Storytelling : Utiliser le “voyage du héros” sans tomber dans les clichés

Storytelling : Utiliser le “voyage du héros” sans tomber dans les clichés

L’être humain est peu sensible aux faits bruts et aux statistiques froides.

Malgré l’existence de nombreux sites de “fact-checking”, les fake news se propagent de manière dangereuse et sont en partie responsables de l’élection de Donald Trump au poste le plus important du monde.

Nous ne sommes pas des êtres rationnels.

Nos décisions sont guidées par nos émotions et l’environnement dans lequel nous évoluons.

C’est pour cela que les êtres humains se racontent des histoires depuis des millénaires et qu’elles ont un impact sur nous.

Raconter des histoires est le moyen le plus efficace que l’on a trouvé pour transmettre notre savoir, passer des informations et nous divertir.

Les histoires ont le pouvoir de déclencher des réactions émotionnelles. Des réactions chimiques qui nous rendent émus, emphatiques, attachés, dégoûtés ou en colère.

Des histoires comptées par Homère à celles écrites par Tolkien, en passant par celles produites par Walt Disney, un modèle s’est imposé comme étant le plus répandu : celui du “voyage du héros” (en anglais : “hero’s journey”).

C’est tout sauf un hasard.

Si le “voyage du héros” est si puissant, c’est parce qu’il stimule nos désirs les plus profonds :

  • il nous prouve qu’il est possible de nous transformer profondément et radicalement
  • il exploite notre volonté de devenir de meilleures versions de nous-même
  • il nous montre que l’on peut surmonter n’importe quel obstacle et vaincre nos démons

À tel point qu’Hollywood nous ressort ce template du “voyage du héros” à toutes les sauces, quitte à transformer leurs plats en bouillie réchauffée.

Quoi qu’il en soit, le “voyage du héros” est l’une des manières les plus utilisées et efficaces pour raconter une histoire.

Rentrons dans le détail et voyons de quoi il s’agit.

Un héros en quête

C’est dans son livre, “Le héros aux mille visages”, que Joseph Campbell théorise la structure du “voyage du héros”.

Il y détaille la structure du voyage initiatique classique que traverse le héros de nombreuses oeuvres littéraires et cinématographiques.

Cela se décompose en 12 étapes :

  1. Le monde ordinaire. On pose le cadre, présente le personnage principal ainsi que son environnement. Tout va bien et sa vie est parfaitement et sa vie ressemble à tout ce qu’il y a de plus normale
  2. L’appel à l’aventure. D’un coup, tout bascule. Un événement inattendu se produit et pose un énorme de défi que le héros doit relever
  3. Réticence et peur de l’inconnu. Le héros a peur. C’est une personne lambda, pourquoi serait-ce à lui d’affronter le danger ?
  4. La rencontre avec le mentor. Un sage expérimenté intervient et explique au héros qu’il n’a pas le choix. Seul lui peut le faire. Il a été choisi par les dieux
  5. Le seuil de l’aventure est traversé. Il ne peut plus faire machine arrière, c’est trop tard. Il est entré dans un nouveau et n’a pas d’autre choix que de surmonter les obstacles
  6. Le combat avec les ennemis et la rencontre d’alliés. Le héros est en plein dans l’aventure et subit moult péripéties
  7. Le point culminant. Le héros est au point le plus dangereux de sa quête. C’est ici que tout se joue. Il tient le destin du monde entre ses mains
  8. L’épreuve ultime. Le héros affronte la mort. Il est à deux doigts de tout perdre
  9. L’élixir. Victoire, il s’est emparé du graal, l’objet suprême de sa quête
  10. Le chemin du retour. Sa destinée accomplie, il est l’heure de rentrer. Mais ce n’est pas fini pour autant. Sur son chemin, il doit encore éviter les dernières embûches
  11. Départ du monde extraordinaire. Le héros retourne chez lui. Il est transformé et conscient que sa vie ne sera plus jamais la même
  12. Le retour chez lui. Il est accueilli en héros et se sert de l’élixir pour changer le monde. Son objectif final est accompli

 

Le voyage du héros storytelling

 

Repensez aux films que vous adorez ou aux derniers que vous avez vus.

Je suis sûr que cette structure vous dit quelque chose.

Prenons le “Seigneur des Anneaux” par exemple :

On commence par voir Frodon chez lui, dans une scène de la vie quotidienne. Il reçoit un anneau de la part de son oncle. Sauf que Gandalf le magicien l’avertit du danger que représente cet anneau. Les serviteurs de Sauron sont à sa recherche, il n’a pas d’autre choix que de quitter sa région, la Comté, pour le mettre en sécurité. Rapidement, il se rend compte que c’est à lui que revient la tâche de détruire cet anneau, sous peine de voir les forces du mal détruire le monde. Pour cela, il doit braver les dangers et les nombreux défis, afin de se rendre à la Montagne du Feu. Une fois sur place, Frodon doit faire face à Gollum et ses propres démons pour un affrontement final. Il finit par l’emporter et parvient à détruire l’anneau. Le monde est sauvé et il peut faire le voyage inverse pour rentrer chez lui. Le bien triomphe sur le mal et sa vie ne sera plus jamais la même.

Comment appliquer le “voyage du héros” ?

La question que l’on se pose, en tant que Créateur de contenu, est de savoir comment appliquer ce framework.

Ce modèle a tellement été utilisé, que l’on peut vite tomber dans le cliché.

