètes s’alignent et que des plateformes qui permettent à n’importe qui de partager ses vidéos au monde entier émergent, Josselin est prêt.

2. Ne pas se poser de question et être régulier

Quand on se lance dans la création, le piège est de vouloir faire quelque chose de très gros et de se comparer aux meilleurs, dès le départ. 

Commençons par des choses simples, à notre portée. 

Privilégions la régularité à la perfection. Construisons un environnement pour nous permettre de produire une nouvelle oeuvre chaque jour. 

Paradoxalement, le conseil que donne Julien est de ne pas trop réfléchir. D’être tellement occupé à créer au point de ne pas avoir le temps de se soucier du reste et de douter.

Plus on intellectualise et on rationalise ce que l’on fait, moins cela semble faire de sens. On laisse nos peurs prendre le dessus.

Quand on y pense, nos chances d’y arriver sont minimes. Vivre de ses créations est un luxe réservé à une infime partie de la population. Combien ont essayé avant nous ? Combien s’y sont cassés les dents ?

Il faut être un peu fou, ne serait-ce que pour penser que c’est possible. Que l’on possède nos chances.

Il faut être obsessionnel pour ne pas abandonner. Avoir la force de caractère et la détermination nécessaire pour inventer son mode de vie. Pour créer des choses qui vont avoir un impact.

Si c’est ce que l’on souhaite, il n’y a qu’une chose à faire : mettre des oeillères et créer sans jamais s’arrêter.

C’est le meilleur moyen de ne pas laisser la Résistance nous abattre.

3. Faire des choses que l’on ne sait pas faire et repousser sa zone de confort

Repousser sa zone de confort.

Voilà une expression bien galvaudée, mais qui prend tout son sens avec le parcours de Julien.

Quand j’observe son parcours, je suis frappé par cette envie constante d’explorer de nouveaux territoires et de ne jamais se reposer.

Julien cherche sans cesse de nouveaux moyens pour pratiquer son art. 

Youtube est son premier terrain de jeu. Il s’est essayé à différents formats et a inventé les siens.

Il a lancé des mini-séries et prochainement une “vraie” série. Il a créé son format d’émission en direct sur Twitch. Il a réalisé et travaillé sur le scénario d’un film. Il a lancé un groupe de Rock.

Dès qu’il sait faire quelque chose, il passe à autre chose. Il passe à un niveau supérieur.

Il cherche la difficulté. Il se place volontairement dans des situations d’inconfort et se lance des défis pour lesquels il n’est pas 100% à l’aise. 

Je pense souvent à cette phrase de Steven Pressfield : “write the book you can’t write“. Julien en est un très bon exemple.

 

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L’épisode complet est disponible sur toutes les plateformes de podcast.

 

Expérimenter des choses

Expérimenter des choses

Pour Arthur Schopenhauer, il existe deux types d’auteurs : ceux qui écrivent parce qu’ils ont quelque chose à raconter et ceux qui écrivent pour le fait d’écrire. 

La première catégorie a vécu certaines expériences ou développé des pensées qui lui semblent importantes à partager. La deuxième est davantage intéressée par l’argent et se sert de l’écriture pour en gagner. 

Pour Schopenhauer, seule la première catégorie est digne d’intérêt. L’écriture ne doit pas être une fin. Ce n’est qu’un moyen pour raconter une histoire, véhiculer une pensée ou impacter le monde autour de soi. Les meilleurs livres, ne sont pas le fruit d’auteurs qui étaient irréprochables sur la grammaire ou l’orthographe. Ils n’ont pas été écrits par des techniciens du mot, qui parviennent à créer des structures de phrase parfaites. Ni par ceux qui ont bien assimilé la technique du “voyage du héros” de Joseph Campbell.

