Je viens tout juste de terminer mon premier livre.

J’ai commencé la rédaction fin juillet 2017 et je l’ai publié le 17 décembre 2017.

Il y a de fortes chances que ce ne sera pas un best-seller. Mais ce n’est pas très important.

Ce qui est important, c’est que ce livre est la première étape d’un processus. Avec pour objectif d’améliorer mon écriture, de gagner en rigueur et de mieux me connaître.

Ce livre est ma phase d’exploration : je cherche les thèmes qui m’intéressent, je tâtonne sur mon style et je cherche quel pourrait être mon lectorat.

Quoi qu’il en soit, c’était un excellent exercice. Et je suis content d’avoir pu le mener à son terme. Parce que j’en retire plusieurs leçons importantes.

Ne pas attendre d’être choisi

Ecrire un livre est le genre de projet long terme auquel on pense de temps en temps, mais qu’on ne fait jamais.

On se dit que ce n’est pas le bon moment. Ce n’est pas LA priorité. On a déjà quelque chose qui occupe nos journées. De toute façon, on n’a pas d’éditeur…

Beaucoup d’autres projets similaires rentrent dans cette catégorie : ouvrir une chaîne Youtube, lancer le projet sur lequel on réfléchit depuis longtemps, commencer en Freelance, etc.

C’est comme si on attendait un signe du destin. Une intervention divine qui nous montre la voie et qui nous pousse à sauter le pas.

Je suis convaincu que ces choses n’existent pas. Ce sont juste des histoires qu’on se raconte pour éviter d’affronter la réalité. Pour dissimuler nos peurs.

Parce que personne ne nous donnera jamais l’autorisation. Personne ne nous donnera jamais de feu vert. Personne ne nous choisira jamais. Personne ne nous dira jamais : fait ceci, puis cela.

C’est à nous de provoquer les choses et de faire en sorte que cela arrive. C’est cliché, mais vrai.

J’aurais pu me mettre des dizaines de barrières : je n’ai pas d’éditeur, je ne suis pas connu, je n’ai pas de légitimité, je n’ai aucun contact dans le milieu, je n’ai pas fait les bonnes études, etc.

Mais je me suis juste mis tous les jours devant mon écran pour écrire pendant 5 mois. J’ai auto-publié mon livre et ça ne m’a rien coûté.

Mon bouquin est sûrement mauvais. Mais il est réel. Je peux le tenir dans mes mains. Et quand on démarre, comme c’est mon cas, c’est tout ce qui compte.

Ne pas se laisser distraire

J’ai toujours eu la fâcheuse habitude de ne pas réussir à mener les projets dans lesquels je me lançais jusqu’au bout. Je me suis toujours laissé distraire en cours de route. J’étais attiré par la next thing : le projet suivant qui éveillait ma curiosité.

J’avais toujours plein d’idées.

Mais j’ai appris que les idées ne valent rien. Tout le monde en a. Elles ne sont pas rares.

Ce qui fait la différence, c’est notre capacité à les mener à leur terme. Exactement ce qui m’a toujours fait défaut.

C’est pour cela que l’écriture de ce livre était un grand défi pour moi : est-ce encore un projet que je vais abandonner en plein milieu ? Ou vais-je réussir à aller au bout ?

Au début, j’ai dû me forcer pour rester concentré. Pour ne pas m’éparpiller.

Je voulais créer une page Facebook pour me faire connaître. Passer du temps pour réseauter et chercher un éditeur. Ou encore alimenter plus régulièrement mon compte Instagram pour préparer la sortie du bouquin.

Je voulais faire des milliards de choses à côté.

Mais toutes ces choses m’auraient-elles rapprochés de mon objectif final : la publication de mon livre ? La réponse est évidemment “non”.

Ce qu’il faut faire est très simple : poser ses fesses sur sa chaise et écrire. Le reste, on verra après.

De ce point de vue, ce projet est une grande réussite pour moi.

Se faire plaisir

Ecrire un livre est long et la tâche est solitaire. Elle requiert de se couper du monde, plusieurs heures par jour. De se bloquer de grandes phases de concentration.

C’est devenu de plus en plus difficile. On est sollicité sans arrêt et on perd progressivement notre capacité à rester concentrer sans interruption sur une tâche.

Vendre un livre est difficile. Environ 70 000 nouveaux livres sont commercialisés en France, chaque année. Seuls quelques auteurs arrivent à se faire une place.

Comme le dit Ryan Holiday : vendre un livre, c’est demander à des inconnus de payer une 15aine d’euros et de passer plusieurs heures de leur temps sur un produit dont ils n’ont aucun moyen de savoir à l’avance s’il vaudra le coup.

Tout cela pour dire, que si l’on ne prend pas de plaisir et que si l’on n’est pas obnubilé par le message que l’on veut faire passer, c’est mort.

Si je l’avais fait pour une autre raison que celle de me faire plaisir, jamais je ne serais allé au bout.

Je pense que c’est vrai pour à peu près n’importe quel projet : l’énergie à déployer pour le faire décoller est telle, qu’il faut aimer ce que l’on fait.

Le doute

A mesure que j’avançais dans la rédaction du livre, les doutes étaient de plus en plus présents. Plus je me rapprochais de la date finale de publication, plus j’avais peur. Je me suis dit, à de nombreuses reprises : “Arrête tout, ça ne sert rien et c’est complètement nul”.

Aujourd’hui encore, après avoir publié mon livre et réalisé quelques ventes, je doute constamment. A chaque fois que je relis un passage, je me dis que c’est mauvais et que j’aurais pu faire beaucoup mieux. Que je ferais mieux de le retirer de la vente.

La bonne nouvelle, c’est que je pense que le doute est inhérent à tout projet. Et que je ne suis pas le seul à en avoir. J’ai l’impression que l’on doute tout le temps, peu importe ce que l’on fait. C’est ce qui nous fait progresser et nous donne l’envie de ne jamais se satisfaire de ce que l’on fait.

Il faut toutefois parvenir à dompter ce doute et passer au-dessus. Il faut se forcer à maintenir le cap malgré tout. Sans quoi, on ne fait jamais rien …

Une bonne manière de faire est de s’entourer de personnes qui comprennent la difficulté du processus de création et partagent les mêmes émotions. C’est ce que j’ai essayé de faire et ça m’a beaucoup aidé.

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