À l’image des prétendus entrepreneurs et rentiers d’Internet, qui utilisent le “voyage du héros” pour raconter leur histoire personnelle et développer leur “personal branding”. À 95% du temps, cela donne un récit qui sonne terriblement faux et qui donne envie de s’ouvrir les veines de désespoir :

“J’étais pauvre et perdu dans ma vie. Je me rendais tous les jours à mon lieu de travail, payé au SMIC, avec la vieille Peugeot 106 de mon grand père.
Un jour, je suis tombé sur la vidéo de [Insérer n’importe quel formateur en ligne] qui m’a montré qu’il était possible d’échapper à la rat-race et de devenir millionnaire sur Internet. Et ça a fonctionné en à peine quelques mois !
Depuis, je vis au 37e étage d’une tour à Dubai et je donne moi-même des formations pour enseigner ce que j’ai appris pour aider les gens à sortir le monde de la misère.
D’ailleurs, ma formation est en vente ici.”

Vous pensez que j’exagère ?

Le voyage du héros storytelling problème

Le voyage du héros storytelling problème

Il va sans dire que tout créateur de contenu qui se respecte veut éviter ce genre de chose. 🙃

Dans un tout autre registre, la situation est similaire au cinéma. Certaines superproductions Hollywoodiennes abusent tellement du voyage du héros, que leurs films deviennent de vulgaires caricatures.

Alors comment ne pas tomber dans ces travers ? Voici 3 règles simples, mais efficaces, que j’essaie d’appliquer :

1. Conserver la surprise

Le modèle du “voyage du héros” est familier du grand public.

“De toute façon, on sait très bien qu’à la fin, il va tuer le méchant et sauver le monde.”
Cette réflexion est le cauchemar de tout storyteller. Il n’y a rien de pire que de perdre l’ingrédient magique de toute bonne histoire : la surprise.

Cette décision inattendue du personnage principal qui prêtera à débat après le film.
Cette intrigue improbable qui fera que l’on parlera de ce livre à tous ses amis.
Cette révélation de dernière minute qui bouleverse la compréhension de l’histoire…

Pour cela, il est bon de garder en tête que le “voyage du héros” n’est qu’un framework.

Il faut jouer avec, l’adapter et le façonner à sa manière. Les meilleurs plats ne viennent pas de l’application à la lettre d’une recette. Ils sont le fruit d’élans créatifs du chef qui a fait varier un ingrédient pour donner une saveur inattendue. C’est la même chose quand on raconte une histoire.

2. Éviter les extrêmes, quels qu’ils soient

Ce n’est pas uniquement valable pour la politique.

À moins que ça ne soit volontairement l’effet recherché, il est bon d’éviter les extrêmes quand on raconte une histoire.

Le monde ne va pas s’écrouler sans votre intervention et vous n’êtes pas devenu millionnaire du jour au lendemain (sauf si vous avez gagné au loto, mais dans ce cas-là, il n’y a ni de voyage, ni de mérite).

3. Adopter une approche humble

Je suis convaincu qu’une approche humble et modeste du storytelling est le meilleur remède à la plupart des maux.

Parce que l’art de raconter des histoires demande une vie de travail.

Parce que celui qui les raconte ne sait jamais rien et a encore tout à apprendre, il ne peut se permettre d’être arrogant.

C’est ce que j’ai essayé de faire ici, en racontant mon parcours personnel.

Content Marketing et Copywriting : Quelles différences ? Quels objectifs ? Quels points communs ?

Content Marketing et Copywriting : Quelles différences ? Quels objectifs ? Quels points communs ?

Les confusions entre le Copywriting et le Content Marketing sont nombreuses.

Si vous lisez cet article, c’est probablement parce que vous avez également du mal à faire la différence entre les deux.

Si vous êtes Freelance en “rédaction web”, peut-être que vous ne savez pas comment vous positionner.

Si vous dirigez une entreprise (ou un département Marketing) et que vous pensez avoir besoin de compétences en écriture, vous ne savez peut-être pas quoi chercher.

Vous vous doutez qu’il s’agisse de Marketing et que ça implique de la rédaction. Pour autant, vous êtes incapable de répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont les objectifs du Copywriting et du Content Marketing (spoiler : ils sont bien différents)
  • Quand faut-il utiliser l’un, plutôt que l’autre ?
  • Quelles qualités sont requises pour exercer ces activités ?

(Si je souhaite être taquin, je peux même rajouter l’Inbound Marketing, mais je ne le ferai pas)

Quoi qu’il en soit, vous êtes un bon endroit.

Je vais tout vous expliquer.

Le Copywriting : l’art de convaincre avec les mots

Avant d’aller plus loin, soyons clairs sur deux choses :

  • Le Copywriting n’a rien à voir avec le Copyright (une notion qui désigne les droits d’auteur).
  • Ce que l’on appelle “Copy”, n’est ni plus ni moins qu’un texte. Il peut être long ou court, digital ou physique (bon ou mauvais).

Dans votre vie quotidienne, vous lisez, avec plus ou moins d’attention, plusieurs dizaines de milliers de mots par jour :

  • En consultant votre téléphone
  • En prenant les transports en commun
  • En étant sur votre ordinateur au travail
  • En lisant le menu de votre restaurant le midi
  • En parcourant les profils de vos matchs Tinder
  • En lisant un bouquin avant de vous coucher
  • etc

La plupart de ces copies sont mauvaises. Parce que la personne ou l’organisation qui les a rédigées ne considérait pas que c’était une partie importante. Et qu’elle n’a pas souhaité investir dans ce domaine.