Ils ont été écrits par des personnes qui ont vécu des expériences singulières. Qui ont passé leur vie à développer un point de vue original sur une question. Qui ont élaboré une théorie complexe, l’ont testée dans la réalité et en font le compte rendu sous forme de livre. Ils ont été écrits par des personnes qui ont expérimenté des choses qui les rendent crédibles pour en parler.

Pour Schopenhauer, “avoir quelque chose à dire, est pratiquement une condition suffisante pour un bon style d’écriture”.

Je me rends compte que c’est une constante qui revient chez de nombreux auteurs à succès. Ils ont expérimenté des choses hors du commun, qu’ils ont utilisées comme matériel pour leurs histoires :

  • Hemingway a été un soldat, un correspondant de guerre, un espion, un pêcheur, un adepte de la chasse et même un matador. Il a failli mourir lors d’un crash d’avion pendant l’un de ses safaris en Afrique. Il était présent sur les plages du débarquement, en Normandie, aux côtés de la Première division d’infanterie américaine, le 5 juin 1944
  • Les deux parents Tolkien sont mort quand il était très jeune. Il est parti se battre dans les tranchées de la Somme, pendant la Première Guerre mondiale
  • Romain Gary était un aviateur, militaire, résistant, diplomate. Il combat pour l’Armée Française libre pendant la Deuxième Guerre mondiale. 

Cela ne s’applique pas uniquement à la fiction :

  • Avant de le raconter et de le théoriser dans son livre, Tim Ferriss a réellement expérimenté le mode de vie de la semaine de 4 heures
  • Ryan Holiday était le directeur marketing d’American Apparel, l’une des plus grosses marques de vêtements de l’époque, à l’âge de 21 ans. Sans cette expérience, il n’aurait jamais écrit son premier livre, “Trust my I’m lying”.

 

C’est valable dans toutes les disciplines.

Il y a ceux qui créent une entreprise parce qu’ils ont envie de trouver une solution à un problème et il y a ceux qui le font parce que c’est “cool”, “bien vu” ou qu’ils espèrent gagner de l’argent.

Il y a ceux qui réalisent des films pour véhiculer un message et ceux qui le font pour devenir célèbre.

Bien sûr qu’il faut s’entraîner, développer nos compétences et maîtriser les bases techniques de notre discipline. Mais n’oublions pas que ce n’est pas suffisant.

Le fond est tout aussi important. Nous avons besoin de faire des choses. De mener des expérimentations. De développer une perspective unique. D’adopter un point de vue digne d’intérêt.

Ensuite, le reste n’est qu’un moyen pour véhiculer ces expériences : entreprise, écriture, musique, réalisation, art, etc. Le médium est propre à chacun.

On ne peut pas juste s’asseoir à son bureau, lire les classiques et “faire de la philosophie”. Il faut vivre des choses et avoir des expériences qui nous mettent à l’épreuve. C’est seulement ensuite qu’on peut observer les événements au travers du filtre de la philosophie et y trouver une réelle signification.

Il existe une infinité de manières d’avoir des choses à raconter. Tout peut être utile et nous servir de matériel. Planter une boîte. Planter 10 boîtes. Partir seul en tour du monde. Publier une vidéo par jour pendant 3 ans. Partir à la guerre. Courir les ultra-trails les plus dangereux. Développer un projet qui cartonne au-delà des attentes. Devenir le meilleur joueur du monde à World of Warcraft. Adopter un style de vie différent.

Créer une entreprise ou publier du contenu en ligne est devenu accessible à tout le monde. Il est possible de se passer des maisons de disque, des éditeurs et des studios de production pour se faire publier. Ce ne sont plus les intermédiaires que l’on doit convaincre avec notre travail. Des millions d’heures de contenu sont téléchargées sur Youtube, de livres sont publiés et de musiques sont mises en ligne, chaque jour.

Le challenge est d’intéresser les gens. D’être crédible et d’avoir des choses à raconter pour qu’ils y portent attention.

Expérimenter des choses différentes. Faire ce que les autres ne font pas. C’est un besoin que je ressens de plus en plus.