D’autres, sont très bonnes et sont le fruit du travail d’un Copywriter. Parce que ceux qui en sont à l’origine, ont compris que c’est critique pour leur business :

  • Une page de vente doit être suffisamment rassurante et convaincante pour pousser le visiteur à l’action : à faire un achat ou à laisser son email
  • Un auteur doit rédiger une description Amazon de son livre qui donne envie au lecteur de l’acheter
  • Un commercial doit retenir l’attention du prospect qu’il essaie de convaincre avec son email de démarchage
  • Un marketeur qui affiche une publicité dans le métro doit nous accrocher en une demi-seconde

Copywriting publicité metro

Les champs d’application du Copywriting sont très variés. Il y a autant d’opportunités de Copywriting que de supports existants ; cela ne se limite pas qu’à l’écriture sur Internet.

Historiquement, le terrain d’expression des premiers Copywriters n’était autre que les pages de ventes de magazines ou de journaux. Leur mission était simple (mais incroyablement complexe) : donner envie au lecteur d’acheter l’objet dont ils vantaient les mérites.

L’objectif du Copywriting : pousser à l’action

Le Copywriting est l’art de convaincre avec les mots. Les bons mots. Ceux qui toucheront le lecteur. Qui parleront son langage. Ceux qui déclencheront en lui ce je ne sais quoi, qui lui fera penser qu’il peut avoir confiance. Que quelqu’un a enfin compris ce problème qu’il traîne depuis des années.

Le Copywriting doit pousser la personne qui y est exposée à faire une action, généralement à faire un achat. Dit autrement, il doit augmenter le taux de conversion d’une page ou d’un tunnel donné.

Débutant, on peut assimiler le fait de bien écrire avec de la littérature. On cherche à utiliser des mots rares et faire de belles proses. On complexifie nos phrases à outrance pour se donner un côté expert.

Mais cela n’a rien à voir avec le Copywriting. Le Copywriting demande précisément tout le contraire. Il doit être impactant et efficace. Souvent, cela requiert d’utiliser le moins de mots et de jargon possible.

“Simplicity is the ultimate sophistication.”

Simplicité Apple Copywriting

C’est d’autant plus le cas quand on écrit sur Internet. Le temps d’attention moyen est limité et l’abondance de contenu est telle, qu’à la moindre seconde d’ennui, on appuie sur Cmd+t pour ouvrir un nouvel onglet et faire autre chose.

Si vous êtes arrivé jusqu’ici sans aller sur Facebook ou consulter vos emails, c’est déjà une prouesse.

Les qualités requises pour être un bon Copywriter

Le Copywriter est un artisan qui passe sa vie à polir à son art, dans l’espoir de mieux le maîtriser. C’est un travail sans fin.

Le Copywriting demande un alliage d’art et de science. Un savant mélange de créativité et de méthode :

  • Le Copywriter doit fait appel à sa sensibilité, à ses références culturelles et à son histoire personnelle
  • Il doit s’appuyer sur son expérience personnelle et sur le 6ème sens qu’il a développé après l’écriture de centaines de milliers de mots
  • Il doit utiliser des méthodologies bien connues pour arriver à ses objectifs
  • Il doit comprendre les grands principes de la psychologie et des biais cognitifs humains
  • Il doit avoir une excellente compréhension du funnel Marketing ou Sales dans lequel s’insère son travail
  • Enfin, il doit avoir un style d’écriture clair, concis et efficace

Objectif du Copywriting

Le Content Marketing : attirer des clients avec du contenu de qualité

Comme son nom l’indique, quand on parle de Content Marketing, on parle de création de contenu.

Pas n’importe quel type de contenu ; du contenu sur des thématiques que l’on a défini en fonction de notre activité et de nos objectifs.

Ils peuvent prendre plusieurs formes :

  • De l’écrit : des articles de blog, des livres blancs, etc
  • Des créations visuelles : infographies, visuels, etc
  • De la vidéo
  • Du podcast

Il s’agit essentiellement de contenu Web, même si rien n’empêche d’être créatif et d’expérimenter de nouveaux formats. Je pense notamment au papier, à l’image de ce que fait Welcome to The Jungle avec leur magazine.

Le territoire d’expression du Content Marketing est plus large et les contraintes moins fortes. Contrairement au Copywriting, il n’est pas limité par la taille d’une affiche dans le métro, la longueur d’un champ de caractère ou d’une page de vente. Il peut inventer ses propres formats à souhait.

Les objectifs du Content Marketing

En une ligne, la mission du Content Marketing est d’attirer des potentiels clients pour son produit ou service, en leur proposant du contenu à forte valeur ajoutée.

Le Content est une stratégie d’Inbound, qui vise à faire venir les gens à soi, et s’oppose aux stratégies d’Outbound, qui consistent à aller démarcher les gens.

Pour autant, il serait incorrect de ma part de limiter le Content Marketing à une simple opposition à l’Outbound.

Les objectifs du Content Marketing peuvent être extrêmement variés :

  • Le Content Marketing est un canal d’acquisition Marketing à part entière. Pour certaines entreprises, je pense aux startups qui font du SaaS, le Content Marketing est une stratégie très efficace pour faire venir du trafic qualifié et attirer des clients
  • Le Content Marketing peut être utilisé dans un objectif de marque et de “thought leadership”. Créer du contenu de très haute qualité est un excellent moyen de se placer comme un expert incontournable de sa thématique
  • Le Content Marketing est utile pour les sociétés qui fonctionnent avec un modèle à l’abonnement. Cela permet de nourrir constamment ses clients avec du contenu à forte valeur et de ne jamais disparaître de leur esprit
  • Le Content Marketing est pertinent pour les entreprises qui ont des produits chers et/ou des cycles de vente longs. Pour ce type de business, les prospects ont besoin d’être rassurés et d’être exposés à plusieurs contenus avant de se décider à passer à l’achat
  • Le Content Marketing est très complémentaire à une stratégie de SEO. L’alliance entre du contenu qui rank bien sur les requêtes de sa cible et une tonalité de marque unique est redoutable
  • Enfin le développement d’une marque personnelle qui peut se faire par une création abondante de contenu. À ce sujet, je recommande l’exemple de Nicolas Cole, c’est un cas d’école

De manière générale, le Content Marketing se place en haut du funnel Marketing / Sales et vis à générer de “l’awareness”.

Funnel Marketing Sales

L’aspect important du Content Marketing, souvent négligé, est la distribution. C’est elle qui décide du sort qui subira votre contenu. C’est elle qui fera que votre article sera lu, commenté et partagé. De l’ombre à la lumière, il n’y a qu’un pas.

Rien ne sert de passer plusieurs heures à créer du contenu si personne ne le consulte.

Vous ne pouvez pas simplement espérer que vos prospects se dirigent naturellement vers les bons articles (si tant est qu’ils consultent votre blog). Il faut les prendre par la main et leur montrer le chemin. Il faut leur expliquer que c’est dans leur intérêt et que s’ils ne lisent pas votre article tout de suite, ils ratent leur journée.

La distribution est un aspect tellement important que j’en ferai un article dédié. En quelques bullet points :

  • Il faut pratiquement passer autant de temps sur la distribution que sur la création de contenu
  • La distribution doit être pensée avant la création du contenu
  • La distribution doit se faire dans une approche funnel du parcours d’achat

Les qualités requises pour être un bon Content Marketer

Le Content Marketing demande des qualités assez similaires au Copywriting. À quelques petites différences près :

  • Le Content Marketer doit posséder une capacité à raconter des histoires captivantes pour garder ses lecteurs intéressés
  • Le Content Marketer doit être extrêmement curieux, apprendre très vite et être capable de s’adapter sans difficultés à des sujets qu’il ne maîtrise pas à priori
  • Le Content Marketer doit avoir une maîtrise et une bonne compréhension du funnel global dans lequel son action s’insère
  • Le Content Marketer doit être capable d’adapter son style d’écriture au besoin
  • Le Content Marketer doit être très créatif et se nourrir de tout ce à quoi il est exposé. Généralement, c’est un lecteur avide

Objectif du Content Marketing

Deux disciplines très complémentaires

J’espère que vous y voyez plus clair et que vous êtes capable de discerner Copywriting et Content Marketing.

Mais pas si vite, je ne m’arrête pas là.

Bien que différentes sur plusieurs aspects, le Copywriting et le Content Marketing se rejoignent sur de nombreuses autres :

  • La connaissance du persona.
    Pour ces deux disciplines, le travail sur la définition des personas est le point de base. C’est de là que tout part. Sans une connaissance fine de la cible à qui on s’adresse, il est impossible de rédiger une page de vente qui convertit ou de mettre en place une stratégie de Contenu qui porte ses fruits
  • L’univers de marque.
    Un bon Copywriting et un bon Content Marketing doivent être fortement imprégnés par la marque, la tonalité unique et le style de l’organisation qui les utilise. Il faut que les copies et les contenus rédigés s’intègrent parfaitement dans un univers global de marque. Sans cohérence, le prospect est perdu
  • Datas & ROI.
    Qui dit Marketing, dit données. Il est indispensable de mesurer de manière objective et chiffrée, les impacts des actions mises en place. Gardez toujours ce pourquoi vous mettez en place ces actions et le ROI attendu. Créez, mesurez, ajustez. Et recommencez

Finalement, le Copywriting et le Content Marketing sont à la fois très différents, et très complémentaires.

Le Copywriter rédige la pub pour vous pousser à cliquer. Le Content Marketer crée le contenu sur lequel vous atterrissez.

“No tears in the writer, no tears in the reader”

“No tears in the writer, no tears in the reader”

Avant que je ne commence à écrire, il y a deux ans de cela, je lisais beaucoup trucs sur des conseils d’écriture.

Et l’une des phrases que je voyais souvent revenir, était :

No tears in the writer, no tears in the reader”.

Je voyais ce que cela voulait dire, mais je n’en n’avais pas pris la pleine mesure.

Il y a quelques semaines, j’ai lu “Confessions”, de Nicolas Cole.

Et j’ai compris ce que signifiait cette expression.

Dans ce bouquin, Nicolas Cole parle de son adolescence de gamer sur World of Warcraft, de sa difficulté à trouver sa place et à s’intégrer dans la société. Le genre d’histoires banales d’adolescents, dont on entend souvent parler.

Le style d’écriture était bon, sans être exceptionnel.

Il me racontait sa vie. J’aurais eu mille raisons de m’en foutre complètement et de le prendre pour un grand narcissique.

Pourtant, j’ai adoré ce livre. Du début à la fin, j’étais captivé.