 

Routines d’écriture : Ernest Hemingway

Routines d’écriture : Ernest Hemingway

Nous sommes à Cuba, dans une maison typique de cette région des Caraïbes.

Hemingway habite dans la ville de San Francisco de Paula, près de La Havane. 

Bien qu’il possède une pièce dédiée à son bureau, Hemingway aime écrire dans sa chambre. Celle-ci est divisée en deux par une alcôve. Les grandes fenêtres laissent filtrer la lumière du jour qui réfléchit contre les murs blancs ornés de ses trophées de chasse.

La pièce est remplie de livres. Ils garnissent les étagères. S’empilent les uns sur les autres pour former plusieurs colonnes qui s’élèvent vers le plafond. 

Hemingway aime écrire debout. L’une de ses bibliothèques lui sert de bureau. 

 

Routines écriture hemingway

 

Le reste de sa villa ressemble au lieu de vie d’un écrivain ; on y trouve des livres partout. Il y en a plus de 5 000. Tous les genres sont présents : livres sur l’histoire, livres militaires, livres de géographie, fictions, biographies, etc.

C’est dans cette maison qu’il écrit l’une de ses principales oeuvres, Le Vieil Homme et la Mer, en 1951. Il y réside pendant près de 20 ans, avant de rentrer se suicider chez lui en 1961, dans l’Idaho.

 

Un cadre de travail solide

Comme l’auteur anglais Ian Fleming, père de James Bond, dont je raconte la routine d’écriture depuis sa villa de la Jamaïque, Hemingway est un homme d’habitudes.

Il démarre chacune de ses journées de travail de la même manière.

Il aime se lever à l’aube pour profiter de ces moments de solitude, pendant lesquels personne ne peut le déranger. Il commence à écrire aux alentours de 7 heures. 

À 8h30, il fait une pause pour petit-déjeuner. Il reprend à partir de 9 heures et travaille ensuite de manière ininterrompue jusqu’à midi. Il écrit debout, face à son bureau, entouré de ses nombreuses piles de livres.

Sa journée d’écriture est ensuite terminée. L’après-midi, il se maintient en forme en faisant des longueurs dans sa piscine. Il aime également pêcher et s’arrêter au bar pour boire quelques verres de douceurs alcoolisées locales.

Seulement 4 heures d’écritures par jour, on peut se dire que c’est peu.

Mais son quotidien est parfaitement structuré. Certains jours, les mots lui viennent avec davantage d’aisance que d’autres. Peu importe, c’est le lot de tout écrivain. Grâce à ce cadre régulier et strict, il avance chaque jour.

Hemingway n’écrit pas quand l’inspiration le prend ou quand il en a envie. Il le fait quoi qu’il arrive, tous les matins, pendant 4 heures.

 

La régularité pour ne pas briser le flow

Quand on crée, le plus dur est de démarrer. Ce n’est pas de faire claquer ses doigts contre son clavier, mais de faire le trajet jusqu’à son bureau pour enclencher la dynamique. 

Pour ne jamais rester bloqué, Hemingway a développé deux techniques bien à lui.

1. Il sait toujours où commencer le lendemain.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne termine pas ses séances d’écriture quand il n’a plus rien à dire. Il y met fin quand il sait ce qu’il va écrire ensuite. 

Il s’arrête parfois en plein milieu d’une phrase pour ne jamais tomber en panne sèche d’inspiration.

La feuille blanche n’existe pas. 

As long as you can start, you are all right. The juice will come.” – Hemingway

2. “Don’t break the chain”

Au dessus de son bureau, Hemingway possède un grand tableau qui lui fait office de calendrier.

Après chaque matinée d’écriture, il inscrit le nombre de mots qu’il vient de rédiger. 

Il n’était généralement pas très élevé par rapport à d’autres auteurs qui s’imposent une régularité similaire (je pense aux 2 000 mots quotidiens de Stephen King). Mais gardons en tête qu’Ernest écrivait à la main, la majorité du temps. 

Sur son tableau on peut lire : 450, 575, 462, 1250, etc.

Entre 400 et 700 mots par jour en moyenne donc. Selon sa femme, il dépassait rarement les 1 000 mots.

Ce rituel lui permet de mettre un point final à sa journée d’écriture. C’est sa manière de valider le travail accompli et de visualiser sa progression. 

Au bout d’un certain moment, l’envie de ne pas briser la chaîne devient aussi forte que l’envie d’écrire. 

“After a few days you’ll have a chain. Just keep at it and the chain will grow longer every day. You’ll like seeing that chain, especially when you get a few weeks under your belt. Your only job next is to not break the chain.” – Jerry Seinfeld, un auteur, humoriste et comédien qui employait la même technique.

 

Hemingway est un professionnel 

Les interviews d’Hemingway sont rares.

Même lorsque des journalistes américains ou européens faisaient le déplacement jusqu’à Cuba pour lui poser des questions, il déclinait. 

Il n’avait rien contre eux ou contre les interviews (bien qu’il appréciait moyennement l’exercice), il considérait simplement que ces interruptions brisaient sa routine créative.

Plus il avançait dans l’âge et plus Hemingway se montrait rigoureux avec la gestion de sa ressource la plus précieuse : le temps. 

Chaque minute passée à répondre aux questions de journalistes est une minute qu’il ne passe pas à écrire, profiter de sa famille ou de son cadre de vie. Il qualifie les appels téléphoniques et les visites qu’il reçoit de “work destroyers”.

C’est l’un des paradoxes du succès. Plus on devient reconnu pour notre art, plus on reçoit de sollicitations diverses et… moins on passe de temps sur ce qui a fait notre succès : la pratique de notre art. 

Hemingway en est conscient plus que n’importe qui. Il doit dire non. Il doit préserver son énergie et ses routines créatives pour ce qui a le plus d’importance pour lui. 

Hemingway est un professionnel.

People don’t realize I’m a professional writer – that I write to earn my living. Everybody who comes to Cuba knows I’m here so they drop out for a chat, if I let them”. – Ernest Hemingway

 

Avoir des choses à raconter

Quand on interroge Hemingway sur le meilleur conseil que l’on puisse donner à un écrivain, il ne parle pas d’apprendre la grammaire, de maîtriser la structure d’un dialogue ou de connaître les règles d’un bon récit.

Il insiste sur l’importance d’expérimenter des choses. De vivre une vie riche et variée. De partir à l’aventure. 

L’imagination d’un écrivain se nourrit de ce qu’il vit et traverse au quotidien. 

Et des péripéties, Hemingway en a connues. 

Dans sa vie, Hemingway a été un soldat, un correspondant de guerre, un espion, un pêcheur, un adepte de la chasse et même un matador. Il a failli mourrir lors d’un crash d’avion pendant l’un de ses safaris en Afrique. Il était présent sur les plages du débarquement, en Normandie, aux côtés de la Première division d’infanterie américaine, le 5 juin 1944.

Comme tout grand écrivain, Hemingway est un lecteur frénétique. Tout est prétexte à raconter des histoires. 

Tout est source d’inspiration.

 

Entre plaisir et douleur

Quand je m’intéresse à la vie d’Hemingway et que je l’écoute parler de son art, je retrouve cette dualité permanente entre plaisir et douleur. 

L’écriture fait partie de son identité. Elle définit qui il est en tant qu’être humain.

Mais, le processus ne lui vient pas sans difficultés pour autant. Comme tous les créateurs, Hemingway faisait face à la Résistance. Il traversait des phases de doutes et de remises en question profondes.

Pour se rassurer, il relisait ses anciens livres : “I read them sometimes to cheer me up when it is hard to write and then I remember that is was always difficult and how nearly impossible it was sometimes.