Il n’essayait pas de me convaincre de quoi que ce soit. Il n’essayait pas de me faire avaler une quelconque théorie. Il n’essayait pas de me prouver par A+B qu’il a eu une enfance difficile et qu’il méritait son succès.

Il me racontait juste son histoire, de manière transparente.

Et putain, on sentait que le mec était pris aux tripes quand il écrivait. On sentait qu’il a donné tout ce qu’il pouvait dans son bouquin. Que c’était un exutoire. C’était sa thérapie personnelle.

On sentait que s’il ne mettait pas son histoire sur papier, sa vie était, littéralement, en jeu.

Je me suis identifié à lui. Quand je lisais, à certains moments, j’avais mal pour lui ; à d’autres, je souriais.

Il écrivait la larme à l’oeil. J’avais la larme à l’oeil quand je lisais en retour.

“No tears in the writer, no tears in the reader”

Quand on écrit, l’objectif ultime est de susciter des émotions chez le lecteur (et c’est exactement la même chose pour toute forme de création de contenu).

La seule manière de susciter de telles émotions, c’est de les ressentir soi-même. Au point de devoir absolument les sortir et les mettre sur papier. 

Tout de suite, maintenant.

Comment j’ai écrit et publié mon premier livre de non-fiction (+ mes chiffres)

Comment j’ai écrit et publié mon premier livre de non-fiction (+ mes chiffres)

J’ai toujours pensé que l’écriture d’un livre était le genre de projet réservé aux autres. A ceux qui étaient bon en littérature et en philo.

Jusqu’à ce jour de juillet 2017, à Barcelone, où je me demande : “Pourquoi je n’écrirais pas un livre ? Qu’est-ce qui me retient ?

Ce n’était pas un objectif qui sortait de nulle part. J’écrivais déjà des articles de blog de manière plus ou moins régulière, depuis 2 ans.

C’était juste un projet fou que je gardais dans un coin de ma tête pour plus tard. Mais qu’est ce qui m’empêchait d’en écrire un, maintenant ? Rien.

Mon but, ce n’était pas juste d’écrire un ebook que j’enverrais à mes amis et ma famille. Je voulais écrire un vrai livre papier, que j’allais essayer de vendre à un maximum de gens possible.

Cet article a pour objectif d’expliquer, étape par étape, comment je m’y suis pris pour publier mon premier livre : de la réflexion sur la problématique, à la diffusion, en passant par l’écriture. 📖

 

#1 — Juillet 2017 📆 : Problématique, plan & réflexion générale. 🤔

Lorsque l’on monte un projet, l’idée initiale importe finalement assez peu. Le plus important est de réussir à engager une dynamique et à se mettre en mouvement.

Je pense d’ailleurs que l’inspiration est un mythe : l’attendre vainement ne fera que repousser le moment où on se lancera. L’inspiration vient en faisant les choses. Pour un livre, l’inspiration vient en écrivant régulièrement (pour ne pas dire tous les jours).

C’est d’ailleurs ce que je fais depuis 2 ans : j’écris et je partage mes réflexions sur mon compte Medium. Sans ambition particulière, si ce n’est celle de prendre du plaisir et de pouvoir me perfectionner à l’écriture. Pendant ces 2 années, j’ai abordé de nombreux thèmes différents, sans aucun sens ni direction particulière. A mesure que j’avançais, je parvenais mieux à cerner les thèmes et problématiques qui m’intéressent (et cela évolue tout le temps !).

Jusqu’à ce jour de juillet 2017 : je ne sais pas précisément quel en sera le thème et la problématique, mais je décide d’écrire un livre.

Il faut forcément démarrer quelque part, avec un début d’idée. Alors je repense aux nombreuses lectures et écrits accumulés depuis 2 ans.

D’ailleurs, depuis le début de l’année 2017, je m’étais mis à utiliser le même système de prise de notes que Ryan Holiday (sans savoir que j’allais écrire un livre 7 mois plus tard). Il l’explique très bien dans cette vidéo :

Je continue à prendre des notes de cette manière encore aujourd’hui. C’est la grande base de ressources et d’idées dans laquelle je pioche lorsque j’ai besoin de plus de contenu pour mes articles.

Ma pile de notes

Progressivement, une ébauche de plan se dessine. Je me revois aller pratiquement tous les soirs sur les coups de 22 heures, dans un café barcelonais du quartier de Poblenou, pour réfléchir aux parties de mon plan.

Au bout de quelques jours, j’ai mon plan, et je garde à l’esprit qu’il sera amené à évoluer.Il s’agit de la matière première de mon livre, sur laquelle j’allais pouvoir commencer à travailler.

Je sais que pour vendre un livre, il ne suffit pas de l’écrire et de le mettre sur Amazon : « Build it and they will come ». C’est également ce que dit Ryan Holiday dans Perennial Seller : vendre un livre, c’est demander à des inconnus de payer une 15aine d’euros et de passer plusieurs heures de leur temps sur un produit dont ils n’ont aucun moyen de savoir à l’avance s’il vaudra le coup. Et, accessoirement, être en concurrence avec des milliers d’autres livres, films, vidéos Youtube, articles Medium, contenus Facebook, etc.

Le challenge est élevé.

Je dois donc réussir à me faire connaître, établir ma crédibilité et construire une base de lecteurs potentiels qui attendront la sortie de mon livre (qui ne sont ni mes amis, ni ma famille). Je dois créer un lien de confiance avec ces lecteurs potentiels. Un lien qui leur fera penser qu’ils en auront pour leur argent, avant même d’avoir le livre entre les mains.

Je pense que l’une des bonnes manières de faire, est de donner beaucoup de contenu gratuit. C’est pour cela que, dès le départ, je décide de publier un article (gratuitement et librement) chaque semaine sur Medium, correspondant à une partie du livre. Mis bout à bout, cela constituera l’intégralité du corps du livre.

Cette publication hebdomadaire présente plusieurs autres avantages :

  • Elle me permet de pouvoir mieux appréhender le processus d’écriture en lui-même : je vois que je réalise un progrès chaque semaine et que je fais un pas supplémentaire vers mon objectif.
  • Elle me permet également d’obtenir des feedbacks sur les articles que j’écris. Je peux ainsi faire des modifications et des ajustements pour la version finale du livre.

Mais se contenter de publier gratuitement des parties de mon livre sur Medium pour attirer des lecteurs et faire augmenter mon nombre de followers, ne suffit pas.

Je dois avoir une relation plus directe avec eux. Je dois leur parler directement.

Pour cela, l’email est l’outil idéal. Je me crée alors une newsletter sur Mailchimp et ajoute un formulaire vers celle-ci au bas de chacun de mes articles.

L’objectif est de constituer une base de lecteurs, à laquelle j’envoie chaque dimanche mon article de la semaine, avec un petit point sur l’avancée de mon livre de la manière la plus transparente possible.

Mes envois de Newsletter hebdomadaire

Le projet s’affine au fur et à mesure. Je sais à peu près où je veux aller.

J’ouvre Evernote et mets mon plan sur papier (ou plutôt sur écran).

De ce plan, je fais un calendrier, qui me donne la date de sortie du livre et que j’affiche sur le mur qui fait face à mon bureau. Au rythme d’un article par semaine et en me gardant du temps pour la relecture, cela m’amène à fin décembre.

 

#2 — De Août à Novembre 2017 📆 : Focus écriture ✍🏽

Tout est en place. C’est à ce moment que démarre le gros du travail. La partie à laquelle il est impossible d’échapper et sans laquelle le livre ne peut exister : l’écriture.

Chaque semaine, la même routine, pendant 4 mois :

  • Du vendredi au samedi : réflexion sur le plan de l’article de la semaine
  • Du dimanche au mercredi : écriture de l’article
  • Le jeudi : correction, dernières retouches et publication de l’article sur Medium
  • Le dimanche : envoi de la newsletter avec l’article de la semaine

La difficulté est de ne pas détourner son attention et de rester concentré sur le seul et unique objectif : avancer sur l’article de la semaine.

Je faisais également un peu de promotion : je publiais l’article sur mes réseaux sociaux et dans différents groupes Facebook rassemblant les lecteurs que je souhaitais cibler (startup / développement personnel).

Etant tout seul sur ce projet (et travaillant en même temps à temps plein en stage), je n’ai pas énormément de temps à y consacrer chaque jour.

J’aurais pu passer plus de temps sur la promotion, c’est certain. Mais la conséquence aurait été du temps en moins sur l’écriture de mes articles. Je dois faire des choix et j’applique la règle des 80/20.

Mon focus se fait donc a 95% sur l’écriture de mes articles avec un seul objectif : publier en temps et en heure celui de la semaine. 💪🏽

Certains articles marchent bien, d’autres moins. Mais grâce à cette régularité de publication, deux choses se produisent :

  • Mon nombre de followers sur Medium augmente. J’en avais 300 en juillet, je suis arrivé à 1 000 en décembre
  • Mon nombre d’abonnés à ma newsletter augmente également, parti de zéro, je finis avec 300 abonnés

Initialement, je redoutais cette phase exclusive d’écriture. Mais elle s’est plutôt bien déroulée. Mieux que je ne l’avais espéré ! J’étais passionné, j’y ai pris beaucoup de plaisir et ça m’a conforté dans mon choix de vie de continuer à beaucoup écrire.

J’ai désormais une vision beaucoup plus claire de mon livre, ainsi qu’au niveau de l’angle promotion et Marketing.

 

#3 — Novembre 2017 📆 : Interviews 🎙

Nous sommes mi-novembre, à un peu plus d’un moins de la date de publication. Le gros du livre est rédigé. Je dois encore relire l’ensemble, vérifier la cohérence du tout, rajouter des liens entre les parties ainsi que l’introduction et la conclusion.

En plus de cela, je continue à me poser des questions sur deux sujets :

  • Comment continuer à gagner en visibilité ? Mes articles Medium font déjà un bon travail, mais comment faire plus ?
  • Comment faire en sorte que mon livre (et moi au passage) gagne en crédibilité ?

Une petite idée me trottait dans la tête depuis le début : celle de faire des interviews.

Faire des interviews à un double intérêt :

  1. Me permettre d’enrichir mon ouvrage avec des cas concrets de personnes que je trouve remarquable et qui illustrent les principes dont je parle dans le livre.
  2. Me permettre de faire du Marketing pour mon livre en profitant de la crédibilité et de la visibilité des gens que j’invite.

Au final, j’interview 4 personnes passionnantes, aux horizons très différents :

Cela donne des interviews géniales, que je garde volontairement très longues et qui constituent la deuxième partie de mon livre.

J’en fait également des articles teasing sur Medium, dans lesquels je partage le début des interviews pour générer de l’attention et des abonnés à ma newsletter.