 

Se comporter comme un professionnel

Se comporter comme un professionnel

Je parle souvent du concept de Résistance, cette force invisible qui nous empêche de créer. 

Elle se manifeste sous plusieurs formes : la solitude, la procrastination, la difficulté du processus, la lutte contre nos démons, le perfectionnisme, la peur des critiques, ou encore le syndrome de l’imposteur.

Comme le dit Steven Pressfield dans son excellent La guerre de l’art, le plus dur n’est pas d’écrire, mais de faire le chemin jusqu’à notre bureau.

Certains jours, on va se lever remplis de motivation et déterminés comme jamais. D’autres jours, on va tout remettre en question. On va douter de nous-mêmes. Critiquer la qualité de notre travail. Avoir peur de perdre notre temps et de s’engager sur une mauvaise route. On va trouver toutes les excuses possibles pour ne pas poser nos fesses sur notre chaise et se mettre au travail. 

La Résistance est vicieuse. 

Elle peut nous pousser à tout remettre en cause pendant un moment de faiblesse. C’est ce qui m’est arrivé pour la publication de mon premier livre, “Devenir remarquable à l’ère du numérique“.

Le livre était terminé. Il me suffisait d’appuyer sur le bouton “publier”.

Mais j’étais paralysé. 

Ce qui aurait dû me prendre quelques secondes, m’a pris plusieurs semaines. Je repoussais sans cesse l’échéance. À un moment, je me suis même mis en tête de ne pas le publier. Je commençais à me faire une raison et à trouver tout un tas d’excuses bidons pour justifier ce choix. Trop jeune. Pas encore prêt. Pas assez mature. Pas assez bon. Pas assez talentueux. Trop arrogant. Je “n’ai pas ce qu’il faut”.

Il me brûlait les doigts. 

J’étais prêt à jeter 6 mois de travail à la poubelle. Sans un sursaut d’orgueil, un dimanche matin, c’était ce que je m’apprêtais à faire.

La Résistance est effrayante.

En discutant avec des amis créateurs et en m’intéressant à la vie de centaines de créateurs à succès pour les besoins de mon livre, Expédition créative, je me suis rendu compte que la Résistance touchait tout le monde

Mieux, c’est un signal positif qu’on se trouve sur la bonne voie. 

Lorsqu’elle pointe le bout de son nez, cela veut dire que l’on doit persévérer.

Devenir un professionnel

Pour contrer la Résistance et ne pas la laisser prendre le dessus sur nous, la clef est de se comporter comme un professionnel.

Le professionnel accepte la nature du processus créatif. Il sait que, quoi qu’il fasse, la peur et la difficulté ne disparaîtront jamais. Tout ce qu’il peut faire, c’est s’y habituer et y devenir plus résistant.

Le professionnel se lève chaque matin, prêt à en découdre.

Comme un guerrier qui se prépare au combat, il se construit des rituels pour défier la Résistance.

Il prend du plaisir dans cet affrontement et s’épanouit dans ces moments. Il sait que chaque tentative visant à le détourner de son travail constitue un signal positif. Synonyme qu’il se trouve sur le bon chemin. Il ressent un mélange d’amour pour ce qu’il fait et de volonté d’un découdre.

S’il y a bien une chose en son pouvoir, c’est le fait de se présenter sur le ring chaque matin. Le reste appartient aux Dieux et à la chance. Il ne s’accorde aucune excuse. Le syndrome de la page blanche n’existe pas. La panne d’inspiration non plus.

Ce ne sont que des tactiques employées par la Résistance.

Le professionnel s’organise pour se construire un cadre de travail solide autour de lui. Il comprend que le manque de temps n’existe pas et qu’il s’agit uniquement de hiérarchiser ses priorités.

La maîtrise de son art est sa priorité. Son obsession.

Le professionnel sait qu’il ne doit jamais se contenter de ce qu’il a. Il doit apprendre à être heureux avec ce qu’il possède, mais doit toujours se remettre au travail pour avancer.