 

#4 — Décembre 2017 📆 : Les derniers détails 🎁

Décembre, plus que quelques jours avant la sortie de mon livre. La date est prévue au 17 décembre.

Le plus important est de le relire, de le faire re-lire plusieurs fois (merci Alexis et Julie) et de le mettre définitivement sous sa forme finale.

Grâce à ma newsletter, un graphiste me propose (merci à Pierre-François du Studio Kolza) de me faire la couverture du livre en échange d’un exemplaire dédicacé. 💕

Devenir remarquable à l'ère du numérique - Valentin Decker

Je demande également aux personnes qui me suivent leur avis sur mes différentes idées de titre. Je m’arrête sur « Devenir Remarquable à l’ère du numérique ».

Je fais le choix d’auto-éditer mon livre via le programme Amazon KDP.

Pour un auteur indépendant comme moi, le Amazon KDP est l’outil parfait :

  • C’est de l’impression à la commande. Je n’ai aucun stock à gérer ni aucun frais à avancer
  • Je peux fixer librement le prix de mon livre, tant que celui-ci se situe au dessus des coûts d’impression. Amazon prend, en plus, une petite commission (mais celle-ci est très faible comparé à un éditeur classique)
  • La publication du livre se fait en quelques minutes. Il suffit d’avoir son fichier Word / PDF prêt et d’attendre une dizaine d’heures pour la validation
  • On peut facilement publier au format papier et Kindle.

Aujourd’hui, j’ai fixé le prix du livre broché à 11,50€ (au départ, je l’avais mis à 17,50€, mais je me suis rendu compte que c’était beaucoup trop cher).
Le prix se décompose comme suit :

  • 3,07€ de frais d’impression
  • 0,60€ de TVA
  • 4,36€ de commission Amazon
  • 3,47€ de redevance auteur

Sur le format Kindle, dont le prix est à 4€, je touche un peu plus de 2€.

Les redevances sont très généreuses, comparé à celles d’une maison d’édition classique (mais celle-ci présentent d’autres avantages).

Vient, ensuite le temps de la promotion. J’aurais aimé mieux l’ordonner, en faire beaucoup plus et prendre plus de temps, mais j’ai un peu été pris de court. Malgré tout :

  • J’utilise évidemment mon levier principal : ma newsletter. J‘envoie un mail chaque dimanche, jusqu’au jour J (je continue d’ailleurs encore aujourd’hui. C’est par ici si tu veux t’inscrire). J’estime qu’elle m’a permis de vendre une 30aine de livres dès son lancement. C’est peu, mais relativement à mon petit nombre d’abonnés (300), ce n’est pas si mal. Cela fait environ 10%.
  • Je partage mon livre sur tous mes réseaux sociaux. Cela me permet de vendre environ une 20aine d’exemplaires.
  • J’envoie un pitch de vente de mon livre sur la newsletter de la publication Essentiel (merci Onur) qui compte environ un peu plus de 3 000 abonnés. Difficile de calculer les retombées en termes de vente. Peut-être une poignée de curieux ?
  • Je suis interviewé par une émission de podcast, le Manal Show (merci encore à eux pour leur accueil 😄). Idem, difficile d’estimer les retombées en termes de vente.
  • Je demande à un maximum de monde de me mettre une review Amazon pour essayer de remonter dans les classements.
  • J’écris plusieurs articles sur mon compte Medium pour parler de mon livre. Celui que vous êtes en train de lire en est un exemple.
  • Je teste timidement quelques Facebook Ads. J’ai l’impression qu’elles marchent plutôt pas mal, mais clairement à perfectionner.
  • Mon travail de promotion est encore en cours. Je prévois encore quelques articles invités sur quelques blog qui abordent des thèmes similaires au mien.

La promotion est clairement un axe d’amélioration et de travail majeur pour le prochain livre. En plus, bien sûr, d’améliorer la qualité du contenu du livre. J’ai déjà quelques idées, mais je suis preneur de toute suggestion : valentin.decker@gmail.com 🙂

Au moment où j’actualise cet article, à fin octobre 2018, près d’un an après la publication de mon livre, voici mes chiffres :

  • 320 ventes. Les 3/4 au format papier
  • Environ 1 000€ de redevances gagnées
  • Des ventes qui continuent de se faire pratiquement tous les jours

Ventes Amazon livre

redevances amazon kdp

Cela reste assez modeste. Mais j’ai des retours positifs de la part des premiers lecteurs et c’est encourageant pour la suite !

Bon, assez parlé, je pars travailler sur le suivant.

Ce que j’ai appris en publiant mon premier livre.

Ce que j’ai appris en publiant mon premier livre.

Je viens tout juste de terminer mon premier livre.

J’ai commencé la rédaction fin juillet 2017 et je l’ai publié le 17 décembre 2017.

Il y a de fortes chances que ce ne sera pas un best-seller. Mais ce n’est pas très important.

Ce qui est important, c’est que ce livre est la première étape d’un processus. Avec pour objectif d’améliorer mon écriture, de gagner en rigueur et de mieux me connaître.

Ce livre est ma phase d’exploration : je cherche les thèmes qui m’intéressent, je tâtonne sur mon style et je cherche quel pourrait être mon lectorat.

Quoi qu’il en soit, c’était un excellent exercice. Et je suis content d’avoir pu le mener à son terme. Parce que j’en retire plusieurs leçons importantes.

Ne pas attendre d’être choisi

Ecrire un livre est le genre de projet long terme auquel on pense de temps en temps, mais qu’on ne fait jamais.

On se dit que ce n’est pas le bon moment. Ce n’est pas LA priorité. On a déjà quelque chose qui occupe nos journées. De toute façon, on n’a pas d’éditeur…

Beaucoup d’autres projets similaires rentrent dans cette catégorie : ouvrir une chaîne Youtube, lancer le projet sur lequel on réfléchit depuis longtemps, commencer en Freelance, etc.

C’est comme si on attendait un signe du destin. Une intervention divine qui nous montre la voie et qui nous pousse à sauter le pas.

Je suis convaincu que ces choses n’existent pas. Ce sont juste des histoires qu’on se raconte pour éviter d’affronter la réalité. Pour dissimuler nos peurs.

Parce que personne ne nous donnera jamais l’autorisation. Personne ne nous donnera jamais de feu vert. Personne ne nous choisira jamais. Personne ne nous dira jamais : fait ceci, puis cela.

C’est à nous de provoquer les choses et de faire en sorte que cela arrive. C’est cliché, mais vrai.

J’aurais pu me mettre des dizaines de barrières : je n’ai pas d’éditeur, je ne suis pas connu, je n’ai pas de légitimité, je n’ai aucun contact dans le milieu, je n’ai pas fait les bonnes études, etc.

Mais je me suis juste mis tous les jours devant mon écran pour écrire pendant 5 mois. J’ai auto-publié mon livre et ça ne m’a rien coûté.

Mon bouquin est sûrement mauvais. Mais il est réel. Je peux le tenir dans mes mains. Et quand on démarre, comme c’est mon cas, c’est tout ce qui compte.

Ne pas se laisser distraire

J’ai toujours eu la fâcheuse habitude de ne pas réussir à mener les projets dans lesquels je me lançais jusqu’au bout. Je me suis toujours laissé distraire en cours de route. J’étais attiré par la next thing : le projet suivant qui éveillait ma curiosité.

J’avais toujours plein d’idées.

Mais j’ai appris que les idées ne valent rien. Tout le monde en a. Elles ne sont pas rares.

Ce qui fait la différence, c’est notre capacité à les mener à leur terme. Exactement ce qui m’a toujours fait défaut.

C’est pour cela que l’écriture de ce livre était un grand défi pour moi : est-ce encore un projet que je vais abandonner en plein milieu ? Ou vais-je réussir à aller au bout ?

Au début, j’ai dû me forcer pour rester concentré. Pour ne pas m’éparpiller.

Je voulais créer une page Facebook pour me faire connaître. Passer du temps pour réseauter et chercher un éditeur. Ou encore alimenter plus régulièrement mon compte Instagram pour préparer la sortie du bouquin.

Je voulais faire des milliards de choses à côté.

Mais toutes ces choses m’auraient-elles rapprochés de mon objectif final : la publication de mon livre ? La réponse est évidemment “non”.

Ce qu’il faut faire est très simple : poser ses fesses sur sa chaise et écrire. Le reste, on verra après.

De ce point de vue, ce projet est une grande réussite pour moi.

Se faire plaisir

Ecrire un livre est long et la tâche est solitaire. Elle requiert de se couper du monde, plusieurs heures par jour. De se bloquer de grandes phases de concentration.

C’est devenu de plus en plus difficile. On est sollicité sans arrêt et on perd progressivement notre capacité à rester concentrer sans interruption sur une tâche.

Vendre un livre est difficile. Environ 70 000 nouveaux livres sont commercialisés en France, chaque année. Seuls quelques auteurs arrivent à se faire une place.

Comme le dit Ryan Holiday : vendre un livre, c’est demander à des inconnus de payer une 15aine d’euros et de passer plusieurs heures de leur temps sur un produit dont ils n’ont aucun moyen de savoir à l’avance s’il vaudra le coup.

Tout cela pour dire, que si l’on ne prend pas de plaisir et que si l’on n’est pas obnubilé par le message que l’on veut faire passer, c’est mort.

Si je l’avais fait pour une autre raison que celle de me faire plaisir, jamais je ne serais allé au bout.

Je pense que c’est vrai pour à peu près n’importe quel projet : l’énergie à déployer pour le faire décoller est telle, qu’il faut aimer ce que l’on fait.

Le doute

A mesure que j’avançais dans la rédaction du livre, les doutes étaient de plus en plus présents. Plus je me rapprochais de la date finale de publication, plus j’avais peur. Je me suis dit, à de nombreuses reprises : “Arrête tout, ça ne sert rien et c’est complètement nul”.

Aujourd’hui encore, après avoir publié mon livre et réalisé quelques ventes, je doute constamment. A chaque fois que je relis un passage, je me dis que c’est mauvais et que j’aurais pu faire beaucoup mieux. Que je ferais mieux de le retirer de la vente.

La bonne nouvelle, c’est que je pense que le doute est inhérent à tout projet. Et que je ne suis pas le seul à en avoir. J’ai l’impression que l’on doute tout le temps, peu importe ce que l’on fait. C’est ce qui nous fait progresser et nous donne l’envie de ne jamais se satisfaire de ce que l’on fait.

Il faut toutefois parvenir à dompter ce doute et passer au-dessus. Il faut se forcer à maintenir le cap malgré tout. Sans quoi, on ne fait jamais rien …

Une bonne manière de faire est de s’entourer de personnes qui comprennent la difficulté du processus de création et partagent les mêmes émotions. C’est ce que j’ai essayé de faire et ça m’a beaucoup aidé.

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