Le professionnel comprend que l’échec, la difficulté et le doute font partie du voyage. Sa régularité dans la pratique délibérée de son art lui permettent d’accomplir ses objectifs malgré tout.

Enfin, le professionnel comprend qu’il n’obtiendra rien sans sacrifice. Que les choses se méritent et qu’il doit faire des choix. Il doit prioriser ce qui lui importe le plus, pour pouvoir s’y dédier, quitte à laisser d’autres éléments de sa vie de côté.

J’ai choisi la voie du professionnel. Et vous ? 

 

Célébrons les petites victoires et passons rapidement à autre chose.

Célébrons les petites victoires et passons rapidement à autre chose.

On vient juste d’obtenir une petite victoire.

Notre article a bien marché. Notre podcast a obtenu d’excellents retours. Notre vidéo a cartonné et notre chaîne grandit. On vient de signer un client important.

Célébrons les petites victoires et savourons le travail bien fait. Apprécions le boost de motivation temporaire que cela nous procure.

Le créateur a besoin de voir qu’il ne fait pas ça pour rien et que son audience apprécie son travail. L’aventurier qui traverse la jungle a besoin de répit et de réconfort. Il vient de trouver un fruit particulièrement délicieux ou un raccourci qui lui fait gagner du temps sur sa route.

Mais ce n’est qu’un pas supplémentaire. Dès le lendemain, il doit passer à autre chose et se remettre au travail. Il doit continuer à avancer et débroussailler le chemin.

Ne nous laissons pas enivrer par ce début de succès et ce plaisir éphémère. Ne tombons pas dans l’excès de confiance et ne relâchons pas nos efforts.

Ce succès ne signifie pas grand chose. Nous sommes encore loin de comprendre le fonctionnement de la création et ses subtilités. Il peut s’expliquer par de nombreux éléments : un coup de chance, un timing particulièrement favorable ou quelque chose qui échappe à notre vision. Le hasard joue un grand rôle dans le succès d’une oeuvre. Il suffit parfois qu’une personne ou qu’un média en plus la relaie pour la faire éclore.

Les plus grands coachs sportifs en sont bien conscients. Ils célèbrent les victoires, mais gardent en tête que la route est encore longue. Ils savent que de nombreux facteurs rentrent en compte dans l’issue d’un match. Même si une victoire est méritée, un relâchement serait synonyme de défaite au prochain match.

Pat Riley est l’un des managers, passé par les Los Angeles Lakers et le Miami Heat, les plus respectés et les plus titrés de la NBA. Au fil de ses nombreuses années d’expérience, il a élaboré une théorie sur la trajectoire que suit une équipe de NBA. 

Quand les joueurs d’une équipe se découvrent et qu’ils commencent à jouer ensemble, un sentiment d’alchimie règne. Chacun veille sur l’autre et tout le monde tire dans le même sens, concentré sur l’objectif final. Il appelle cette phase “l’ascension innocente”.

Tout bascule une fois que l’équipe remporte son premier titre. Les médias décryptent davantage les faits et gestes des joueurs. Ceux-ci commencent à laisser leur ego prendre le dessus. Les calculs sont de plus en plus individualistes. Chacun pense à sa propre importance et la place qu’il doit occuper. Riley appelle cette phase “La maladie du Moi”. Les joueurs se relâchent, pensant avoir compris comment faire. L’année suivante, ils sont généralement balayés par une équipe plus déterminée et plus compétitive.

Ce schéma se répète encore et encore dans les tous sports. Après une année de grâce, l’équipe implose, incapable de se remettre en question et de se préparer comme si rien n’avait changé.

Notre début de succès ne représente rien. Tout reste à faire.

Restons focalisé sur notre mission. Continuons à garder les yeux rivés sur notre chemin.

Repartons comme s’il s’agissait de notre premier jour. Nous sommes là sur la durée.